Murmures

Somamie : le Parlement adopte une nouvelle loi menaçant la liberté de la presse
octobre 2002 | | Média | Somalie
Source : Reporters sans frontières

Français

3 octobre 2002


Reporters sans frontières a protesté contre l'adoption par le parlement somalien d'une nouvelle loi sur la presse qui empêche les journalistes d'exercer librement leur profession.

"Sous prétexte de limiter les dérives éthiques de certains médias, les autorités adoptent un texte répressif qui menace l'ensemble de la presse indépendante en Somalie", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières, dans un courrier adressé au président du gouvernement national de transition, Abdiqasim Salad Hassan. "Dans un pays en pleine reconstruction comme la Somalie, les autorités doivent absolument encourager l'émergence d'une presse libre, plurielle et indépendante, au lieu de chercher à l'étouffer par tous les moyens", a ajouté M. Ménard. L'organisation a demandé au président du gouvernement de transition de ne pas promulguer ce texte.

La totalité des médias privés du pays (une vingtaine de journaux, une dizaine de radios et chaînes de télévision, et plusieurs sites Internet) ont entamé une grève de deux jours, le 2 octobre 2002. Les journalistes entendent ainsi protester contre l'adoption, le 28 septembre, d'une loi répressive sur la presse. Les journalistes ont menacé de ne plus publier les informations du gouvernement s'il ne faisait pas machine arrière.

Le texte incriminé interdit la publication ou la diffusion d'informations allant contre "les intérêts communs" du pays, sans définir précisément cette notion. Les médias qui ne respecteraient pas cette disposition pourraient se voir retirer leurs licences d'exploitation. Le ministre de l'Information, Abdulrahman Ibi, a déclaré que cette loi avait pour objectif de "réorganiser et réguler" les médias.

Par ailleurs, Reporters sans frontières a rappelé que dans les deux régions autonomes du pays - le Somaliland et le Puntland - la liberté de la presse est très restreinte. Les autorités locales contrôlent les médias audiovisuels et la presse écrite est obligée de s'autocensurer par peur des représailles.

English

Reporters Without Borders protested today against the adoption by the Somali parliament of a law which curbs the freedom of journalists to do their job and called for it not to be implemented.

"The authorities say the new law is to deal with the excesses of some media, but the measure threatens the entire press," said Reporters Without Borders secretary-general Robert Ménard in a letter to the head of the Transitional National Government, Abdiqasim Salad Hassan.

"In a country in the process of wholesale reconstruction such as Somalia, the authorities must emphatically encourage the growth of a free, diverse and independent media instead of trying to clamp down on it," he said.

All of Somalia's privately-owned media (about 20 newspapers, a dozen radio and TV stations and several Internet websites) began a strike on 2 October to protest against the new law, which was passed on 28 September. They said they would no longer report official press releases if the government did not give way.

The new law bans publication or broadcast of anything that goes against the "common interests" of the country, without defining what that is. Media who contravene the measure risk withdrawal of their operating licences. Information minister Abdulrahman Ibi said the new law aims to "reorganise and regulate" the media.

Press freedom is very limited in two of the country's autonomous regions - Somaliland and Puntland - where local authorities control the broadcast media and the written press is obliged to censor itself for fear of reprisals.

3 octobre 2002
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