Murmures
Le dernier film de Nabil Ayouch interdit au Maroc
janvier 2003 | | Cinéma/TV | Maroc
Source : Le Monde
Français
"Une minute de soleil en moins" est censuré par les pouvoirs publics et la cible des islamistes
Le film du réalisateur de Mektoub et Ali Zaoua sera présenté dans la section "Panorama" au Fespaco 2003 et sur Arte au printemps avant de sortir en salles.
Il avait été sélectionné pour le Festival du film de Marrakech, qui s'est tenu à la mi-septembre. Mais une semaine avant, la Commission de contrôle et de visionnage des films avait réclamé des coupures sur certaines scènes d'amour. Le refus de Nabil Ayouch avait empêché le film d'être à Marrakech.
Huit plans posaient problème. Après les avoir supprimés, Nabil Ayouch visionne son film et ne le reconnaît plus : il préfère ne pas sortir le film. Le 8 janvier, lors de la séance des questions orales au gouvernement, les parlementaires du Parti de la justice et du développement (PJD) - le parti des islamistes, arrivé en troisième position aux dernières législatives – s'attaquent aux films "pornographiques" et à leurs scènes "obscènes". Ils exigent l'interdiction définitive d'Une minute de soleil en moins, réclament le remboursement de l'aide publique reçue par le réalisateur, et exigent des poursuites pénales contre ceux qui l'ont octroyée. La presse proche des islamistes surenchérit, sans avoir vu le film.
Quelques journaux et intellectuels soutiennent le réalisateur, mais pas les partis politiques. Soucieux d'engager un vrai débat, Nabil Ayouch organise des séances de projection dans son bureau pour montrer son film aux journalistes, hommes politiques, islamologues etc.
Il avait été sélectionné pour le Festival du film de Marrakech, qui s'est tenu à la mi-septembre. Mais une semaine avant, la Commission de contrôle et de visionnage des films avait réclamé des coupures sur certaines scènes d'amour. Le refus de Nabil Ayouch avait empêché le film d'être à Marrakech.
Huit plans posaient problème. Après les avoir supprimés, Nabil Ayouch visionne son film et ne le reconnaît plus : il préfère ne pas sortir le film. Le 8 janvier, lors de la séance des questions orales au gouvernement, les parlementaires du Parti de la justice et du développement (PJD) - le parti des islamistes, arrivé en troisième position aux dernières législatives – s'attaquent aux films "pornographiques" et à leurs scènes "obscènes". Ils exigent l'interdiction définitive d'Une minute de soleil en moins, réclament le remboursement de l'aide publique reçue par le réalisateur, et exigent des poursuites pénales contre ceux qui l'ont octroyée. La presse proche des islamistes surenchérit, sans avoir vu le film.
Quelques journaux et intellectuels soutiennent le réalisateur, mais pas les partis politiques. Soucieux d'engager un vrai débat, Nabil Ayouch organise des séances de projection dans son bureau pour montrer son film aux journalistes, hommes politiques, islamologues etc.
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