Événements

L’Homme est un mystère #3
Arts contemporains d’Afrique

Français

Peinture, sculpture, vidéo, photo, dessin, installation…

Pour la troisième édition consécutive, L’Homme est un mystère met un coup de projecteur sur la création contemporaine du continent africain. Un thème traverse chaque édition. Cette année, nous aborderons le thème du bonheur et de ses empêchements.

Plusieurs résidences sont organisées en amont de la manifestation dont une s’est achevée en juin. Andries Botha a en effet terminé la création d’un éléphant taille réelle, devant un public et une équipe de bénévoles conquis par la beauté et la force de cette œuvre monumentale. Une autre période de résidence verra le jour avec Jems Robert Koko Bi, au musée de la Briqueterie entre le 23 octobre et le 15 novembre.

Les expositions qui suivront cette période de résidences présenteront les œuvres de 9 artistes du continent africain : Hassan Musa (Soudan), Saïdou Dicko (Burkina Faso) et Piniang (Sénégal), Camara Gueye (Sénégal), Samba Fall (Sénégal), Andries Botha (Afrique du sud), Aimé Mpané (R.D. Congo), Jems Robert Koko Bi (Côte d’Ivoire) et Kan Si (Sénégal).
Ces artistes sont peintres, sculpteurs, vidéastes, photographes, installateurs… Ils seront, avec leurs œuvres, nos invités pendant deux mois et demi. Nous espérons que le public, les artistes et les journalistes seront nombreux à venir croiser leur route, leurs mots, partager leurs dess(e)ins…et leurs points de vue sur notre monde tel qu’il va… !

Saint-Brieuc sera le point central des expositions. Les visiteurs pourront aller d’un lieu à un autre à pied. Ils pourront également faire le circuit complet très facilement puisque les autres lieux partenaires de cet événement se situent autour de la ville.
Le vernissage des expositions est prévu le samedi 15 novembre, sur le modèle du circuit. Nous naviguerons d’un lieu à un autre dans la journée.

Une brochure retraçant les deux dernières éditions et celle à venir sera éditée.
D’autre part, dans le cadre du festival Paroles d’Hiver qui débutera à partir du 20 novembre, Ousmane Aledji et Alfred Dogbé, deux auteurs de théâtre, seront présents pour des lectures de leurs textes mais aussi des auteurs qui les nourrissent. Ces 2 auteurs, ainsi que Dorcy Rugamba seront publiés dans la brochure éditée pour la biennale L’Homme est un mystère. Nous espérons ainsi croiser les disciplines et les événements autour des arts contemporains en Afrique.

Édito
Les artistes contemporains s’intéressent au bonheur, à son absence, à sa recherche, à son invention…et ils peuvent même être heureux.
Il y a autant de définitions du bonheur que d’êtres humains, que de civilisations.

Cette exposition ne veut pas faire le tour de la question. Elle propose d’inviter neuf artistes qui, par leurs œuvres, interrogent le bonheur et ses empêchements. Neuf artistes originaires du continent africain, justement.
Comme un pied de nez, une provocation à une vision misérabiliste, restrictive de ce continent : Afrique = Malheur. Une perception volontairement entretenue par les médias, la parole commune, comme un repoussoir de ce qu’il ne faut pas que nous devenions, des pauvres sans toit ni savates. Sans aucun bien.
Ces artistes peuvent parler du bonheur car il est présent partout dans leurs pays, comme de son impossibilité. Ils sont d’abord des artistes et des citoyens du monde qui posent des questions universelles à travers leurs œuvres :
Le bonheur se résume-t-il à l’acquisition de biens ?
Le bonheur individuel, collectif sont-ils conciliables ?
Peut-on être démuni et heureux ?
Pourquoi l’homme construit-il une société qui fait son malheur ?
Le bonheur d’une minorité doit-il se fonder sur le malheur de la majorité ?
La guerre est-elle le bonheur des fabricants d’armes ?
Le bonheur est-il simple et compliqué comme de l’eau à boire ?
Le bonheur de vivre, d’aimer et la difficulté d’être ensemble ?
Devons-nous faire pousser tout d’abord des petits bonheurs, pour que le grand bonheur advienne ?
Pouvons-nous avoir notre bonheur, celui qui existe seulement dans notre langue personnelle ?
Kan-Si, Piniang, Dicko, Samba Fall, Camara Gueye, Andries Botha, Jems Robert Koko Bi, Hassan Musa, Aimé Mpané : chacun interroge, photographie, dessine, peint, filme, sculpte, et donne un point de vue particulier sur la marche de ce monde et des êtres qui l’habitent, de leurs bonheurs et de leurs déchirements.
Ils sont des artistes conscients qui donnent conscience.
Olivier Couqueberg

À Saint-Brieuc : 15 novembre 2008 au 25 janvier 2009
Musée d’Art et d’Histoire / Pavillon des expositions temporaires


Hassan Musa (Soudan) peintures sur toile

Hassan Mussa aime jouer des matériaux, des techniques, des styles. C’est « un bricoleur d’images ». « On bricole quand on est en terrain inconnu, quand on a pas de réponse toute faite issue de l’histoire de l’art ou des traditions à une situation nouvelle. Il faut donc inventer les outils, les méthodes et les gestes pour trouver une solution ». Il dit de lui-même qu’il est « une personnalité à tiroirs : le tiroir de la calligraphie arabe, celui de la peinture européenne, le tiroir de l’aquarelle chinoise etc… ».

Sa peinture est pleine de référence et pourtant, elle acquiert étrangement sa propre personnalité. Car chaque référence n’est pas utilisée gratuitement, ce ne sont pas des exercices de style. Mais un style utilisé pour dire, pour dire au mieux : l’ambivalence qu’il y a dans chaque acte humain, la complexité du monde qui se traduit ici par la juxtaposition d’influences artistiques. Pour nous surprendre au coin, au milieu, en bas du tableau. Ses toiles sont comme des œuvres que nous avons déjà vues et que nous n’avons jamais vues. Il s’amuse tragiquement.
Ses toiles éclaboussent de couleurs soutenues, de fruits ouverts. Elles sont colorées comme un paradis qui commence et qui est déjà déchu. Le bonheur est là, fugitif comme une main qui récolte dans la terre une mine qui éclate.
Ses toiles sont des labyrinthes visuels, elles ont comme plusieurs couches de peinture, d’histoires et pourtant elles semblent simples à lire telles des images saintes. Elles semblent porter le poids des années tout en ayant la vivacité, la jeunesse du trait.
Les peintures d’Hassan Musa sont des manifestes. Dérisoires et glorieux. Elles inspirent le silence et le sourire, la stupéfaction, la révolte et la tristesse qui restent.

Kan-Si (Sénégal) vidéo

Diplômé de l’Ecole des Beaux Arts de Dakar, en 1992, Amadou Kane Sy est une figure emblématique de l’art contemporain au Sénégal. Ex-pensionnaire de la Faculté de Droit de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, Kan-si apporte de fertiles contributions à l’écriture de l’histoire artistique contemporaine.
Animateur dynamique de la vie artistique et culturelle, Kan-si initie et réalise différents projets artistiques au plan national et international notamment, « 8 Facettes Interaction » en 1995 à Joal, « Man-Keneen-Ki, en 1997,  » Fodde (Forum pour un développement durable et endogène) », « Porte et Passage du retour », en 2007.
Artiste engagé et fervent militant de la « déstructuration », la pratique artistique est pour Amadou Kane Sy, une façon d’intervenir dans le champ politique.

« Lu et approuvé », vidéo de 04 mn 58 met en scène un texte extrait du livre d’Aminata Traoré, ancienne Ministre de la Culture et du Tourisme du Mali, intitulé « Lettre au Président des Français à propos de la Côte d’Ivoire et de L’Afrique en générale ». La vidéo met en scène en gros plan une bouche anonyme.

La mondialisation nous est présentée comme une source intarissable de bonheur à venir. Plus de bonheur grâce au commerce qui va donner à manger à l’humanité, plus de démocratie grâce à la liberté des échanges…
Les artistes comme Kan-Si sont là, pour poser des actes simples qui lèvent le voile sur ce mensonge qui nous environne.

Camara Gueye (Sénégal) Peintures et dessins

Amadou Camara Gueye est né en 1968 à Bignona au Sénégal. Il vit et travaille à Dakar dans le quartier populaire de Pikine, très présent dans ses peintures. « L’œuvre d’Amadou Camara Gueye est une promenade citadine, dans ces quartiers que l’on n’habite que faute de mieux, mais où s’entassent pêle-mêle, grandes misères et petites joies, laideurs et vertiges, violence et tendresse en un kaléidoscope improbable » (S. Sankalé).
Par sa démarche artistique, A. Camara Gueye veut « éclairer tout ce qui est sombre dans la vie… je raconte tous les maux de la société, je suis donc un conteur, un poète de la rue qui ne vit que par son art ». Il travaille le plus souvent sur de grands formats des œuvres aux compositions imposantes desquelles il dit : « J’ai une approche spontanée de l’œuvre à réaliser : le trait du dessin jaillit librement. Ensuite, tout est question de rééquilibrage ».
Promu de l’Ecole Nationale des Beaux-arts de Dakar en 1997, il expose internationalement depuis l’an 2000 et nationalement depuis 1993. Il a participé également à l’exposition Création contemporaine au Sénégal au Musée Dapper, Paris et, en 2005, au National Black Fine Art Show, The Puck Building à New York (USA).
Camara Gueye est un peintre de l’envol. Ses personnages flottent dans ses dessins et ses toiles, au-dessus des rues. Comme dans un rêve, comme dans nos rêves quand nous volons au-dessus du monde et que nous regardons la beauté du monde. Comme quand nous sommes gonflés de bonheur et que nous ne touchons plus terre.

Ses tableaux sont comme des puzzles de vie avec des détails, des objets, des êtres qu’il ajoute, pièce par pièce.

Aimé Mpané (R.D.Congo) Sculpture

Né à Kinshasa en 1968, Mpané Enkopo est pensionnaire de l’Académie des Beaux- Arts de Kinshasa, puis de l’Ecole Supérieure des Arts Visuels de la Cambre en Belgique. Il vit et travaille en Belgique. Mpané est un artiste polyvalent. Il pratique la peinture, la sculpture, la vidéo, la série, l’impression textile, l’installation multi-média.
L’artiste réfléchit depuis 2003 sur la problématique de l’évolution des humains à partir de la période préhistorique. Il crée une série d’installations composées de sculptures reliées virtuellement entre elles par un cerveau dont l’évolution humaine est encore inachevée. Pour lui, l’homme d’aujourd’hui n’est encore qu’un « paléo-encéphale » qui tourbillonne dans une sorte de spirale mentale, pris d’une fièvre dévorante de possession et de conquête.

Conséquence : Congo, l’ombre de l’ombre est vide de substance. Il est ajouré et structuré par un tissage de 4652 tiges d’allumettes collées entre elles.

Aimé Mpané travaille le fragile, ce qui va se briser, se consumer, ce qui s’apprête à s’enfuir. Dans ses sculptures, il y a comme un feu qui attend juste qu’on lui ouvre la porte. Quelle obstination faut-il pour construire un Homme ? Le faire naître, le nourrir, le faire grandir ? 18, 30, 50 ans… ? Pour qu’en une gerbe d’étincelles, un millième de seconde, ce grand ouvrage flambe, s’écroule.
Il a suffi d’une balle, d’un coup de crosse, d’un discours pour que tout soit fini. Ce qui devait être n’est plus.

Piniang et Dicko (Sénégal et Burkina Faso) installation vidéo

SaÏdou Dicko et Piniang se sont associés pour créer cette installation vidéo.
Pape Ibrahima Niang dit Piniang a étudié à l’Ecole Nationale des Arts de Dakar (ENA) de 1995 en 1999. Il a également suivi, pendant deux ans, une formation en multimédia et animation vidéo au Studio d’Animation Pictoon, à Dakar.
Peintre, vidéaste, installateur et dessinateur, Piniang a su, au gré de stages et autres résidences, asseoir définitivement son expertise en multimédia. Aujourd’hui, il est chargé de cours en infographie à l’ENA. Piniang vit et travaille à Dakar. Son œuvre a été présentée en Afrique et dans le reste du monde, notamment le Musée de Malmö, en Suède, la Fondation Jean Paul Blachére, à Apt, le Musée Dapper, à Paris « Sénégal Contemporain », le Musée Princessehof de Leeuwarden, en Hollande « Boumbaclaque », la Biennale de Dakar 2006 et 2008. Il a remporté un « Ebène » au cinquième Festival du Film de Quartier, en 2003 avec « No War No News ».
Son œuvre picturale comme numérique prend en compte le quotidien des sociétés et intègre dans le même temps certains éléments de référence culturelle du milieu.

Le bonheur se résume-t-il simplement dans certains endroits du monde à pouvoir boire ? Sans eau, pas de vie. Pourquoi cette attente insupportable pour remplir sa bassine, sa bouteille ? Pourquoi cette injustice, pour ce bien essentiel ? En quelques images, en quelques sons, en quelques ombres et objets, Piniang et Saïdou Dicko révèlent, rendent tangible ce scandale.

À Saint-Brieuc : 15 novembre 2008 au 25 janvier 2009
Galerie du CDDP des Côtes d’Armor


Dicko investira le Centre Départemental de Documentation Pédagogique (CDDP). Il y présentera ses photographies sous différentes formes (tirages et vidéo projection). Une cabane de projection sera construite pour héberger petits et grands à l’abri des regards, seuls, en tête à tête avec les ombres et les tâches de Dicko.

Saïdou Dicko (Burkina Faso) Photographie

Né en 1979 à Déou au nord du Burkina Faso, Saïdou Dicko vit et travaille à Dakar au Sénégal. À l’âge de 5 ans, Saïdou Dicko, berger Peulh, apprend à dessiner en recueillant les ombres de ses moutons sur les sols du Sahel.
Après l’école coranique, il part à Ouagadougou où il étudie le français et crée son propre alphabet avec les étoiles, la lune et le soleil. Il ne cesse de peindre et d’exposer dans sa propre galerie (chez lui) et dans des lieux d’exposition à Ouagadougou.

En 2005, il décide de s’installer à Dakar avec ses toiles sous le bras et se met à la photographie numérique. Il réalise des centaines de photographies à Dakar et aux alentours qui représentent toutes des ombres d’hommes, de femmes, d’enfants ou d’animaux. Il choisit d’abord le fond et ensuite il saisit la silhouette des gens, leurs attitudes, leurs postures, leurs allures.

En Mai 2006, il expose lors de la Biennale d’Art Contemporain de Dakar (dans la sélection Off). À la suite de cette exposition, il obtient un prix de la fondation Jean-Paul Blachère qui récompense les jeunes artistes. Depuis ce prix, Saïdou Dicko a eu l’occasion de montrer son travail à travers plusieurs expositions en Europe et en Afrique. En 2007, c’est la Francophonie qui a récompensé son travail en lui remettant le prix du « meilleur photographe francophone » lors des 7èmes Rencontres Africaines de la Photographie de Bamako.

Photographies : Le voleur d’ombres
Mes enfants vous parlent de l’égalité et de l’union :

L’égalité : ils sont blancs, ils sont noirs, ils sont riches, ils sont pauvres, ils sont mendiants, ils sont voleurs, ils sont musulmans, ils sont chrétiens, ils sont étudiants, ils sont vagabonds, ils sont bureaucrates, ils sont immigrés, ils sont autochtones, ils sont handicapés, ils sont sportifs, ils sont femmes, ils sont hommes, ils sont grands, ils sont petits, ils sont hommes de tenues, ils sont vendeurs ambulants, ils sont bergers et ils sont animaux.
L’union : ils sont tous présents lors de la réunion de famille. Malgré leurs différentes classes sociales, ils sont assis sur le même banc et ils mangent sur la même nappe.
Aucune ombre n’est mise en scène, je vole les ombres des gens et des animaux sur les sols et les murs (ces photos sont prises au Sénégal et au Burkina Faso entre novembre 2005 et aujourd’hui). Mes photos ne sont ni recadrées, ni retouchées.
S. Dicko

Photographies : L’art de la nature ou l’œil du berger

Toutes ces photographies ont été réalisées en 2007 et 2008. Comme les photos d’ombres, ces images ne sont pas mises en scène, ni retouchées, ni recadrées. Ces taches sont telles que je les trouve dans la nature.

« Que voyez vous ? »
Ce projet s’appelle l’art de la nature car je photographie des taches qui sont dessinées naturellement sur les sols ou les murs par les pluies et le temps, ou par l’homme et l’animal sur les trottoirs et les murs de la ville. Elles ont été prises en France, au Sénégal et au Burkina Faso.
À chaque tache que je photographie je voie une image imaginaire !!
Voyez vous la même chose que moi, autre chose ou une tache tout simplement ?
S. Dicko

À Saint-Brieuc : 15 novembre 2008 au 25 janvier 2009
Station Vaste Monde, 29 rue du Légué


Andries Botha (Afrique du Sud) Sculpture
Avec la participation de Janine Zagel, son assistante.
L’aide des bénévoles de l’Abbaye de Bon-Repos et des habitants de Saint-Gelven.
Création sonore et lumière en cours : Jimmy James.

La création de cette œuvre s’est faite en résidence à l’Abbaye de Bon-Repos, en Centre-Bretagne. Une résidence de création pas comme les autres…

30 personnes bénévoles autour de la création de cet éléphant. Hommes, femmes, enfants, anglophones, bretonnants, francophones perdus dans les ing et autres constructions linguistiques…
Des copeaux de bois partout, des bruits de meuleuses, de visseuses pendant des semaines dans les oreilles, des milliers d’étincelles sortis des boulons coupés par les machines électriques…

L’Abbaye, la forêt, le calme, la pluie, le petit bar de l’abbaye…
Quelques bières, un peu de cidre d’Hervé, quelques disputes, beaucoup de petites coupures, des centaines voire des milliards de fautes de grammaire anglaise, une plus grave blessure, des galettes, des pansements au doigt et aux âmes, des conversations avec les mains, les yeux, les corps, des repas végétariens, certaines déceptions, des centaines d’embrassades et puis un grand vide à la fin…
Une coproduction entre l’Abbaye de Bon Repos et l’ODDC, une cohabitation entre un lieu de patrimoine et une association/institution sans lieu.

400 kgs : « Olifant », son nom a le même orthographe en Breton et en Afrikaans.
Elle est faite de métal soudé et de bois récupéré des barriques de cidre locales, de passions et de talents conjugués, des imperfections et des errances de chacun.

La création réalisée à l’Abbaye de Bon-Repos a été pensée pour l’intérieur. Une tête d’homme géante (en cours de réalisation) viendra compléter l’installation, ainsi qu’une création sonore. Cette installation sera accueillie à La Station Vaste Monde, un des plus anciens bâtiments industriels de Saint-Brieuc, transformé aujourd’hui en lieu de résidences et de productions, dédié aux arts plastiques.

Andries Botha travaille sur les questions soulevées par l’Apartheid, la place de l’oubli dans l’Histoire, la nouvelle société sud-africaine. Il est non seulement un artiste talentueux et prolifique, mais aussi un artiste-citoyen, militant, soucieux de l’humain, impliqué dans la reconstruction de son pays.

Dans la mythologie africaine, l’éléphant se réincarne, portant en lui l’âme d’un dieu assassiné. L’éléphant symbolise donc la transmigration des âmes.
Il est aussi une métaphore décrivant les préoccupations du monde à l’égard de l’Afrique, contrée lointaine et exotique. L’éléphant incarne l’Afrique romantique telle que le monde se la représente.

L’éléphant est également le plus grand mammifère terrestre.
L’expansion de la modernité et de nos civilisations menace l’existence même de cet animal. Notre incapacité à coexister avec d’autres êtres vivants est donc également représentée dans la métaphore de l’œuvre.

L’éléphant d’Andries Botha est comme un bateau majestueux et fragile. Construit de planches disjointes comme une coque qui ne protège pas assez. Si fort et si vulnérable. La tempête contemporaine l’a blessé.
L’éléphant se couche comme un animal domestique, l’homme ne supporte-t-il les êtres que soumis ? Il est couché tel un animal malade, l’homme ne tolère-t-il les animaux que disparaissant ?
Cet éléphant est notre compagnon, il est une sorte de pacte entre la Terre et les créatures qui y vivent, l’ancêtre qui nous précède. Si ce maillon craque, comme dans un jeu de dominos qui se renversent, l’homme sera-t-il le prochain jeton ?
L’éléphant est la dernière image d’un paradis fantasmé et disparu. Sommes-nous prêts à perdre nos rêves ? semble aussi nous dire Andries Botha.

À Langueux : 15 novembre au 28 décembre 2008
Musée de la Briqueterie


Jems Robert Koko Bi (Côte d’Ivoire) Sculpture

Jems Robert Koko Bi est né en 1966, à Sinfra, en Côte-D’ivoire. Diplômé de l’Institut National Supérieur des Arts et de l’Action Culturelle (INSAAC) d’Abidjan, en 1994, il intègre l’Académie des Arts de Düsseldorf, en 1997, pour étudier la sculpture et obtient sa maîtrise académique chez le professeur Klaus RINKE, en 2000. Jems Robert Koko Bi vit et travaille à Essen en Allemagne. Il a participé à de nombreuses expositions en Afrique et en Europe.
Son oeuvre est couronnée par de nombreux prix, notamment le Prix Jeune talent de la Biennale de Dakar 2000. Il est également inscrit dans l’Anthologie des Arts Africains du XXème siècle.
Confronté au différend qui oppose son environnement historique et l’espace occidental dans lequel il vit, Jems Robert Koko Bi voit surgir en lui de nouvelles impulsions créatives qui l’ont amené à « trouver finalement refuge dans le bois, une matière qui, bien que vivante, garde sa neutralité et se laisse aborder sans créer d’autres conflits.
Elle libère l’esprit, permet le jeu de multiples formes et laisse s’éclater divers contrastes pour donner mille rayons à l’idée ». Sa relation avec le bois est toute particulière. Koko Bi ne taille que le bois à l’exclusion de tout autre matériau. « Il n’utilise qu’une technique, la technique traditionnelle de la sculpture ; sans adjonction, ni soudure… mais unité et simplicité. Et cependant, puissance et majesté.

Artiste en résidence du 23 octobre au 14 novembre 2008, à la Briqueterie.

Jems Koko Bi est désormais un habitué de L’Homme est un mystère… Il a inauguré nos premières résidences de création en 2004. Cette année, il vient travailler en résidence dans le parc de la briqueterie, à Langueux.
Dans le cadre de cette résidence de création, Koko Bi travaillera sur la chaise, métaphore qui lui permettra d’aborder le thème de cette année : « le bonheur et ses empêchements ».

À Plérin : Du 15 novembre au 3 janvier 2009
Centre culturel Le Cap, à Plérin


Samba Fall (Sénégal) Peinture, dessin et vidéo

Diplômé de l’Ecole Nationale des Arts du Sénégal, promotion 1999, Samba Fall a également suivi une formation en Multimédia et Art Vidéo à Dakar et à Oslo, en Norvège. Peintre, vidéaste et « bidouilleur » sur le net, Samba Fall fait partie de la génération de créateurs africains qui ont une parfaite maîtrise du langage informatique et des outils de l’Art numérique. Samba Fall a participé à plusieurs grandes expositions au Sénégal, en Europe et aux USA, notamment à la Galerie F20, à Amsterdam, Galerie Kriss, à Oslo, National Black Art Show, à New York…

« Je ne suis pas un artiste, mais un espion pour parler des autres. Comprendre les autres. Analyser les aliénations successives. Je ne conçois pas mon travail seul. Un artiste doit parler de la collectivité. Quelqu’un qui ne comprend pas n’est pas libre. »
Vivre pour acquérir ? La consommation pour idéologie d’une société ? L’objet, le produit comme source de bonheur ? Samba Fall s’interroge.
Pour lui, l’art est politique dans le sens qu’il doit poser et reposer des questions, qu’il ne doit pas se satisfaire des réponses, qu’il doit s’acharner, pour que la question dévoile l’os, qu’il n’y ait plus de barrages à notre compréhension.
Et ses questions, ses peintures, ses vidéos, ses dessins portent sur la société de consommation qui l’entoure, l’enserre. Sur l’Homme qui ne sait quoi faire de sa vie. Sur cette société qui, par un tour de passe-passe, a substitué le mot achat au mot bonheur.

Samba Fall regarde le monde, il est dedans complètement. Ses poches débordent de questions qu’il veut nous faire partager. Elles sont devenues une part essentielle de son œuvre. Il a créé un alphabet personnel, en dessin et en image vidéo pour poser toutes les questions.
Pour lui le point d’interrogation est comme une respiration, un coup de poing. Pour nous aider à comprendre.

Informations pratiques : Lieux, dates, horaires, renseignements…
Vernissage/circuit, le samedi 15 novembre (horaires selon les lieux)

Musée d’Art et d’Histoire / Pavillon des expositions temporaires
Cour Francis Renaud à Saint-Brieuc
Du 15 novembre 2008 au 25 janvier 2009 Vernissage, à 17h00, le 15 nov.
Horaires d’ouverture :
Du mercredi au samedi, galeries temporaires de 10h00 à 18h00 et galeries permanentes de 10h00 à 12h00 et 13h30 à 18h00.
Dimanches et jours fériés de 14h00 à 18h00.
Fermé le 1er novembre, le 25 décembre et le 1er janvier.
Renseignements : 02 96 62 55 20

CDDP des Côtes d’Armor
30, rue Brizeux, à Saint-Brieuc Vernissage, à 15h30, le 15 nov.
15 novembre 2008 au 25 janvier 2009
Horaires d’ouverture :
Du lundi au vendredi, de 9h00 à 12h00 et de 13h30 à 18h00 (fermeture le vendredi dès 17h00).
Renseignements : 02 96 62 21 10

Station Vaste Monde, à Saint-Brieuc
29, rue du Légué, à Saint-Brieuc
15 novembre 2008 au 25 janvier 2009
Horaires d’ouverture : Vernissage, à 19h00, le 15 nov.
Le mercredi de 10h00 à 12h00 et de 14h à 18h00
Le samedi et dimanche, de 14h00 à 18h00
Renseignements : 02 96 60 86 10

Musée de la Briqueterie
Parc de Boutdeville, à Langueux-les-grèves
Jems Koko Bi en résidence du 23 octobre au 14 novembre Vernissage, à 11h30, le 15 nov.
Exposition du 15 novembre au 28 décembre 2008
Horaires d’ouverture du Musée de la Briqueterie : le mercredi, vendredi, et dimanche de 14h00 à 18h00. Le musée sera également ouvert le samedi 20 décembre, le mardi 23 décembre et les 26 et 27 décembre.
Renseignements : 02 9
6 63 36 66

Centre Culturel Le Cap
Rue de la Croix, à Plérin Vernissage, à 14h00, le 15 nov.
Du 15 novembre au 3 janvier 2009
Horaires d’ouverture :
Les mardi, jeudi et vendredi, de 14h00 à 18h00.
Le mercredi, de 10h00 à 12h00 et de 14h00 à 18h00
Le samedi, de 9h30 à 16h00.
Renseignements : 02 96 79 86 01

L’ODDC…
L’Office Départemental de Développement Culturel des Côtes d’Armor est une association créée en 1988 dont le Conseil d’Administration est composé de représentants du Conseil Général des Côtes d’Armor, de Communes et du monde artistique et culturel.
L’ODDC est financé principalement par le Conseil Général et soutenu pour ses projets par la DRAC Bretagne et le Conseil Régional de Bretagne.
L’ODDC mène une politique de développement culturel en matière de création, de diffusion, de sensibilisation en spectacle vivant, arts plastiques, photographie et en conseil en scénographie.
Les artistes accueillis par l’ODDC, sans distinction d’origine et de culture, représentent la diversité et la richesse du monde artistique.
L’ODDC initie et accompagne des dynamiques culturelles en collaboration avec de nombreux partenaires (Pays, Communautés de Communes, Communes, associations culturelles, particuliers…)
L’ODDC poursuit ses actions afin de favoriser l’accès pour tous à l’art, à la culture et aux savoirs.

ORGANISATION
ODDC (Office Départemental de Développement Culturel des Côtes d’Armor)
2 bis, place Saint-Michel
22 000 Saint-Brieuc
Tel : 02 96 60 86 10

Président : Christian Provost
Directeur : Olivier Couqueberg
Chargée de production HM#3 : Elisabeth Bouëtard

En coproduction avec La Ville de Saint-Brieuc
En partenariat avec la CABRI, le musée de la Briqueterie, Le CAP à Plérin, le CDDP des Côtes d’Armor, la Station Vaste Monde, le Lycée Freyssinet à Saint-Brieuc, le Lycée Jean Moulin, le RESIA…
Avec l’aide de l’Organisation Internationale de la Francophonie et de la Région Bretagne.