Événements

Cinéma de Nuit (34ème séance)
pour Samba Félix NDIAYE, un an après … « Les Pieds dans l’eau » de El Hadji Mamadou Niang « Leuz », Suivi d’un film de Samba Félix Ndiaye. Projection gratuite

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« Les Pieds dans l’eau »
de El Hadji Mamadou Niang ‘Leuz’
le 1 er prix documentaire Clap Ivoire Sept 2010
Suivi d’un film de Samba Félix Ndiaye

Biographie de Samba Félix NDIAYE
Né à Dakar en 1945, Samba Félix N’Diaye obtient une maîtrise de cinéma en France à l’université de Paris VIII. Il suit des études en ethnopsychiatrie et se forme en droit et en sciences économiques à Dakar. Monteur et scénariste.

Il a réalisé notamment :
Perantal, 1974, cm, documentaire
La Confrérie des Mourides, 1976, cm, documentaires
Pêcheurs de Kayar, 1977, cm, documentaires
Geti Tey La pêche aujourd’hui, 1978, mm, documentaire
La Santé, une aventure peu ordinaire, 1986, cm, documentair
Trésor des poubelles, 1989, cm, série documentaire
Amadou Diallo, Un peintre sous verre, 1991, cm, documentaires
Dakar Bamako, 1992, lm, documentaires
Cinés d’Afrique, 1993, lm, documentaires
Ngor, l’esprit des lieux, 1995, lm, documentaires
Lettre à Senghor, 1998, mm, documentaires`
Nataal, 2001, lm, documentaires
Rwanda pour mémoire, 2003, lm, documentaires
Questions à la terre natale, 2008, lm, documentaires
http://www.africine.org/?menu=fiche&no=3344

PAROLES DE CRITIQUES :
« Les images de Geti Tey ne sont pas simplement exotiques, elles permettent à la communauté de pêcheurs d’exprimer leurs difficultés, et jamais l’auteur ne sacrifie la réalité à l’esthétisme. La série Trésor des poubelles – plusieurs fois diffusée sur Arte, Canal+ et par des télévisions étrangères – nous époustoufle en nous montrant l’habileté de ces artisans…
L’Histoire n’est jamais absente de l’oeuvre de Samba Félix NDiaye, elle traverse le regard qu’il porte sur les travaux artistiques. Elle est sans cesse présente dans Dakar-Bamako, cette voie de chemin de fer dont le projet fut initié par Gallieni : lieu formidable de brassage des populations du Sahel qui y vivent et commercent ensemble pendant deux jours. Samba Félix NDiaye est un artiste complet du 7e Art, et au seul aperçu de son oeuvre documentaire, nous avons compris qu’il est un cinéaste de notre temps. »
Pierre Hagnery

Olivier Barlet (Africultures)
… « Plaisir d’un cinéma qui n’assène pas de message, d’un regard-partage avec la personne filmée, d’un regard qui dit tout simplement « ça me regarde » ! « Je ne filme que les gens que j’aime », disait-il encore : sa caméra était à hauteur d’homme, dans tous les sens du terme. Pour Les Malles, plutôt que d’amener projecteurs et pieds de caméra dans un lieu qui ne s’y prêtait pas, il avait demandé à son équipe de chercher une natte de plage et mis la caméra à même le sol, à la hauteur de ces artisans au travail. Et Les Malles résonnent de cette relation : « Mon film ne fait que rendre ce que les gens me donnent, leur regard », dit-il. On pense à la phrase célèbre de Serge Daney : « ces films qui nous regardent ». Dans Lettre à Senghor, alors qu’il se posait la question de savoir comment aborder un homme qu’il avait politiquement combattu lorsqu’il était étudiant, il demandait conseil à Djibril Diop Mambety qui lui répondait : « Notre témoignage doit être à la hauteur de l’homme ».
… « très soucieux de la formation des jeunes générations et d’une relève cinématographique, il était revenu vivre à Dakar pour y diriger le Média Centre qu’il espérait pouvoir transformer en une véritable école de cinéma offrant une formation sur trois ans. Il s’est battu pour cela mais ses espoirs avaient été déçus et, ayant compris qu’il avait été trompé, il avait préféré démissionner. Cette douloureuse expérience de retour au pays ne l’empêchait pas d’ouvrir sa porte aux jeunes cinéastes qui venaient volontiers lui demander conseil. Certains le considéraient véritablement comme un père. Il disait « Il faut que la personne à qui l’on parle ait des oreilles »…
http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&no=9002

Aboubacar Demba Cissokho (APS, Africiné)
« Samba Félix Ndiaye estimait que « la résistance est égale à la force qui est manifeste ». Pour lui, un cinéaste « n’est pas quelqu’un qui attend que les choses lui tombent dessus ». Aux jeunes cinéastes sénégalais qui suivaient sa Leçon de cinéma, il disait : « Faire du cinéma c’est un métier. C’est-à-dire que vous vous réveillez, vous vous couchez avec l’idée que c’est votre métier qui doit être l’arme la plus intéressante pour témoigner. Vous ne dites que ce à quoi vous croyez et ce que vous êtes. Personne ne peut vous tuer pour ça ». Dans un contexte où le documentaire n’était pas en vogue, il opte pour ce genre, exprimant avec talent sa vision de ce que doivent être l’histoire, la culture, les arts, les rapports que les hommes peuvent avoir entre eux… »
« Pour Samba Félix Ndiaye, le cinéma a été un outil pour dire sa vision du monde. Même s’il considérait que « ce n’est pas le support qui est important mais ce qu’on met dedans, la réflexion qui permet qu’on filme d’une certaine manière », il a réussi, avec talent, sensibilité et générosité, à allier la qualité de la démarche à la profondeur de la réflexion ».