Événements

Hystérésis, de Tahar KESSI
Projection suivie d’un débat autour du film en présence du réalisateur Tahar KESSI

Français

Date et lieu :
Vendredi 11 Novembre à 17 heures à la filmothèque Zinet, Riad El Feth, Alger.


Première Partie de Soirée :
Projection de Hystérésis
(15 minutes 33 secondes. 2011) de Tahar KESSI, avec : Adila Bendimerad, Ahmed Benaissa, Karim Loualiche et Tahar Kessi, suivi d’un débat autour du film en présence du réalisateur.

Hystérésis
Synopsis :
Deux endroits, deux univers, deux personnes. Une histoire. Un début, un lien. De l’espoir, une tortue, Le Temps, un papier tue-mouches. Du mépris, une déchirure, des mouches, une possibilité: une rencontre, une dégringolade…un recommencement.
Affiche : photographie (The Black Hole-Letvia 2010) TK ©.

Deuxième Partie de Soirée :
Débat autour de la matière temporelle


Le mot du réalisateur :
« Le temps fuse en nous et on n’en est pas plus l’auteur que les battements de nos coeurs », Merleau Ponty.
Penser le temps est un projet presque impossible dans la mesure où l’on ne peut s’extraire du temps pour le penser. On ne peut être assez distancié par rapport au temps car on n’est pas accidentellement temporels comme on peut être fortuitement Khazar au tour de la mer caspienne*(1), mais nous sommes profondément temporels. Le temps nous traverse et nous sommes complètement collés à la surface adhésive du temps. À partir de ceci on est à la fois sujet et objet de nos propres pensées sur le temps.

Après la première partie de la soirée qui sera la projection d’Hystérésis et le débat autour du film, la proposition est que le dialogue de seconde partie de soirée soit axé sur quelques questions telles : Comment se mouvoir dans l’espace étriqué que nous offre le « passage »du temps pour produire une réflexion mûre, transversale et discursive sur nous-mêmes, la mémoire et l’histoire ? Quelles sont les traces du temps en nous et dans ce qui nous entoure en tant qu’événements historiques, travaux artistiques et scientifiques, qui témoignent à la fois de ce passage du temps (de sa trace) et de sa volatilité ? Le temps finalement a-t-il un territoire comme le son ou l’image en ont un ? Quel est finalement la définition du territoire temporel et quelle est la différence entre celui-ci et l’espace temporel ?
Nous essaierons d’opposer au cours du débat la linéarité du temps (son horizontalité par exemple dans la représentation d’offre un plan en géométrie et en trigonométrie) par rapport à la Verticalité de l’effort créatif (exemple : dans le cinéma et la peinture). Le travail énorme qu’a fourni le peintre polonais Roman Opalka sera abordé.
Quelques extraits et passages de travaux littéraires et autres extraits de films et photographies seront proposés au cours de la soirée pour alimenter le débat.
Les travaux qui constitueront la structure du sujet proposé sont principalement ceux de : Roman Opalka (Les Nombres, Composites et Autoportraits 1970-2000, photographies et tableaux), Bergson (Durée et Simultanéité, correspondances avec Albert Einstein), Chris Marker (Brefs extraits de Une Journée dans la Vie d’Andrei Arsenevitch ainsi que deux séquences de La Jetée), Andrei Tarkovski (le premier travelling de Stalker), Salvador Dali (Les Montres Molles, tableau) ainsi que quelques conceptions dans les travaux d’Alain, Heisenberg (la conception des Niveaux Ontologiques), Kasimir Malevitch (Sombre Pressentiment (torse en chemise jaune) 1932 et Ornements Suprématistes 1927, tableaux), Stig Dagerman (Dernières lignes de son écrit posthume de 1952).
Le débat est totalement ouvert ; toutes les digressions et les commentaires sont permis et bienvenus dans la mesure où ils respectent les règles de la bienséance. Qu’il soit bien précisé qu’il ne s’agit pas d’une conférence mais d’un effort de commentaire et de dialogue qui sera construit avec le public sur chaque travail abordé.
Je finirais par cette phrase d’Aristote : « Cette chose qu’on appelle Le Temps jouit d’une existence à la fois imparfaite et obscure ».
-Tahar Kessi

* (1): La seule trace qui reste de la civilisation Khazar disparue mystérieusement est le fait que la mer Caspienne soit aussi appelée La Mer des Khazars.