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Parole de…Alain Mabanckou
Rencontre littéraire à l’occasion de la parution du Sanglot de l’homme noir, Fayard, 2012

Français

Je suis noir, et forcément ça se voit. Du coup les Noirs que je croise à Paris m’appellent « mon frère ». Le sommes-nous vraiment ? Qu’ont en commun un Antillais, un Sénégalais et un Noir né dans le Xe arrondissement, sinon la couleur à laquelle ils se plaignent d’être constamment réduits ? J’oublie évidemment la généalogie qu’ils se sont forgée, celle du malheur et de l’humiliation – traite négrière, colonisation, conditions de vie des immigrés… Je ne conteste pas les souffrances qu’ont subies et que subissent encore les Noirs. Je conteste la tendance à ériger ces souffrances en signes d’identité. Je suis né au Congo Brazzaville, j’ai étudié en France, j’enseigne désormais en Californie. Je suis noir, muni d’un passeport français et d’une carte verte. Qui suis-je ? J’aurais bien du mal à le dire. Mais je refuse de me définir par les larmes et le ressentiment.
A. Mabanckou

En écho au titre du brûlot anti-tiersmondiste de Pascal Bruckner Le Sanglot de l’homme blanc (1983), l’auteur entre autres de Verre Cassé et Black Bazar signe un essai sur l’identité, nourri de ses propres expériences. De quoi ouvrir le débat…


Rencontre en présence de l’auteur Alain Mabanckou, animée par Valérie Marin la Meslée