Événements

Les spectacles africains du Théâtre Duchamp-Villon
Comme chaque année le théâtre Duchamp-Villon consacre son mois de mai à mettre à l’honneur les cultures africaines : David Murray & the gwo-ka masters, Nahawa Doumbia, Sam Mangawana et Toups bebey & the spirit pan african Cie, et la Cie Heddy Maalem.

Français

10 mai 20h30 : CREOLE PROJECT
DAVID MURRAY & THE GWO-KA MASTERS

Il est le lien entre toutes les communautés noires du monde entier. David Murray est un aventurier du jazz. Ce saxophoniste Afro-américain présente une création portée par les rythmes antillais, et vient embraser la scène du Hangar 23.

La musique de la diaspora africaine a récemment connu une résurgence dans le milieu Jazz, et David Murray, titan du saxophone ténor sonne la charge !
Sa musique évolue vers un territoire mélodique, tissant un chemin ponctué de solos explosifs, marque de fabrique de ce saxophoniste hors pair. Entre vibratos intenses et aigus grinçants, le jeu du ténor s’affine au fil des improvisations. Il combine les héritages du free et de la tradition de la Nouvelle-Orléans avec, en filigrane Ellington et Coltrane et la volonté de créer un nouveau son.
Les tambours et les chants proche d’une transe primitive, s’intègrent tout naturellement au contexte ajoutant au son une couleur et une texture unique. Traduction créole du gros quart le Gwo-ka était un tonneau utilisé par les colons et récupéré par les esclaves antillais pour inventer une musique rebelle.
Ce projet est un quai d’embarquement vers un genre de fusion qui ouvre des portes à tous les fans de musique improvisée. Laissez-vous transe-porter par ce groove infernal et ce melting-pot hot !

David Murray poursuit l’exploration de l’âme des musiques antillaises, muni d’un son tour à tour énorme, rugueux, caliente, tropical.
Jazz magazine

David Murray, fabrique une musique aux couleurs exacerbées, aux contours organisés sans être trop disciplinés, son Créole Project renvoie à l’idée d’une expression insoumise.
Les Inrockuptibles

12 mai à 20h30
MALI
NAHAWA DOUMBIA

Une vraie diva africaine à l’honneur au Hangar 23.

Nahawa Doumbia vit depuis son enfance au sud de Bamako. Dès ses débuts dans les années 70 elle est adoptée par le public malien qui la vénère.

Sa mère, qui mourut quelques jours après sa naissance, lui avait prédit une destinée hors du commun. Elle deviendrait chanteuse bien qu’elle n’appartienne pas à la caste des griots mais à celle des forgerons. Dans les années 70 quand elle a commencé à se produire en public, c’était encore tout à fait révolutionnaire.

« Dans ma famille personne ne chante, précise-t-elle, et l’on n’aimait pas qu’on chante. J’ai été découverte par les agents du ministère de la Culture en chantant en groupe avec mes amies et c’est comme cela que j’ai participé – contre l’avis de mon père – à la biennale de la jeunesse où j’ai gagné avec une de mes chansons que j’ai par la suite présentée aux découvertes RFI, dont j’ai été aussi lauréate. »

Depuis Nahawa est devenue une idole au Mali, gardant tout le charme de sa voix enfantine pour être l’une des références vocales d’Afrique de l’ouest. Ouverte aux rencontres et avides de nouvelles expériences, elle a collaboré avec de nombreux artistes occidentaux.
Nahawa Doumbia est une tombeuse de tabous pleine de talents, une effrontée qui, quand elle suit les évolutions du balafon et des chœurs, montre une vie intérieure intense.
Nahawa Doumbia : la plus populaire des chanteuses maliennes.
Le Monde

Au cœur de l’Afrique de l’ouest, la voix de Nahawa Doumbia tutoie le divin. La fascination qu’elle suscite à ses origines dans le répertoire traditionnel, mais trouve des échos jusque dans le folk et le jazz.
Vibrations


14 mai à 20h30
BAL AFRICAIN
SAM MANGWANA
& the spirit pan-african brass company

Une soirée entière pour faire la fête sur les rythmes de la fanfare africaine et de la rumba zaïro-congolaise.

Considéré comme la star de la rumba africaine, Sam Mangwana est un concentré de la force, de la puissance et de l’énergie de la musique latino-congolaise.
Sam Mangwana est à classer parmi les grands monuments de la musique africaine. Il a été l’un des acteurs culturels majeurs de l’époque charnière entre la colonisation et l’indépendance.
Si Sam Mangwana est angolais, c’est au Zaïre que l’artiste a grandi. Il est l’un des pères de la musique africaine contemporaine. Du même calibre que Tabu Ley, Franco ou autre Wendo, il est de ceux qui ont marqué l’histoire culturelle du continent. Ce chanteur exceptionnel est devenu dans les années 70, une star adulée aussi bien en Afrique centrale, qu’en Afrique de l’ouest et aux Antilles. C’est également l’un des fers de lance de la SAPE : Société des Ambianceurs et des Personnes Elégantes, mouvement qui prend toute son ampleur au Zaïre, mais surtout auprès de la diaspora zaïro-congolaise. La SAPE est un phénomène d’abord vestimentaire fondé sur une élégance flamboyante et exagérée : une forme de rébellion anti-pauvreté et anti-déprime.

Le Spirit Pan-African Brass Cie est la dernière fantaisie du Camerounais Toups Bebey, saxophoniste intrépide et amoureux des parades de rue depuis sa tendre enfance. La clique du Spirit est composée de plusieurs musiciens (cuivres et percussions) pleins d’énergie venus des quatre points cardinaux de l’Afrique et des Antilles. cette fanfare africaine c’est l’expression populaire des fanfares noires accompagnant les carnavals, les parades, les défilés, les fêtes de quartier et tous les moments importants de la vie sociale. Leur répertoire se déploie dans tous les standards de la tradition du makossa des origines, du soukouss, jusqu’aux biguine, soca et autres funqueries du early jazz.

L’artiste angolais force le respect avec une production acoustique de toute beauté revisitant la musique d’Afrique centrale des années 50. La grande classe.
David Cadasse
Afrik


26 Mai à 20h30
DANSE
CIE HEDDY MAALEM
Le Sacre du Printemps (60′)
Une version africaine du chef d’oeuvre de Stravinsky et Nijinsk, par le chorégraphe Heddy Maalem et ses quinze danseurs.

Heddy Maalem travaille le corps comme un poète travaille la langue, pour la matière. Ses chorégraphies à l’écriture précise et épurée, s’attachent à la clarté, à la lisibilité. Son Sacre du Printemps transforme la partition de Stravinsky en chorégraphie tribale et brutale. Sacré Printemps !

Après Black spring et L’ordre de la bataille, voici donc le troisième volet d’une trilogie africaine qui ne dit pas son nom.
L’ouverture du Sacre du printemps version Heddy Maalem est une splendeur. Ouverture au monde sur fond d’orage tropical. Les silhouettes d’Adam et Eve s’enlacent à la vie. Le Hangar 23 va s’imprégner d’une atmosphère chaude et humide, dense comme cette jungle qui envahit l’écran.
Contraste saisissant lorsque Stravinsky lâche sa partition : décor blanc, des corps noirs, la lumière crue. A la luxuriance ambiante succèdent la nudité du plateau et celle de quatorze danseurs venus du Mali, du Bénin, du Nigeria, du Sénégal et de la Guadeloupe. Hyper physique, la danse brute de décoffrage que crée Heddy Maalem va directement à l’essentiel : la pulsation.

Heddy Maalem est né à Batna, au cœur des Aurès d’un père algérien et d’une mère française. Après avoir pratiqué longuement la boxe et l’aïkido, il rencontre la danse qui lui apparaît comme une évidence inattendue. Avec pour seule certitude l’absolue confiance faite au corps, il entame une recherche patiente et déterminée de son propre mouvement.
En 1990, il crée la compagnie Ivoire. Quinze ans et dix spectacles plus tard Le Sacre le consacre, ce projet ambitieux est fidèle à un questionnement récurrent, celui de l’identité.
La formidable humanité de sa dernière pièce séduit tous les publics.

Le sacre du Printemps, l’une des œuvres majeures de la musique moderne a inspiré au chorégraphe Heddy Maalem une création éponyme à laquelle quinze danseurs africains apportent leur fougue et leur engagement.
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