Événements

Le Papalagui
Discours de Touiavii, chef de tribu de Tiavéa dans les mers du Sud, recueillis par Erich Scheurmann. Mise en scène Hassane Kassi Kouyaté et Léon Kouyaté.

Français

L’histoire

Le Papalagui désigne le Blanc, l’étranger, littéralement : le pourfendeur du ciel.
Le premier missionnaire blanc qui débarqua à Samoa arriva sur un voilier.
Les indigènes prirent de loin les voiles blanches pour un trou dans le ciel,
à travers lequel le Blanc venait à eux. Il traversait le ciel.

Au début du XXème siècle, alors que les îles Samoa occidentales (Polynésie) appartiennent à l’empire allemand, Touiavii, chef de tribu de Tiavéa, s’interroge vivement sur la façon de vivre des Papalaguis. Il se joint à un groupe de danse folklorique et visite l’un après l’autre tous les pays d’Europe. Il dissèque, comme le faisait alors l’anthropologie européenne, les mœurs étranges de ces blancs (les Papalaguis). Il décrit avec minutie ses mœurs et coutumes. Il observe sa manière de se vêtir, de se loger. Il étudie avec un regard aigu son rapport au temps, à l’argent, à la spiritualité.

Ces observations ne devaient pas fournir la matière d’un livre car ces propos étaient exclusivement destinés à l’usage de ses compatriotes polynésiens. C’est par l’intermédiaire d’un allemand, Erich Scheurmann (1878-1957) qui a longuement côtoyé ce chef de tribu que ce tableau précieux d’un monde qui lui était étranger nous est parvenu. L’introduction d’Eric Scheurmann souligne la portée universelle du regard de celui qu’il présente comme son ami : « Touiavii, l’insulaire sans culture, considérait toutes les acquisitions culturelles européennes comme de la folie, comme une impasse […] Mais il le fait avec le ton de la mélancolie, témoignant que son ardeur missionnaire prend sa source dans l’amour humain, non dans la haine ».

Présenté à la manière d’une conférence, ce récit de voyage, nous tend avec humour et malice, à la manière des Lettres persanes de Montesquieu, un miroir terrible de notre société.

Rendez-vous autour du spectacle

En écho
Rencontres littéraires proposées et animées par Bernard Magnier :

– mercredi 11 mai
à l’issue de la représentation :

Papalagui, toubab, vaza et autres moundélés
avec Gaston Kelman, auteur de Je suis noir et je n’aime pas le manioc.

mercredi 18 mai
à l’issue de la représentation :

Moukères, tonkinoises et mousmées…dans la chanson
avec Alain Ruscio, auteur de Que la France était belle au temps des colonies.