Événements

Frontieres 2005
africum vitae, khiasma sud, citizen café au Daki ling

Français

mercredi 6 juillet : Faire l’aventure

20 h photo-projection musicale
Hôtel Sahara de Bettina Haasen
Cinq cent mille personnes se rendent à Agadez chaque mois dans l’espoir de passer la frontière libyenne vers l’Europe. Près du rond-point du marché « Tôle » d’Agadez, se trouve un hôtel qui affiche toujours complet. La langue véhiculaire n’est plus le français, on parle anglais. Une société à part. Un microcosme à l’intérieur de la ville, ancien carrefour du Nord du continent et de l’Afrique subsaharienne.
Une photo-projection réalisée à l’occasion de la sortie de l’ouvrage Chambres toujours occupées, vues à l’intérieur de l’hôtel Sahara (collection Limitrophe – éditions Khiasma). Les images et textes de Bettina Haasen sont accompagnés d’une musique originale composée et jouée par analogical solution+.
rencontre avec Bettina Haasen, auteur, et Ali Bensaâd, géographe.
modérateur : Benoît Gilles, journaliste, président de khiasma sud.
Bettina Haasen est née en Allemagne. Après l’étude de langues africaines et de sciences politiques à Hambourg et à Paris, elle effectue de longs séjours en Australie, en France et au Niger. Productrice et réalisatrice de films documentaires, chambres toujours occupées – vues à l’intérieur de l’hôtel sahara est son premier ouvrage et également un projet de film.
Ali Bensaâd est géographe, maître de Conférences à l’Université de Provence (Aix-Marseille I) et enseignant chercheur à l’IREMAM (Institut de Recherche et d’Etude sur le Monde Arabe et Musulman), Aix-en-Provence. Spécialiste du Sahara et des migrations transsahariennes, il évoque ces migrations comme un nouvel enjeu géopolitique et sociétal pour les pays du Maghreb.


21 h projection film fiction
Heremakono (En attendant le bonheur) d’Abderrahmane Sissako
Mauritanie, 2001, 96′ Image : Jacques Besse, coprod. Duo Films/Arte, avec Khatra Ould Abdel Kader (Khatra), Maata Ould Mohamed Abeid (Maata), Mohamed Mahmoud Ould Mohamed (Abdallah), Nana Diakité (Nana), Fatimetou Mint Ahmeda (Soukeyna, la mère), Makanfing Dabo (Makan), Nèma Mint Choueikh (La griotte). Distr. Haut et court.

Nouadhibou est une petite ville de pêcheurs, ensablée et arrimée à une presqu’île de la côte mauritanienne. Un lieu de transit. En attendant son départ pour l’Europe, le jeune homme Abdallah y retrouve sa mère. Comme il ne connaît pas la langue locale, il tente de comprendre ceux qui l’entourent, de déchiffrer cet univers: Nana, une femme sensuelle qui cherche à le séduire, Makan qui rêve de l’Europe, et Maata, ancien pêcheur reconverti en électricien, accompagné de Khatra, son jeune apprenti. C’est lui qui enseigne la langue à Abdallah pour que celui-ci puisse rompre le silence dans lequel il est confiné. Un film grave et aérien qui a obtenu le prix de la critique internationale au festival de Cannes 2002 et le grand prix Fespaco 2003.

23 h animation musicale par analogical solution+.
« Nous voulions jouer une musique de dj en y introduisantdes instruments » live » pour avoir un rendu plus organique. Les boucles sonores installent l’instant dans une suspension, une immobilité vibrante au sein de laquelle le passé et le présent réagissent en se multipliant à l’infini des possibles. Différents styles apparaissent sans jamais se fixer, créant une pulsation ou se décline un univers musical en perpétuelle expansion. » Michel Turchetti, Alain Renard


Sur les lieux
exposition photographique de Yohanne Lamoulère, collectif Obturateur Central
Yohanne Lamoulère est diplômée de l’Ecole Nationale Supérieure de la Photographie d’Arles. Elle intègre le collectif photographique l’Obturateur Central en 2000 et s’oriente vers une photographie d’auteur, préférant une esthétique douce à celle, mordante, prédéterminée par les contraintes socio-économiques du monde de l’actualité. Depuis 1999 ses champs d’investigations privilégiés sont ceux de l’isolement, des territoires souvent occupés par les « déracinés », elle témoigne du processus migratoire en France et à l’étranger.
« le gourbi », un bidonville rural du Sud de la France
Avec « Le Gourbi », ce sont ces enclaves identitaires qui sont évoquées. Des situations et des images que chacun aura déjà vues quelque part. Ce sont des espaces de précarité, résidences éphémères, baraquements, abris, cabanes. Comment, dans l’urgence, on en vient à stocker l’humain. Comment le clandestin embarrasse tout le monde et finit par incarner cet être inassimilable.
le Rif, un pays d’origine.
Tous les hommes représentés dans cette série sont employés en France sous contrat OMI, les femmes et les enfants, eux, restent au pays. L’absence et les départs se transmettent d’une génération à l’autre. Les constructions récentes témoignent des ressources financières de l’émigration et des changements culturels induits dans la région d’origine, le Rif. La topographie n’est pas épargnée par le problème de la double appartenance.

Présence du collectif littératures Pirates à travers une sélection d’ouvrages sur la thématique des frontières, de la migration. (éditions khiasma, Amok, Fremok, carobella ex-natura)