Événements

Le printemps du cinéma congolais 2006
Durant trois soirées, le ciné-club de l’Université de Liège présente un ensemble de films (fictions, documentaires, animations, clips) réalisés au Congo par des cinéastes congolais (décentralisation de l’Afrika Filmfestival).

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Dans ce pays ruiné par trente ans de mobutisme, aujourd’hui miné par la pauvreté, la guerre et la corruption, voir émerger une production audiovisuelle locale est tout à fait exceptionnel. À côté de quelques sociétés de production installées à Kinshasa et à Bruxelles, de petites structures sont apparues au Congo même où elles travaillent de manière indépendante avec des outils numériques peu onéreux. Cette émergence est très significative : dans ce Congo où tant de films ont été et sont encore tournés par des Européens, des cinéastes congolais prennent en main l’image qu’ils veulent donner de leur pays. Le programme est consacré essentiellement aux films de Guy Bomanyama Zandu, qui tourne des films documentaires, de Dieudonné Mwese Ngangura qui réalise des longs métrages de fiction en 35mm, et de Jean-Michel Kibushi qui réalise des films d’animation de marionnettes.


mercredi 22 mars
En présence de Guy Bomanyama Zandu
Né à Kinshasa en 1972, Guy Bomanyama Zandu entreprend des études cinématographiques à l’INRACI de Bruxelles. Après un premier documentaire, Papa Mobutu (2000), le cinéaste fonde sa propre maison de production, Zandu Films, installée à Kinshasa et à Bruxelles. Il a réalisé Mayasi, taximan à Kinshasa, ainsi qu’une série de courts métrages traitant de la sauvegarde et de la valorisation du patrimoine cinématographique congolais (La Mémoire du Congo en péril; Le Congo quel cinéma! et Grand écran à Kinshasa, est-ce possible?). Il vient d’achever la réalisation d’un court métrage de fiction, La Vertu.

au programme : La mémoire du congo en péril de Guy Bomanyama Zandu, RDC, 2005, 6′, La cinémathèque congolaise en voie de disparition ; Le congo, quel cinéma ! de Guy Bomanyama Zandu, RDC, 2005, 9′, Quel avenir pour le jeune cinéma congolais ? ; Mayasi, taximan à Kinshasa de Guy Bomanyama Zandu, RDC, 2003, 26′, La débrouille à Kinshasa, entre panne de moteur et exigence de rentabilité d’un vieux taxi déglingué ; La vertu (fiction) de Guy Bomanyama Zandu, RDC, 2005, 15′, Une jeune fille a été violée. L’inspecteur qui mène l’enquête n’est autre que le violeur ; Survie : les enfants des rues de Lubumbashi, de Patrick Kambala et Josue Mwamabha, RDC, 2003, 25′ ; Injuste Faim de Djo Munga, RDC/Belgique, 2004, 26′


jeudi 23 mars
Pièces d’identités de Dieudonné Mwese Ngangura
Belgique, France, Congo, 1998, 35mm, coul./NB, 91′, avec Gérard Essomba, Herbert Flack, Jean-Louis Daulne, Dominique Mesa. Un vieux roi congolais part à la recherche de sa fille Mwana qu’il a envoyée étudier en Belgique dès l’âge de huit ans et dont il est sans nouvelles depuis très longtemps. En débarquant à l’aéroport de Bruxelles, paré des symboles de son pouvoir traditionnel (ses pièces d’identité), il est confronté à un autre monde où il est difficile de trouver son chemin, entre une administration rigide et un racisme rampant.

Né à Bukavu en 1950, Dieudonné Mweze Ngangura poursuit des études de réalisation en 1970 à l’IAD de Bruxelles. De retour au Congo où il enseigne dans diverses institutions artistiques, il réalise un portrait du jeune peintre kinois Chéri Samba (1980) et un documentaire sur la ville de Kinshasa, Kin-Kiesse (1983). A Bruxelles, il fonde sa propre maison de production, Sol’oil-Films qui co-produit le film La vie est belle (1986), co-réalisé avec Benoît Lamy. Il crée également l’association Film Sud qui a pour objet la coopération audiovisuelle Nord-Sud. La question des relations interculturelles est au centre de ses films tels que Changa-changa, Rythmes en Noirs et Blancs (1992), Lettre à Makura : les derniers bruxellois, un film ethnographique sur les habitants des Marolles à Bruxelles, et son second long métrage de fiction, Pièces d’identité (1998). Tous ces films ont été sélectionnés dans de nombreux festivals, dans le monde entier.


vendredi 24 mars
Soirée consacrée au cinéma d’animation de Jean-Michel Kibushi Ndjate Wooto
Jean-Michel Kibushi est né en 1957 au Kasaï oriental. Il se forme à Institut National des Arts de Kinshasa ainsi qu’à l’Institut Saint Louis de Bruxelles. A Kinshasa, le cinéaste fonde Malembe Maa, le premier studio d’animation du pays, dont la succursale bruxelloise gère la distribution des films. Dès 1991, il réalise ses premiers films d’animation de marionnettes : Le Crapaud chez ses beaux-parents, co-produit avec l’Atelier Graphoui de Bruxelles (1992), Mwana mboka (1999) et Le Prince Loseno (2004). Jean-Michel Kibushi se soucie aussi de la sauvegarde des films d’animation réalisés sous la colonisation par des cinéastes belges pour le public congolais. C’est dans ce cadre qu’il présente le film Les palabres de Mboloko réalisé en 1955 par divers artistes congolais sous la direction de deux Pères belges.

Au programme : les palabres de mboloko de Alexander Van den Heuvel et Roger Jamar, Belgique, 1953-55, 10′ ; Le crapaud chez ses beaux-parents de Jean-Michel Kibushi, Animation de marionnettes, RDC, 1992, 8′ ; Mwana Mboka de Jean-Michel Kibushi, Animation de marionnettes, RDC, 1999, 14′ ; Prince Loseno de Jean-Michel Kibushi, Animation de marionnettes, RDC, 2004, 29′, Un royaume lointain au cour de l’Afrique profonde. Le Roi Muakana Kasongo Ka Ngolo est à la recherche d’un héritier au trône. Mais pendant la fête de couronnement, son fils, le jeune Prince Loseno assiste à la mort brutale de son père. La naissance et la mort sont jumelles dans le destin des hommes. « Tombe le bananier, pousse le bourgeon », dit-on !

L’équipe du Nickelodeon (Ciné-club de l’Ulg)