France, je t’aime ; France, je te hais : les cinémas d’Afrique dans le trouble de la coopération

Les Indépendances modifient radicalement la relation entre le colon et le colonisé. Alors que la France a besoin de son ancien Empire pour préserver sa place dans le monde, les Africains dépassent les interdits. Cela n’ira pas sans débats et procès.

« Tous les pays sous-développés qui hier dépendaient de nous et qui sont aujourd’hui nos amis préférés demandent notre aide et notre concours. Mais cette aide et ce concours, pourquoi les donnerions-nous si cela n’en vaut pas la peine ? » Général de Gaulle « Nous écrivons une littérature de la mauvaise conscience, la littérature de la mauvaise conscience de l’Occident et de la France. » Ahmadou Kourouma (1)

Le choix du métissage En dehors du cinéma colonial, les cinémas d’Afrique commencent à l’époque des Indépendances. Le décret Laval de 1934 n’autorisait pas à filmer en Afrique sans montrer patte blanche. Même réalisés par des Européens, les films anticoloniaux furent interdits : Afrique 50 de Robert Vautier (France, 1950) pour sa dénonciation des exactions coloniales, et cet admirable jeu de lumières en noir et blanc qu’est Les Statues meurent aussi de Chris Marker et Alain Resnais (France, 1955) dont le crime était de montrer comment le négoce colonial tuait l’art nègre. Alors que des pionniers s’étaient emparés dès les années 20 du cinéma en Tunisie et en Egypte, (2) on fait remonter communément le début des cinémas d’Afrique noire à Af...

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