La Piste

D'Eric Valli

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La Piste ne vaut ni le détour ni la peine qu’on s’y attarde. Mais comme ce film largement médiatisé fait son petit tour de piste, disons simplement qu’il est le dernier avatar d’un regard on ne peut plus réducteur sur l’Afrique, enrobé dans un fleuve de bons sentiments. Valli, qui a été photographe pour le National Geographic, cherche un effet dans chaque image. On sature vite, d’autant plus que les violons s’y mettent aussi, façon Himalaya. Bien sûr, les paysages sont époustouflants mais comme ils ne sont que belle image, ça devient fatiguant. Coup d’œil à droite : tiens, des girafes. Coup d’œil à gauche : tiens, des zèbres. Le sujet est comme toujours la fascination et c’est d’ailleurs le seul sujet de conversation entre les convives d’un repas entre Blancs : quand on lui demande pourquoi il s’accroche dans ce coin paumé, Gary ne peut que faire un geste d’évidence, sans trouver les mots. Les paysages et le récit répondront pour lui : fascination pour la nature sauvage, à la fois menace et beauté, et fascination pour les hommes, pareillement tendres et cruels.
Ce qui est navrant, ce n’est pas seulement de voir d’excellents acteurs comme Eriq Ebouaney embarqués dans une telle galère, c’est aussi qu’on donne ce film comme adapté à un jeune public. On fait de cette bouillie d’aventures éculées, de lyrisme pompier et de sentimentalisme de patronage une initiation à l’Afrique. Mais quel mépris pour la jeunesse que de penser qu’elle va gober cette déambulation pas crédible pour deux sous du bon boy et de la jeune Blanche effarouchée qui saura se surpasser pour retrouver son papa tombé aux mains des méchantes caricatures de la guerre voisine !

///Article N° : 4287


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