Langue africaine, nationale, officielle, véhiculaire…

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Le nombre de langues africaines est généralement estimé à 1800. Toutes les langues ne possèdent pas le même statut, ni le même type d’utilisation. Selon la typologie du SIL (Société Internationale de Linguistique), il existe des langues transnationales, parlées dans au moins deux pays. Certaines d’entre elles servent d’outil de grande communication entre peuples, ce sont les langues véhiculaires. Les langues véhiculaires ont le plus souvent un statut spécifique dans les pays où elles sont parlées, comme le pulaar, langue nationale au Sénégal et au Mali. Ce dernier statut se diffère de celui de langue officielle, langue utilisée dans les instances de décisions gouvernementales, dans l’éducation, le domaine juridique etc. Mais on trouve d’autres statuts mis en place dans certains pays, langue des médias, langue religieuse, langue commerciale, par exemple.
Au Cameroun, au Gabon, en Côte d’Ivoire, et dans beaucoup d’autres pays africains, les langues africaines n’ont bénéficié d’aucune politique de promotion de la part des autorités politiques des années 1960. Du côté des chancelleries européennes, toujours omniprésentes dans les affaires politiques africaines, la promotion des langues africaines est considérée comme une menace directe sur la position prédominante des langues officielles européennes. C’est donc par des voies détournées que des politiques linguistiques vont progressivement se mettre en place, pour voir apparaître des lecteurs ainsi que des auteurs appréhendant l’écrit dans leur langue maternelle. On imagine l’influence rapide que pourraient avoir des prises de décisions volontaires au sujet des langues nationales.

///Article N° : 3199

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