Le Pâtre des étoiles

De Mourad Ben Cheikh

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Au commencement était le verbe : un texte théâtral éponyme en arabe littéraire d’Ali Douâgi, grand maître de la nouvelle portant dans les années 30 un regard à la fois humoristique et caustique sur la société tunisienne (Il a beaucoup écrit pour le théâtre radiophonique et dont Au pays de tararanni avait été adapté en 1972 sous la forme de trois sketches par Hammouda Ben Hlima, Hédit Ben Khlifa et Ferid Boughedir). Une jeune femme intègre tant ce texte qu’elle l’écrit sur des languettes de papier qu’elle conserve sur son cœur. Mais le texte fraye son chemin dans le film, démembré, en désordre, comme elle et son compagnon se faufilent dans un théâtre au milieu des accessoires. « Les femmes posent trop de questions ». Pourtant, ses questions sont judicieuses. « Je te veux insolent et irrévérencieux ». Son attente est trop forte, il recule, il s’éloigne. Le texte poétique continue sur l’absent, sur la réponse qu’elle aurait voulu entendre. La caméra se fraye doucement un passage entre les accessoires, comme dans une miniature arabo-musulmane. Le texte habite le film comme il habite la jeune femme, jusqu’à ce qu’elle en disperse les languettes dans le théâtre, mettant un terme à la magie des mots.
Au théâtre de la vie, le verbe est un joyau à s’approprier et à préserver.

///Article N° : 3601

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