Fiche Livre
Musique, Théâtre, Arts plastiques, Littérature / édition, Danse, Histoire/société, Interculturel/Migrations, Poésie / Conte
ROMAN |
L’Impair de la nation
Pays concerné : République démocratique du Congo
Edition : Cassandre/Horschamp
Pays d’édition : France
ISBN : 9956090956

Français

D’une narration originale où se mêlent métaphysique et érotisme, réalisme merveilleux et politique, horreur et humour, ce roman de Mwantuali va certainement prendre une place de choix dans la littérature de l’Afrique subsaharienne.
Dans la première des deux parties qui constituent le roman, l’auteur commence par nous introduire dans le monde mystique des sociétés initiatiques de l’Afrique traditionnelle comme seul un petit-fils des chefs coutumiers qu’il est sait le faire. Ceci tout en respectant, nous a-t-il confié, l’adage de chez lui qui dit que la voie initiatique : « se dévoile en voilant », car « le chemin qui mène à la rivière aux crocodiles est un chemin que chacun doit faire seul. » – Le lecteur est ainsi averti de chercher *l’inter-dit*, particulièrement dans la section inaugurale de cette première partie, qui pourrait paraître déroutante.
Quand son personnage, ayant « apprivoisé les crocodiles », émerge dans le monde moderne de la politique et de l’amour, c’est désormais un « grain miraculé » pour une « Afrique enceinte » qui, malgré le sang qui lui coule d’un peu partout, redonne l’espoir d’une renaissance certaine dans la communauté mondiale.
En plus d’un travail fort original sur la technique narratologique déjà amorcé dans son recueil de nouvelles Septuagénaire (2000), Mwantuali fait ce qu’aucun roman africain n’a osé faire jusque-là : amener une femme à la tête d’un État africain, démontrant que l’Afrique devra désormais compter avec ses femmes comme condition sine qua non pour cette renaissance. – À ce titre, ce roman écrit en 2004 a annoncé peut-être une nouvelle ère dans la politique africaine, dont le Libéria vient de donner le coup d’envoi.
Malgré certaines portes de l’enfer que, des temps à autres, il ouvre sans complaisance, L’impair de la nation c’est finalement une question de l’exception refusant d’entrer dans le cercle de la médiocrité. Une exception restée « à part quand on a fini d’accoupler tous les autres », nous dit l’auteur qui, pour la première fois, nous présente l’action politico-économique des *Nanas Benz* ou *Mama Moziki 100 Kilos* si splendidement, sans verser dans une éphémère lutte des sexes.