Murmures

Décès du colonel Maurice Rives, le 6 janvier 2020
février 2020 | Décès de personnalités culturelles | Histoire/société | France
Source : Communiqué de presse
ahtis-association.blogspot.fr

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Le colonel Maurice Rives est mort à Haguenau (à 35 kms au Nord de Strasbourg, dans l’Est de la France), le 06 janvier 2020. Il a été enterré en Alsace.
Monsieur Rives était un membre actif de notre association (Association pour l’Histoire des Tirailleurs Sénégalais – AHTIS). Ses connaissances, son dynamisme et sa disponibilité vont nous manquer.
Les anciens tirailleurs sénégalais considéraient comme un des leurs cet officier qui n’a jamais cessé d’être à leurs côtés, particulièrement dans les engagements pour la « décristallisation » des pensions.
Nous rejoignons Etienne Guillermond dans l’hommage qu’il lui a rendu (texte ci-dessous; accessible sur le compte Facebook « Addi Ba »

Le Colonel Rives était Président de l’association Frères d’armes et animateur du Conseil National pour les droits des anciens combattants d’outre-mer de l’armée française. Il disait : « Quand nous sommes entrés dans l’armée, on ne nous a pas dit que les uns étaient noirs et que les autres étaient blancs. En mars 1954, à Dien Bien Phu, c’est une batterie du 4e régiment d’artillerie coloniale qui a réussi à retarder de deux mois la chute du camp retranché. Alors je crois vraiment que la meilleure façon de rappeler la fraternité d’armes qui nous a unis sur le champ de bataille c’est d’instaurer la même retraite pour tous. » (Propos recueillis par Christophe Boisbouvier, Jeune Afrique, 17 mai 2004)

Hommage d’E. Guillermond au colonel Maurice Rives
J’apprends à l’instant le décès du colonel Maurice Rives survenu à Haguenau le 6 janvier. Il avait 96 ans. S’il est un homme, en France qui a défendu la mémoire mais aussi les droits de soldats coloniaux et en particulier des tirailleurs, c’est bien lui.

Ils ont été des centaines à voir leur dossier de pension régularisé grâce à ses interventions. Le colonel Rives s’est par ailleurs battu comme un acharné pour que le montant de ces pensions, « gelées » en 1959, soit réactualisé par l’Etat français.

Lui-même était un ancien de l’infanterie coloniale, engagé dès 1944.
Il a rendu hommage à ces soldats oubliés dans un ouvrage intitulé « Héros méconnus », co-signé avec Robert Dietrich et publié par l’association Frères d’armes en 1993.

Maurice Rives a été le premier à s’intéresser à Addi Bâ à la fin des années 1980. C’est lui qui a reconstitué son parcours et m’a donné, bien plus tard, les éléments pour commencer ma propre enquête.
C’est lui également qui fût à l’initiative de la première rue Addi-Bâ en France, à Langeais, en 1991. Il figure à gauche sur la photo.
Un jour de 2003, dans son appartement près de Melun, j’ai rencontré deux neveux d’Addi Bâ à qui j’ai remis le Coran de leur oncle qui était en ma possession. Scène inoubliable !
Plus tard, j’ai eu le plaisir de lui rendre visite avec Tierno Monénembo.

Je n’oublierai jamais son accent chantant du Sud-Ouest, son emportement lorsqu’il évoquait la France oublieuse et cette admiration toute particulière qu’il portait à la figure d’Addi Bâ dont il me parlait encore, il y a peu, au téléphone.
Je rends hommage à ce grand monsieur.
Merci à Françoise Croset qui m’a fait part de la triste nouvelle.

A PROPOS DE L’AHTIS, ASSOCIATION POUR L’HISTOIRE DES TIRAILLEURS SENEGALAIS

L’Association pour l’Histoire des Tirailleurs Sénégalais (AHTIS) est une association loi 1901 créée en janvier 2005 à l’initiative de F. Croset, agrégée d’histoire, professeure d’histoire-géographie, et particulièrement intéressée par l’histoire des tirailleurs.
Elle a pour objet d’encourager le travail d’étude historique sur les Tirailleurs sénégalais (plus largement des combattants africains de l’armée française), également de contribuer à la connaissance et à la popularisation de cette histoire encore très méconnue.

Certains de ces anciens combattants vivent d’ailleurs encore en France ou dans leur pays d’origine.
C’est donc une page d’histoire qui n’appartient pas encore au passé que l’AHTIS voudrait contribuer à faire mieux connaître.

L’AHTIS rassemble des membres en France et en Afrique (majoritairement au Sénégal), à la fois chercheurs mais aussi témoins historiques ou personnes intéressées par le sujet.
Son siège social est sis au 19ème arrondissement de Paris, France.
Site Web : http://ahtis-association.blogspot.fr
Contact : ahtis(at)hotmail.fr

article édité par Thierno I. Dia
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