Murmures

Nouvelle-Calédonie : appel à films – Festival du cinéma des peuples 2010
janvier 2010 | Appels à contributions / candidatures | Cinéma/TV | Nouvelle-Calédonie

Français

Pour l’édition 2010 du festival ânûû-rû âboro « l’ombre de l’homme »
La date limite des inscriptions et des envois est fixée au 31 mai 2010.


Festival du cinéma des peuples 2010

Ânûû-rû âboro, cinéma en langue paicî, signifie littéralement « l’ombre de l’homme ».

La dignité de l’homme est inséparable de ses combats pour l’émancipation et la liberté. Depuis la signature de l’Accord de Nouméa en mai 1998, le peuple kanak et les citoyens de la Nouvelle-Calédonie sont engagés dans un processus de décolonisation dont le terme, s’il en est décidé ainsi, est la pleine souveraineté.
Cette aspiration à la dignité rejoint celle d’autres peuples du monde.
Le Festival Anûû-rû âboro, par la promotion du cinéma documentaire, veut faire écho au tumulte du monde et à la parole des peuples. Le cinéma documentaire peut être ce langage commun parlé par tous les peuples du monde.

Anûû-rû âboro donnera à voir des films venus d’Afrique, d’Asie, des Amériques, d’Europe et bien sûr d’Océanie.
Il donnera à voir autant qu’à débattre. A débattre autant qu’à réfléchir à la maîtrise des outils techniques et aux enjeux de sens et de responsabilité liés à l’acte de filmer. Le cinéma est autant une affaire d’éthique que d’esthétique.

Le prochain Festival Anûû-rû âboro se déroulera à Pwêêdi Wiimîâ (Poindimié) et dans tribus de la Province nord de la Nouvelle-Calédonie, province à majorité indépendantiste.
La colonisation a concentré l’essentiel des activités économiques dans le sud, à Nouméa principalement. Ainsi, la Province nord ne compte aucune salle de cinéma. Habituellement, les projections y ont lieu en plein air par l’intermédiaire d’un cinéma ambulant : Ciné-brousse. Organiser un festival de cinéma documentaire dans une province qui ne possède pas de cinéma est plus qu’un paradoxe, c’est affirmer la volonté de dépasser les déséquilibres hérités de la colonisation.

Anûû-rû âboro veut offrir à ses invités et aux festivaliers un cadre de projection inhabituel, en plein air, en tribu, assis sur une natte au milieu de la population locale. Invités et participants auront ainsi la possibilité d’être nourris en tribu, hébergés dans des cases « chez l’habitant » dans la tradition kanak de l’accueil, empreinte de respect et d’humilité, et de conclure les soirées par des discussions et des échanges dans une ambiance fraternelle.
Ânûû-rû âboro sera un festival immergé dans la population kanak, ambitieux dans sa programmation, modeste et chaleureux dans son organisation.
Films
Une vingtaine documentaires en compétition seront projetés dans le cadre du festival ânûû-rû âboro. Ces films s’inscriront dans l’esprit de liberté et d’émancipation des peuples, avec une attention particulière pour les œuvres novatrices produites par les peuples eux-mêmes.
En parallèle de la sélection officielle, un choix de films d’auteurs kanak ou concernant le peuple kanak et les citoyens calédoniens sera programmé.

Deux prix seront décernés : le Grand prix du festival Ânûû âboro, le prix spécial du jury et le Prix spécial Cèikî (espoir).
Lieux
Le Festival ânûû-rû âboro se tiendra dans la commune de Pwêêdi Wiimîâ (Poindimié). Située sur la côte est, en bord de mer, Pwêêdi Wiimîâ compte 5 000 habitants répartis en deux districts coutumiers et vingt-deux tribus. Le festival ânûû-rû âboro projettera les films sélectionnés dans la salle de spectacle de la médiathèque en journée et dans les tribus environnantes à la tombée du jour.
Formation
La formation à la prise de vue et à la prise de son se limite habituellement à la maîtrise de l’aspect technique de ces opérations. Il s’agit de former des techniciens qui trouveront éventuellement un emploi dans les télévisions ou les entreprises de production audiovisuelles.
Ce type de formation nous semble insuffisant aux regard des enjeux culturels, sociaux, éthiques et politiques liés à la représentation d’un peuple par les images et les sons. Il y a des modèles dominants qu’il est essentiel de reconnaître et de critiquer car ils ne sont pas innocents. Les logiques distractives et aliénantes du marché mondial des médias et de l’audiovisuel ne sont pas les seules possibles. Les modalités techniques pas plus que les mises en forme ne sont neutres.
Nous nous proposons de relier l’apprentissage des techniques audiovisuelles à la prise de conscience des enjeux et des responsabilités qui sont ceux des futurs techniciens et réalisateurs de films documentaires. Filmer c’est mettre en œuvre un pouvoir : celui de représenter l’autre, de faire connaître ses idées, ses conduites, ses problèmes, de fabriquer son image. Cela ne se fait pas sans devoirs : devoir de respect, de sérieux, d’engagement et pas seulement de compétence et de performance.
Cette formation sera organisée avec comme objectif de permettre aux citoyens du Pays, notamment au peuple kanak, de passer progressivement de l’état de « sujet muet » dans les films « des autres », à celui d’auteur de ses propres images et de sa propre histoire, à l’exemple du mouvement Vidéo indigena en Amérique latine.
La province nord
Située à 20 000 km de la France, la Nouvelle-Calédonie ou Kanaky est composé de la Grande Terre et des îles Loyautés. Administrativement découpée en trois provinces -Sud, Nord et Îles- dont deux sont gérées par des coalitions indépendantistes, la Nouvelle-Calédonie est engagée, depuis mai 1998, date de la signature de l’Accord de Nouméa, dans un processus de décolonisation et d’émancipation caractérisé par la pleine reconnaissance de l’identité et de la culture kanak et par le transfert progressif et irréversible des compétences dévolues à l’État français jusqu’à la complète souveraineté, s’il en est décidé ainsi.

Des trois provinces, la province Nord est la plus étendue, elle occupe 52 % de la superficie totale du Pays. Sa population, à majorité kanak, avoisine aujourd’hui les 45 000 habitants. Sur le plan de l’organisation administrative et coutumière, la province Nord compte 17 communes et 199 tribus dont 191 regroupées en 28 districts coutumiers. Elle est par ailleurs divisée en 4 aires coutumières dotée chacune d’un conseil d’aire.

L’assemblée de la province Nord est actuellement dirigée par un exécutif composé des élus du groupe UNI-FLNKS. Son Président est Paul NEAOUTYINE.

English

For the next festival ânûû-rû âboro « a man’s shadow »
Deadline for film submissions and entries: may 31st 2010.



Ânûû-rû âboro, or ‘film’ in the Paicî language, literally means « a man’sshadow ».

Human dignity is often associated with struggles for emancipation and freedom. Since the signing of the Nouméa Accord in May 1998, the Kanak People and the citizens of New Caledonia have been engaged in a decolonisation process, which will lead to full sovereignty if it is so decided. This aspiration for self-respect is shared by other peoples of the world. The anûû-rû âboro festival seeks to echo the commotion in the world and the voices of its peoples by promoting documentary film. Documentaries can be a common language spoken by all the peoples of the world.

Anûû-rû âboro will screen films from Africa, Asia, the Americas, Europe and naturally the Pacific. It will address the eyes as well as the ears; it will be an opportunity to talk to one another and to think about the use of technology and the issues and responsibilities involved in filming. Film is as much about ethics as it is about aesthetics.

The next anûû-rû âboro festival will take place in Pwêêdi Wiimîâ (Poindimié) and in the tribus (Kanak villages) of the Northern Province of New Caledonia, where a majority of the population is pro-Independence. Colonisation has focussed most economic activities in the south, mainly in Nouméa. The Northern Province has no cinema. Films are shown in the open air from a mobile ‘bush’ cinema (Ciné-brousse). To stage a documentary film festival in a province with no cinema is more than a paradox; it expresses a determination to overcome the imbalances inherited from colonisation.

Anûû-rû âboro wants to offer its guests and participants an original backdrop for screening films, out of doors, in the Kanak village setting, sitting on a mat among local communities. Guests and participants will be able to enjoy meals and accommodation with villagers, in the Kanak tradition of hospitality, with respect and humility, and engage in discussion and exchange after film screenings in a fraternal atmosphere.

Ânûû-rû âboro will be hosted within the Kanak community; it will be ambitious in its programming, and modest and warm in its organisation.

Films

About 20 documentaries in competition will be screened during the ânûû-rû âboro festival. These films will articulate the spirit of freedom and emancipation for peoples, with a special focus on innovatory works produced by the peoples themselves. In addition to the official selection, chosen films by Kanak and Caledonian artists will also be shown.
Two prizes will be awarded: the ânûû-rû âboro festival grand prize, the special Prize of Jury and the cèikî (hope) special prize.
Places

The ânûû-rû âboro festival will be held in Pwêêdi Wiimîâ (Poindimié). Situated by the sea on the east coast, Pwêêdi Wiimîâ has a population of 5 000 spread over two customary districts and twenty-two Kanak villages. The ânûû-rû âboro festival will screen selected films in the media library cinema in the daytime and in the surrounding villages at sunset.
Training
Training in camera work and sound recording is usually restricted to the technical aspects. The purpose is usually to train technicians to find jobs with a television station or an audiovisual production company. This approach may fail to address the cultural, social, ethical and political issues involved in the representation of peoples through images and sound. There are dominant models that it is essential to recognise and criticise because they are biased. The entertainment-oriented and alienating logic of the world media market is not the only possible reasoning. Technical options and choices of format are not neutral either.
The northern province
Situated 20 000 km from France, New Caledonia or Kanaky comprises the main island, (‘Grande Terre’) and the Loyalty Islands. It is divided into three provinces – South, North and Islands – two of which are under the control of pro-Independence coalitions. Since May 1988, when the Nouméa Accord was signed, New Caledonia has been involved in a decolonisation and emancipation process characterised by the full recognition of the Kanak identity and the gradual and irreversible transfer of French Government responsibilities until full sovereignty is achieved, if it is so decided.

Of the three provinces, the Northern Province is the most extensive and accounts for 52 % of the country’s total land area. The population, a majority of whom are Kanaks, is today close to 45 000. In terms of administrative and customary organisation, the Northern Province has 17 communes and 199 ‘tribus’ (Kanak villages), 191 of which form 28 ‘customary districts’. It is also divided into 4 ‘customary areas’, each of which has an area council.

The Northern Province Assembly is presently directed by an executive formed of elected members of the UNI-FLNKS group. The President is Paul Neaoutyine.
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