Fiche Personne
Musicien/ne Balafoniste

Mahama Konaté

Burkina Faso

Français

Je joue de la musique traditionnelle depuis tout petit.
Je trouve qu’elle porte davantage de joie et de vie, qu’elle respecte notre pays et notre passé.

Tout ceci prend déjà son sens dans la fabrication de nos instruments.

Chaque musicien doit fabriquer son propre instrument avec la complicité de la nature. Ainsi, en jouant, nous rendons à la nature ce qu’elle nous a donné.

C’est un cycle traditionnel que nous voulons respecter.
Notre musique puise d’abord ses sources et son sens dans la relation de la musique avec l’agriculture, et dans l’alliance des instruments avec la nature.

Mahama Konaté est le créateur du groupe Farafina Lili. Et, s’il n’est pas le créateur du balafon, il en joue depuis très longtemps. Déjà à cinq ans, il partait dans les champs, et au lieu de surveiller les oiseaux afin qu’ils n’abîment la récolte, il se faufilait dans la forêt, taillait des morceaux de bois qu’il posait sur un petit trou et sur lesquels il jouait des rythmes du balafon qu’il avait précédemment entendu en ville. Son amour pour le balafon s’est déployé petit à petit avec les années.

Dés son arrivée à Bobo-Dioulasso, deuxième ville du Burkina-Faso, il commençait à jouer dans les cabarets, dans les baptêmes et les mariages, enfin dans tous les quartiers, et bientôt dans tout le pays. Après avoir remporté des premiers prix de concours musicaux du Burkina-Faso, il fût sélectionné pour faire parti de la Troupe nationale, avec laquelle il a effectué ses premiers voyages au Québec et en Algérie. C’est au retour qu’il pris la décision de créer sa propre troupe.

Il a recruté quelques jeunes et, ensemble ils ont cherché un nom à la troupe. Là, Mahama a dit : « Nous faisons de la musique traditionnelle, originaire de chez nous, alors nous l’appellerons « Farafina », ce qui veut dire « Le pays de ceux qui ont la peau noire » ». Farafina a commencé à tourner en France, puis en Suisse, en Belgique, en Allemagne et Suède. Ce succès a continué en Angleterre et aux États Unis, mais aussi à Wembley où Farafina offrit un concert en hommage à Nelson Mandela qui, à l’époque, était encore en prison.

En 1990, lors d’une tournée, le manager et les musiciens de Farafina commencèrent à manifester leur désir d’introduire des instruments modernes dans la troupe. Mais Mahama refusait, ce n’est pas qu’il détestait les instruments modernes, mais il ne voulait pas perdre le sens de « Farafina ».
Après quelques discussions houleuses sur ce point, il décida d’accentuer encore plus le sens de sa troupe en l’appelant désormais « Farafina Lili », ce qui veut dire « Les racines de la musique africaine ».

(Désiré Ouattara)