Fiche Personne
Musique Cinéma/TV

Hasna El Becharia

Chanteur/euse, Auteur-compositeur/trice, Guitariste
Algérie

Français

Chanteuse et guitariste algérienne.

Hasna EL BÉCHARIA est née à Bechar, dans le sud-ouest de l’Algérie où se marient les influences bédouines, marocaines et gnawas. Elle a appris la guitare en cachette de son père qui était un grand maître du gumbri, mais aussi du diwan. Hasna El Becharia est issue d’une lignée des musiciens gnawas, mais marie les compositions originales et les standards populaires en un répertoire qui allie le moghrabi marocain, le raï déglingué, le blues griot. Elle joue parfois aussi des chansons d’Enrico Macias ou de Françoise Hardy, dont elle a eu vent grâce aux disques amenés par les Français installés dans le centre de recherche voisin. Son talent révélé parmi les femmes lui vaut d’être très vite invitée à animer tous les mariages des alentours, de Béchar à Oran en passant par Alger et Casablanca. En près de trente ans de gloire locale, elle n’a pas enregistré un seul disque et se produit pour la première fois en France en 1999. Avec Djazaïr Johara, paru sur le label Bleu Indigo, ce manquement est aujourd’hui réparé. Les gnawas sont des descendants d’esclaves noirs de l’ex-empire du Soudan, ramenés de force au Maroc (et en Algérie) par des pillards Touaregs. Officiellement convertis à l’Islam, ils n’en continuent pas moins leurs rituels « lila » où ils chantent et dansent pour chasser le mauvais esprit. Ils utilisent notamment les karkabous, sorte de castagnettes qui rappellent le son du temps de leurs chaînes.


Hasna EL BECHARIA
Hasna El Becharia s’est fait reconnaître dans tout le Sud-Ouest de l’Algérie, dans un univers exclusivement masculin. Le même où la sexagénaire est née, dans la ville de Béchar qui renferme certains des secrets du blues du désert.
Fille d’un des maîtres du très codifié diwan, Hasna El Becharia n’a d’ailleurs longtemps joué que pour les siens, refusant de diffuser sa musique au-delà de ses frontières « naturelles ». Pas question même d’enregistrer un disque de peur de travestir le fonds de cette féconde tradition.
Jusqu’à ce qu’elle débarque à Paris, en 1999, invitée dans le cadre du festival Femmes d’Algérie : cette épatante chanteuse doublée d’une étonnante guitariste ravit d’emblée l’audience. C’est le début d’une nouvelle histoire qui ne tarde pas à la consacrer sur les scènes internationales, suite à l’enregistrement d’un premier album supervisé par le guitariste Camel Zekri.
Au programme de celle que l’on surnomme la rockeuse du désert : une musique de transe rehaussée d’accents blues, des rythmiques qui tournent et retournent…



Dix ans plus tard, l’héritière signe un deuxième et très attendu album, Smaa Smaa, gravé dans les pierres de son enfance : un vieux ksar, ces antiques greniers qui jalonnent le désert, là où se conserve la mémoire des sables. Le lieu idéal pour convoquer, d’une voix apaisée, les saints qui irriguent chacune de ses compositions, pour évoquer cet univers aux limites du sacré et du profane. Comme une révélation sans cesse renouvelée.



Après plusieurs années en France, Hasna rentre à Bechar et continue de se produire à l’international, notamment au Canada en 2013 et 2014, où elle enregistre début 2020 un EP : Les couleurs du Sahara, avant d’enchainer ensuite des dates en Algérie.



L’année 2022 signe la sortie du film qui lui est consacré La Rockeuse du désert. Invitée d’honneur du Atri Desert Experience, le premier festival de musique électronique dans les dunes de Taghit, Hasna met le feu avec sa formation musicale de Béchar et signe le retour incontestable de la Rockeuse du désert.

La réalisatrice Sara Nacer lui a consacré un film long métrage documentaire portrait intitulé « La rockeuse du désert » (2022) multi-primé.

Discographie (selection :
Djazaïr Johara (Label Bleu, 2001)
Smaa Smaa (2010)
Les couleurs du Sahara (2020)

Fontes / Our Source / Quelle / Nos Sources (MAIS INFORMAÇÕES / READ MORE / PLUS D’INFOS) :
– Africiné Magazine
– www.facebook.com/p/Hasna-el-becharia-100069420062383/
– www.cbai.be/agenda/hasna-el-becharia/
– www.maisonpop.fr/hasna-el-becharia
Updated by Thierno DIA, 05 Nov 2023

English

Algerian Singer and musician.


Hasna el Becharia is a female Gnawa multi-instrumentalist. She was born in 1951 in Béchar (formerly known as Colomb-Béchar, a garrison town during the time of the French colonization). This town in southwestern Algeria is a fertile musical ground, with styles such as Diwan, Foundou and the popular Haddawi repertoire to celebrate Arab-Berber weddings of this sub-region.

The daughter and grand-daughter of Gnawa musicians, she plays popular Saharan traditional songs and personal compositions. In 1972, she began to play by herself. With three friends of hers, including Zorah and Kheira who are still singing by her side, singing and playing drums and tambourines. Hasna played traditional desert tunes on the acoustic guitar. They became successful very quickly, playing at weddings, banquets, etc. Everybody wanted to hear Hasna and her pals. During their performance, people sang along all the songs. It was so noisy that Hasna began to play the electric guitar to be heard. At that moment, she became really famous. Beyond the little town of Bechar, her name was known all over the south of Algeria. Algerian producers tried to make her record some tunes on a tape recorder, but she refused because she didn’t trust them.

In less than 4 years, Hasna and her band built their own legend. In 1976, they were the guest stars of a great concert in Bechar, organized by the Union of Algerian Women, in front of a female audience.

She arrived in France in January 1999 when she was invited to a festival called « Women of Algeria. She was one of the two new-comers who emerged from this festival. Fascinated by her music, the organizers of the festival decided to put her on stage every night, although it was originally planned that she would only play one evening. Quickly, rumors spread throughout Paris about this incredible female guitar player from the desert. Journalists and producers showed up and the prestigious French newspaper Libération published an article about her.

Hasna decided to stay in Paris because her situation was too difficult in Algeria. In spite of singing about the Prophet, she did not conform with tradition. She is too free and does not accept the old fashioned patriarchal customs that still rule in her country.

The guimbri and karkabas (two instruments masterfully played by Hasna) are the pillars of North African black music. Hasna creates a powerful and rough guimbri sound and she has an astonishing sense of rhythm.

Like numerous Algerian Gnawa musicians, Hasna takes her roots in the popular wedding repertoire. In addition to guimbri and karkabas, she plays electric guitar, ud, darbuka, bendir and even banjo. At the age of 51, Hasna recorded her first album. She composed the majority of her songs in France. By no means corrupted by stage or studio performance, she took advantage of these new experiences to explore the sound of guitars, vocal timbres on different tonalities, to improvise and make new encounters. In order to make her recording, the producers brought together great musicians from Algeria, Morocco, Tunisia and Niger.

The film director Sara Nacer has dedicated a multi-awarded feature-length portrait documentary film entitled « The Desert Rocker » (2022).

Discography (selection :
Djazaïr Johara (Label Bleu, 2001)
Smaa Smaa (2010)
Les couleurs du Sahara (2020)

Part of the biography edited from a text by Camel Zekri. Courtesy of Magali Berges.

Author: Angel Romero



Fontes / Our Source / Quelle / Nos Sources (MAIS INFORMAÇÕES / READ MORE / PLUS D’INFOS) :
– Africiné Magazine
– www.facebook.com/p/Hasna-el-becharia-100069420062383/
– https://worldmusiccentral.org/2016/06/10/artist-profiles-hasna-el-becharia/
– https://open.spotify.com/intl-fr/artist/2Y2LaK65xm8j2wQMtEII8f
Updated by Thierno DIA, 05 Nov 2023
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