Fiche Personne
Chanteur/euse Bassiste

Manou Gallo

Côte d’Ivoire

Français

De Divo au « Djiboi » : Manou Gallo l’ex bassiste ivoirienne des Zap Mama revient sur ses pas.

Divo. Une petite ville, au Centre Ouest de la Côte d’Ivoire, berceau des racines du peuple Djiboi. C’est là que Manou Gallo naît le 31 août 1972. Élevée par sa grand-mère qui veille sur elle comme sur sa propre fille, Manou est plutôt du genre autonome.
En 84, alors qu’elle a 12 ans, Manou participe à son premier spectacle. C’est aussi la première fois qu’elle quitte Divo. Le spectacle qui a été monté avec d’autres enfants de la petite ville s’inspire de son histoire : il raconte la vie de cette petite sorcière qui reçoit le pouvoir de jouer du tambour. La pièce fait un véritable tabac.
Chaque fois que Manou se produit sur scène, l’étonnement et l’admiration sont au rendez-vous. À Divo, régulièrement, le maire la convoque quand il a des invités. « Joue, Manou, joue et donne-toi à fond. » Et Manou donne tout ce qu’elle a dans les tripes. À l’époque, le fils du maire s’occupe d’un groupe de musique ivoirienne, le groupe « Woya ». En 85, on lui demande si elle veut faire partie de « Woya ».
Très vite, Woya devient célèbre dans toute l’Afrique de l’Ouest. De 85 à 89, le groupe fait de nombreuses tournées (au Burkina Faso, Mali, Togo, Bénin) et enregistre quatre CD. Et pendant ce temps, Manou emmagasine les expériences. Quand le groupe Woya est dissous, la jeune fille suit Marcelin Yacé à Abidjan. Il la prend sous son aile, lui offre sa première basse, l’initie aux prises de sons dans son studio pendant trois ans. De 1993 à 1996, Marcelin l’envoie parfaire ses connaissances artistiques au village panafricain de Ki-Yi-Mbock, où elle intègre la troupe de théâtre, s’initie à la danse et participe à l’enregistrement d’un nouveau CD produit par Ray Lema. En 1992, lors du MASA à Abidjan, un marché international qui a pour but de présenter des créations artistiques en provenance de toute l’Afrique, Manou rencontre Michel De Bock, tour manager et éclairagiste du groupe Zap Mama. Ils se revoient plusieurs fois au village Ki-Yi et le courant passe.
Le courant passe à tel point que lorsque Michel De Bock apprend que Marie Daulne, leader des Zap Mama, recherche un bassiste pour son groupe, il pense directement à la jeune ivoirienne et la fait venir en Belgique. Manou Gallo débarque le 3 janvier 1997. Marie et les autres membres du groupe lui souhaitent bienvenue chez Zap Mama
Depuis six ans maintenant, Manou Gallo est de toutes les tournées, parcourant le monde pour jouer la musique des Zap. En 1999, elle rejoint, pour quelques concerts, les Tambours de Brazza, où elle est la seule fille. « Ici, en Europe, j’ai appris l’ouverture, les mélanges de cultures et de musiques. » Basée à Bruxelles, elle aime la diversité de cette ville métissée. Mais, tout au fond d’elle, Manou a toujours une petite musique dans la tête, venue en direct de Divo. « Quand je rentre au pays, je retrouve les couleurs des sons et des rythmes qui m’ont bercée durant toute mon enfance. » C’est sans doute ce qui l’a poussée à écrire ses propres textes, mêlant français, anglais et langue dida pour dire les choses comme elles viennent, pour s’insurger ou encore pour garder présente à l’esprit la flamme de Marcelin Yacé, celui qui l’a mené jusqu’ici. Ces textes, elle les décline sur une musique qui l’habite depuis toujours, mais à laquelle elle a rajouté les influences récoltées tout au long du chemin.
Pour donner forme à sa musique, Manou franchit un nouveau pas en 2001, en créant son propre groupe, avec des amis musiciens, un peu comme elle rassemblait, petite, ses copines et distribuait les rôles lors de ces concerts improvisés dans les cours de sa ville natale. Et aujourd’hui, en compagnie de son groupe « Le Djiboi », Manou a bien l’intention de répandre sur les ondes la musique de Divo.

Nominée dans la catégorie Meilleure Artiste Africaine de la Diaspora aux TAMANI / Trophées de la Musique du Mali.

A la suite de nombreuses demandes de concerts dans les clubs, Manou travaille actuellement à la préparation d’un projet complémentaire au « DJIBOI ». Il s’agit d’un TRIO qui aura pour nom le MANOU GALLO EXPERIENCE et qui verra le jour en mai 2005. Elle sera accompagnée dans cette nouvelle aventure par le percussionniste/batteur cubain Olnides RIBEAUX et le claviériste belge Fred DONCHE. Elle présentera un nouveau répertoire où elle laissera libre cours à ses nouvelles inspirations musicales.