Fiche Personne
Cinéma/TV

Mickael-Sltan Mbanza

Réalisateur/trice
République démocratique du Congo

Français

Mickael‑Sltan Mbanza est un cinéaste et artiste congolais de la République démocratique du Congo, vivant et travaillant à Goma. Issu de la scène culturelle indépendante de l'Est congolais, il développe un cinéma expérimental et documentaire centré sur la mémoire coloniale, l'exploitation des ressources, le trauma historique et sa transmission dans les corps comme dans les paysages.
Repères biographiques
Mickael‑Sltan Mbanza commence son parcours en 2015 au sein de Yole!Africa, centre culturel basé à Goma et important lieu de formation, de production et de diffusion artistique dans la région. Entre 2020 et 2024, il participe à plusieurs ateliers consacrés à la réalisation cinématographique. Cette période de formation le conduit notamment à intégrer le programme Alternative to Television, dans le cadre duquel il réalise plusieurs courts métrages collaboratifs, expérimentant les différentes étapes de la création audiovisuelle.
Son travail s'inscrit dans une génération de cinéastes congolais qui conçoivent le film non seulement comme récit, mais aussi comme espace de recherche : recherche sur les archives, les traces du colonialisme belge, le travail minier, les images produites sur et depuis le Congo, ainsi que les formes de survivance de ces histoires dans le présent.
Nsala : un premier film remarqué
En 2024-2025, Mbanza réalise Nsala, son premier court métrage expérimental personnel. D'une durée d'environ dix minutes et sans dialogue, le film associe des images contemporaines à des archives de la période coloniale belge. Le titre renvoie, en kikongo, à l'idée de "reprise" : le cinéaste reprend des images d'archives pour les confronter à des gestes et à des corps contemporains.
Le film met en scène, par le croisement de documents coloniaux et de reconstitutions, l'histoire d'un couple affecté au travail dans une mine. Il aborde ainsi l'extraction minière au Katanga et l'héritage durable d'un système économique fondé sur l'exploitation des terres et des personnes. Nsala ne cherche pas à illustrer les archives : il les réactive, en les faisant dialoguer avec le présent et avec une imagination critique.
Mickael‑Sltan Mbanza est à la réalisation, au scénario et à l'image, avec Danny Amisi à l'image et au montage; la production est assurée par Petna Ndaliko Katondolo. Le projet a été développé dans le cadre de la résidence Manhindule, au centre Yole!Africa.
Circulation internationale
Nsala a été montré comme work in progress aux Ishango Encounters 2024 et à la Biennale de Lubumbashi, avant d'être présenté dans des contextes internationaux en 2025. Le film a notamment circulé au FIDMarseille, au BFI London Film Festival, au Red Sea International Film Festival, au LACMA de Los Angeles, ainsi qu'au FICValdivia au Chili.
Cette reconnaissance place Mbanza parmi les auteurs émergents du cinéma expérimental et documentaire africain contemporain. La critique et les programmateurs soulignent particulièrement la manière dont Nsala fait se répondre les archives coloniales et les images actuelles, sans surplomb explicatif, pour laisser apparaître la continuité des rapports d'exploitation.
Projet de long métrage
Mickael‑Sltan Mbanza développe son premier long métrage documentaire, Rising Sun - également présenté sous le titre français Soleil Levant. Le projet est lié à Lubumbashi : il a été développé dans le cadre d'une résidence aux Ateliers Picha, centre indépendant d'art et de recherche implanté dans la ville.
Le projet a été sélectionné au Visions du Réel Development Lab 2025, a reçu la bourse SCAM - Brouillon d'un rêve, puis a été retenu en 2026 par l'IDFA Bertha Fund dans son programme de soutien à la production et à la postproduction de documentaires indépendants.
Démarche artistique
La démarche de Mbanza peut être résumée par quelques axes :
Réappropriation des archives : il interroge les images coloniales non comme documents neutres, mais comme instruments d'un regard historique et politique sur le Congo.
Mémoire et transmission : ses films explorent ce qui demeure des violences historiques dans les générations présentes, les corps et les territoires.
Extraction et travail : le monde minier, particulièrement au Katanga, apparaît comme un point de rencontre entre passé colonial et économie contemporaine.
Formes hybrides : il associe documentaire, images d'archives, reconstitution, silence, gestes performatifs et montage poétique.
Ancrage congolais et circulation internationale : son travail est lié à Goma et Lubumbashi tout en entrant dans les réseaux de festivals, résidences et fonds documentaires internationaux.
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