Fiche Personne
Cinéma/TV
© Par LaShawnda Jones / WikiPortraits, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=182566096
Walter Thompson-Hernández
Réalisateur/trice, Ecrivain/ne, Journaliste
États-Unis
© Par LaShawnda Jones / WikiPortraits, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=182566096
Français
Walter Thompson-Hernández est un écrivain, journaliste, podcasteur et réalisateur américain, né en 1985 à Huntington Park, dans le sud-est de Los Angeles. Afro-Latino, issu d'un père noir américain et d'une mère née au Mexique, il développe une œuvre attentive aux communautés marginalisées, aux identités culturelles, à la mémoire urbaine et aux formes de solidarité qui se construisent face à la violence sociale et aux stéréotypes.
Formation et parcours initial
Élevé entre Huntington Park et Venice, à Los Angeles, Walter Thompson-Hernández grandit dans un environnement multiculturel qui nourrit durablement son regard. Il pratique d'abord le basket-ball à haut niveau : après ses études à l'Université de Portland, où il joue dans l'équipe universitaire, il évolue professionnellement en Amérique latine. Cette expérience, ainsi que sa maîtrise de l'espagnol, approfondit son rapport aux circulations culturelles entre les États-Unis et le monde latino-américain.
Il poursuit ensuite un master en études latino-américaines à l'université Stanford. Il intègre également, pendant une année, le programme de doctorat en études chicanas de l'Université de Californie à Los Angeles (UCLA), avant de s'orienter vers le journalisme. Son parcours, à la croisée du sport, de la recherche universitaire et de l'enquête de terrain, façonne une méthode narrative fondée sur l'immersion, l'écoute et la restitution de paroles rarement mises en avant dans les médias dominants.
Journalisme et récits de communautés
Walter Thompson-Hernández se fait connaître comme journaliste multimédia et reporter spécialisé dans les sous-cultures contemporaines. Il travaille notamment pour The New York Times, d'abord au sein de l'équipe vidéo et multimédia "Surfacing", puis comme journaliste et animateur de formats consacrés aux cultures marginalisées ou peu représentées. Ses reportages l'amènent à travailler aux États-Unis comme dans de nombreux pays, avec une attention particulière aux expériences noires, latines, diasporiques et populaires.
Il publie également dans plusieurs médias américains et internationaux, parmi lesquels NPR, The Guardian, Remezcla et Fusion. Ses sujets couvrent des réalités très diverses : cultures chicanas au Japon, scènes artistiques et musicales, pratiques sportives, communautés urbaines de Los Angeles, identités afro-latines et imaginaires alternatifs de la Californie.
Son travail journalistique se distingue par un refus des représentations simplificatrices. Plutôt que de traiter ses sujets comme des curiosités sociales, il cherche à restituer la complexité des trajectoires individuelles et collectives, en articulant les questions de classe, de race, de territoire, de filiation et d'appartenance.
The Compton Cowboys
En 2020, il publie The Compton Cowboys: The New Generation of Cowboys in America's Urban Heartland. Cet ouvrage est issu d'une longue immersion auprès des membres de la Compton Cowboys, un collectif lié à un ranch de Compton et héritier de traditions équestres noires américaines souvent absentes des récits dominants sur le western et l'histoire des États-Unis.
Le livre décrit la manière dont le rapport aux chevaux, au ranch et à la transmission intergénérationnelle peut devenir un instrument de reconstruction personnelle et collective dans une ville régulièrement réduite, dans l'imaginaire médiatique, aux gangs, à la pauvreté et à la violence. Walter Thompson-Hernández y explore les liens entre trauma, masculinité, famille, mémoire afro-américaine et résistance communautaire. Il met en lumière une culture urbaine du cheval qui contredit l'idée selon laquelle le cowboy serait nécessairement blanc, rural et associé à l'Ouest mythifié par Hollywood.
L'ouvrage contribue à faire connaître largement les Compton Cowboys et participe à une relecture de l'histoire noire de l'Ouest américain. Il affirme aussi la place de Los Angeles comme territoire de récits multiples, traversé par des héritages mexicains, afro-américains, chicanos et migratoires.
Podcast et cinéma
Walter Thompson-Hernández poursuit ce travail de récits à travers le podcast California Love, conçu comme une anthologie sonore de voix et d'expériences californiennes. Il y privilégie des récits à la première personne, souvent portés par des habitants dont les histoires échappent aux représentations habituelles de Los Angeles et de la Californie. Le podcast prolonge son intérêt pour les communautés noires et brunes, les territoires populaires, les trajectoires intimes et les formes locales de création.
Son passage à la réalisation s'inscrit dans la continuité de son activité de journaliste multimédia. Après avoir écrit, produit et réalisé des contenus documentaires pour la presse, il se tourne vers la fiction et le cinéma narratif. Son court métrage If I Go Will They Miss Me est présenté au Festival de Sundance en 2022, où il reçoit le Prix du jury du court métrage américain. Le film, centré sur un jeune homme confronté au deuil, aux blessures familiales et à une tentative de reconstruction, affirme une écriture sensible, attentive aux silences, aux corps et aux fragilités de ses personnages.
Le projet est ensuite développé en long métrage. Walter Thompson-Hernández réalise par ailleurs plusieurs œuvres audiovisuelles, dont Pipas, remarqué au Festival de Tribeca, ainsi que le documentaire Untold: Shooting Guards, consacré à l'affaire impliquant les basketteurs Gilbert Arenas et Javaris Crittenton. Son travail de cinéaste aborde les liens entre violence, mémoire, masculinité, responsabilité et possibilité de réparation.
Une œuvre de transmission
À travers le journalisme, le livre, le podcast et le cinéma, Walter Thompson-Hernández construit une œuvre transversale consacrée aux récits que l'Amérique laisse trop souvent à sa périphérie. Son approche repose sur la durée de l'enquête, la proximité avec les personnes filmées ou interrogées et la volonté de faire émerger des formes de dignité là où le regard public ne perçoit souvent que le manque ou la marginalité.
Ses récits interrogent la notion d'appartenance : appartenir à une ville, à une famille, à une communauté raciale ou culturelle, mais aussi inventer sa place dans une société qui assigne fréquemment les individus à des identités figées. En mettant au centre des personnages noirs, latinos et afro-latinos, il participe à renouveler les représentations de Los Angeles et, plus largement, des États-Unis contemporains.
Formation et parcours initial
Élevé entre Huntington Park et Venice, à Los Angeles, Walter Thompson-Hernández grandit dans un environnement multiculturel qui nourrit durablement son regard. Il pratique d'abord le basket-ball à haut niveau : après ses études à l'Université de Portland, où il joue dans l'équipe universitaire, il évolue professionnellement en Amérique latine. Cette expérience, ainsi que sa maîtrise de l'espagnol, approfondit son rapport aux circulations culturelles entre les États-Unis et le monde latino-américain.
Il poursuit ensuite un master en études latino-américaines à l'université Stanford. Il intègre également, pendant une année, le programme de doctorat en études chicanas de l'Université de Californie à Los Angeles (UCLA), avant de s'orienter vers le journalisme. Son parcours, à la croisée du sport, de la recherche universitaire et de l'enquête de terrain, façonne une méthode narrative fondée sur l'immersion, l'écoute et la restitution de paroles rarement mises en avant dans les médias dominants.
Journalisme et récits de communautés
Walter Thompson-Hernández se fait connaître comme journaliste multimédia et reporter spécialisé dans les sous-cultures contemporaines. Il travaille notamment pour The New York Times, d'abord au sein de l'équipe vidéo et multimédia "Surfacing", puis comme journaliste et animateur de formats consacrés aux cultures marginalisées ou peu représentées. Ses reportages l'amènent à travailler aux États-Unis comme dans de nombreux pays, avec une attention particulière aux expériences noires, latines, diasporiques et populaires.
Il publie également dans plusieurs médias américains et internationaux, parmi lesquels NPR, The Guardian, Remezcla et Fusion. Ses sujets couvrent des réalités très diverses : cultures chicanas au Japon, scènes artistiques et musicales, pratiques sportives, communautés urbaines de Los Angeles, identités afro-latines et imaginaires alternatifs de la Californie.
Son travail journalistique se distingue par un refus des représentations simplificatrices. Plutôt que de traiter ses sujets comme des curiosités sociales, il cherche à restituer la complexité des trajectoires individuelles et collectives, en articulant les questions de classe, de race, de territoire, de filiation et d'appartenance.
The Compton Cowboys
En 2020, il publie The Compton Cowboys: The New Generation of Cowboys in America's Urban Heartland. Cet ouvrage est issu d'une longue immersion auprès des membres de la Compton Cowboys, un collectif lié à un ranch de Compton et héritier de traditions équestres noires américaines souvent absentes des récits dominants sur le western et l'histoire des États-Unis.
Le livre décrit la manière dont le rapport aux chevaux, au ranch et à la transmission intergénérationnelle peut devenir un instrument de reconstruction personnelle et collective dans une ville régulièrement réduite, dans l'imaginaire médiatique, aux gangs, à la pauvreté et à la violence. Walter Thompson-Hernández y explore les liens entre trauma, masculinité, famille, mémoire afro-américaine et résistance communautaire. Il met en lumière une culture urbaine du cheval qui contredit l'idée selon laquelle le cowboy serait nécessairement blanc, rural et associé à l'Ouest mythifié par Hollywood.
L'ouvrage contribue à faire connaître largement les Compton Cowboys et participe à une relecture de l'histoire noire de l'Ouest américain. Il affirme aussi la place de Los Angeles comme territoire de récits multiples, traversé par des héritages mexicains, afro-américains, chicanos et migratoires.
Podcast et cinéma
Walter Thompson-Hernández poursuit ce travail de récits à travers le podcast California Love, conçu comme une anthologie sonore de voix et d'expériences californiennes. Il y privilégie des récits à la première personne, souvent portés par des habitants dont les histoires échappent aux représentations habituelles de Los Angeles et de la Californie. Le podcast prolonge son intérêt pour les communautés noires et brunes, les territoires populaires, les trajectoires intimes et les formes locales de création.
Son passage à la réalisation s'inscrit dans la continuité de son activité de journaliste multimédia. Après avoir écrit, produit et réalisé des contenus documentaires pour la presse, il se tourne vers la fiction et le cinéma narratif. Son court métrage If I Go Will They Miss Me est présenté au Festival de Sundance en 2022, où il reçoit le Prix du jury du court métrage américain. Le film, centré sur un jeune homme confronté au deuil, aux blessures familiales et à une tentative de reconstruction, affirme une écriture sensible, attentive aux silences, aux corps et aux fragilités de ses personnages.
Le projet est ensuite développé en long métrage. Walter Thompson-Hernández réalise par ailleurs plusieurs œuvres audiovisuelles, dont Pipas, remarqué au Festival de Tribeca, ainsi que le documentaire Untold: Shooting Guards, consacré à l'affaire impliquant les basketteurs Gilbert Arenas et Javaris Crittenton. Son travail de cinéaste aborde les liens entre violence, mémoire, masculinité, responsabilité et possibilité de réparation.
Une œuvre de transmission
À travers le journalisme, le livre, le podcast et le cinéma, Walter Thompson-Hernández construit une œuvre transversale consacrée aux récits que l'Amérique laisse trop souvent à sa périphérie. Son approche repose sur la durée de l'enquête, la proximité avec les personnes filmées ou interrogées et la volonté de faire émerger des formes de dignité là où le regard public ne perçoit souvent que le manque ou la marginalité.
Ses récits interrogent la notion d'appartenance : appartenir à une ville, à une famille, à une communauté raciale ou culturelle, mais aussi inventer sa place dans une société qui assigne fréquemment les individus à des identités figées. En mettant au centre des personnages noirs, latinos et afro-latinos, il participe à renouveler les représentations de Los Angeles et, plus largement, des États-Unis contemporains.
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