Fiche Personne
Plasticien/ne

Diagne Chanel

Sénégal

Français

Plasticienne, pétrie de sa double culture franco-sénégalaise, Diagne Chanel construit, depuis une vingtaine d’années, une ?uvre monumentale, qui évolue avec ses voyages ? l’Italie et le Sénégal où elle a vécu ? et de ses engagements. Illustratrice de Miriam, Mafou métisse1, un livre pour enfants sur le métissage, elle parle sans détours de son rapport au milieu artistique et de son expérience personnelle du métissage qui est au c?ur même de son ?uvre récente.
Diplômée des écoles nationales supérieures des Arts appliqués et des Arts décoratifs de Paris, lauréate de l’Institut de France, Diagne Chanel obtient une bourse d’étude, en 1980, et part en Italie poursuivre ses recherches. Elle aime peindre sur toile et papier pour leur noblesse, mais aussi sur le bois de récupération et le carton d’emballage pour leur vécu et leur patine naturelle. Elle réalise des sculptures en terre cuite ou en bronze. Par son travail, elle signe son engagement, depuis de nombreuses années, pour la défense des droits de l’homme.
« J’ai découvert, il y a une vingtaine d’années, que l’esclavage des Noirs de Mauritanie était toujours effectif. J’ai rencontré une situation encore plus terrible au Soudan : l’esclavage associé à un génocide au Sud-Soudan. J’ai décidé de m’investir avec mes moyens, c’est-à-dire ma peinture. En 1991, à Paris, j’ai intitulé ma première exposition sur ce thème « Une saison au Sud-Soudan ». A travers ma peinture, j’ai voulu attirer l’attention sur les massacres ou génocides et retransmettre certains axes de la répression à l’encontre des populations négro-africaines : l’agression physique, avec la représentations de corps mutilés ou violés, l’exploitation de l’enfant, et aussi la volonté de destruction de la culture négro-africaine. » Cependant, dans le travail de Maryam, même s’il exprime la douleur et la souffrance, il y a toujours quelque chose de lumineux, de l’espoir ! (Lydia Diakhaté)