Fiche Personne
Musique

Hajja Hamdaouia

Chanteur/euse
Maroc

Français

Parmi les cinq femmes honorées par le trophée Khmissa 2005, Hajja Hamdaouia suscite une émotion particulière. Star tombée dans l’oubli, elle a largement contribué au succès de la chanson populaire.

Parmi les cinq femmes honorées par le trophée Khmissa 2005, Hajja Hamdaouia suscite une émotion particulière. Star tombée dans l’oubli, elle a largement contribué au succès de la chanson populaire.

La diva et le tambourin

Loubna Bernichi

Hajja Hamdaouia. Une rumeur lui a été fatale.

Hajja Hamdaouia n’a rien perdu de sa jeunesse. Les cheveux coiffés en chignon, des boucles d’oreilles de fantaisie cadrent son visage net et légèrement maquillé, une djellaba noire ample cache sa taille mince et élancée. Assise en retrait dans le hall de l’hôtel Es-Saidi à Marrakech, elle regarde avec attention défiler les stars égyptiennes Leila Eloui, Farouk Fichaoui, Ahmed Ezz, entourés de leurs fans. Dans ses yeux, cachés par de grosses lunettes de vue, il y a de la nostalgie. Il fut un temps où juste son apparition sur le petit écran déchaînait les foules. Aujourd’hui, si elle ne déclenche plus des émeutes, elle impose le respect et l’admiration.
Dans les années cinquante, du temps où le chant de la Aïta Marsawiya est plus associé au divertissement et à l’érotisme, Hajja Hamdaouia en a fait un art. Un genre musical à part. Elle est la première dame à l’avoir modernisé. Elle introduit un véritable orchestre fait de saxophone, orgue, guitare qui viennent s’ajouter au violon et au tambourin. Ses succès « Daba Yji », « Jiti majiti », « Dada ou hiyani », « Mal hbibi’liya » ont marqué la mémoire de plusieurs générations. Ces classiques sont, actuellement, repris par les plus célèbres chanteurs populaires marocains.

L’appellation Hajja, elle l’a eue après son premier pèlerinage à La Mecque, en 1957. Ses compagnons de voyage se rappelleront d’elle comme d’une fêtarde qui n’hésitait pas à sortir son tambourin pour adoucir les longues nuits sur le quai du bateau. Les années soixante-dix sont celles de sa gloire. À l’hôtel Hassan, à Rabat, ses soirées affichaient complet deux jours à l’avance. Et, il n’y avait que du beau monde.
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