Salon de la Plume noire : un envol à prendre

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Le 3e Salon de la Plume noire qui représente un espace de rencontre et de diffusion inestimable pour les littératures francophones d’Afrique noire, de l’Océan indien, des Caraïbes et du Pacifique s’est tenu, cette année, les 11 et 12 octobre, à la Défense à Paris et a aspiré de nombreux visiteurs dans les hauteurs vertigineuses de la Grande Arche. Articulé autour d’un hommage à l’auteur malgache Jacques Rabemanajara, cette troisième édition a sans doute eu le mérite d’avoir mieux fait connaître son oeuvre et les écritures malgaches d’aujourd’hui. Une programmation cinématographique de qualité, deux expositions fort intéressantes, la présence également de jeunes écrivains et d’auteurs particulièrement impliqués dans l’actualité littéraire ont témoigné avec enthousiasme de la vitalité de la Création noire.
Cependant si l’on doit saluer l’énergie déployée par Dominique Loubao et sa complice Elisabeth Collon pour mettre en oeuvre un salon de prestige dans un lieu aussi étonnant que Le Toit de la Grande Arche, il est dommage de constater que les espaces de réflexion n’aient pas toujours été à la hauteur des sphères aériennes où nous avait entraîné la manifestation. Certes la création littéraire du monde noir a besoin d’une vitrine, mais elle a aussi besoin de reconnaissance intellectuelle et de débats qui valorisent ses enjeux et les impose comme partie prenante des problématiques de l’écriture contemporaine. C’est à ce prix qu’un tel salon, qui a un vrai défi à relever, pourra faire sa réputation.
Il n’est plus admissible aujourd’hui d’organiser des tables rondes consacrées à la littérature ou au théâtre du monde noir sans circonscrire au préalable de véritables sujets. Comment peut-on par exemple réunir autour d’une table des dramaturges aussi différents que Kossi Efoui (Togo), Koulsy Lamko (Tchad), Jean-Camille Sormain (France), Boris Diop (Sénégal) pour simplement constater l’émergence d’un théâtre noir, ou d’un théâtre africain ? On ose espérer que les écritures contemporaines du monde noir ont dépassé cette question, elles n’en sont plus à revendiquer leur existence, mais à affirmer leur pluralité et leur engagement dans une recherche dramaturgique en dehors de tout ghetto racial ou culturel.
Souhaitons que l’an prochain La Plume noire gardera élégance et dynamisme, mais saura voler un peu plus haut…

///Article N° : 219

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