Souffle, poésie, souffle

Lire hors-ligne :

« Que peut la poésie ? », s’interrogeait déjà Africultures en 2000(1).Quinze ans plus tard, votre magazine Afriscope renouvelle la question, faisant également écho au poète Hölderlin qui, au XIXe siècle, demandait : « À quoi bon la poésie en temps siècle, demandait : « À quoi bon la poésie en temps de détresse ? » « L’insurrection » répond cette 17e édition du Printemps des poètes.
L’insurrection, l’insoumission, la révolte, la faim furieuse du bonheur sont aussi les invitées de ce numéro spécial « poésie ». Par les mots, les images, les jeux de langues, elle permet au minimum « une insurrection de la conscience » selon l’éditeur et poète Bruno Doucey. « La poésie, c’est le refus radical d’une pensée unique, normative, réductrice », en opposition alors aux crispations, aux replis, aux rejets et aux fixations que les temps actuels pourraient attiser. Faire un pas de côté, « se reconnecter à l’essentiel et aux autres », affirme Kaddour Haddadi, en Une de ce numéro. À ses côtés, Julien Delmaire, Silex, et Kalimat. Tous, à partir de ce qu’ils sont, écrivent, disent, chantent ou performent leurs mots, pour les offrir, en résonance avec le monde. Loin de tout radicalisme et tout autre -ismes qui excluent ou déshumanisent, ils créent, inventent, « défrichent de nouveaux sentiers », bousculent, bouleversent…en poésie ! Avec des mots « insouciamment importants », glisse le conteur Kamel Zouaoui.
Car les artistes de ces pages ne sont pas coupés du monde, ils nous proposent plutôt de le regarder autrement. Ils accompagnent, portent les combats de notre temps. « La poésie sublime quoiqu’elle effleure », « témoigne du monde », « invite à « agir dans nos lieux » ainsi que peuvent l’exprimer Tanella Boni, Célia Elamè, Denis Pourawa, Yvon Le Men, Rohan Houssein et Marc Alexandre Oho Bambe, dont les voix se mêlent et les mots s’enlianent pour accoucher du manifeste de ce numéro spécial. « Souffle poésie, Souffle des mots vivants, vibrants, mots disant le passé omniprésent, mots tissant le futur, (…) mots qui pansent nos plaies et repensent le monde. » C’est ce chemin que tracent aussi l’Association des étudiants africains de la Sorbonne avec le prix Césaire et le collectif Shime à Mayotte. La poésie comme pont pour faire histoire, mémoire et valoriser des pans d’identité collective méconnus. Les mots de Césaire se ressentent à chaque page de ce numéro : « Nous sommes de ceux qui disent non à l’ombre. Nous savons que le salut du monde vient de nous aussi ». Et cette aventure poétique continue sur le web. Pour la troisième année,africultures.com accueille les poésies du monde entier, en texte et en sons. Souffle poésie souffle…

///Article N° : 12816

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Laisser un commentaire