Fiche Structure
Films Grain de Sable, Les
Adresse : 206 rue de Charenton 75012 PARIS
Pays concerné : France
Téléphone(s) : +33 1 43 44 16 72

Français

Fondé par Jean-Michel Carré et Serge Poljinsky – bientôt rejoints par Yann Le Masson – à la suite de leur festival « Festival du film censuré », Les Films Grain de Sable, sur la base de principes maoïstes, se consacrent d’abord à une vaste critique de ce que Michel Foucault nommait « les milieux d’enfermement » : écoles, hôpitaux, usines et bien sûr prisons. Une telle plate-forme ne se dissocie pas des luttes internationales, et Les Films Grain de Sable se consacrent aussi à la distribution d’œuvres consacrées à l’Apartheid, à la révolution des œillets, à la violence économique japonaise, aux conflits du Moyen-Orient.
Comme l’explique Jean-Michel Carré : « Nous avons toujours privilégié le travail de fond sur la durée, et c’est encore le cas aujourd’hui. A l’époque, nous appliquions les principes maoïstes du centralisme démocratique et le cheminement dialectique ‘pratique-théorie-pratique’ : aller sur le terrain, tourner, prendre l’avis d’intellectuels et de chercheurs sur notre travail, puis repartir vers le terrain. Le cinéma nous paraissait être l’art le plus adéquat pour l’activisme politique. Nous avions, au sein du groupe, chacun un diplôme de prise de vue, de montage ou de réalisation (obtenu à l’Idhec), ce qui nous permettait une rotation des tâches, qui désacralisait le rôle du metteur en scène. »
On constate, bien loin de les entraver, qu’une telle désacralisation favorise les initiatives formelles : sur un mode auteuriste comme en témoigne l’œuvre de ces grands stylistes que sont Yann Le Masson, Omar Amiralay, ou sur le mode des films « collectivistes » comme « J’ai huit ans », « Regarde, elle a les yeux grands ouverts » ou « Le ghetto expérimental ».

Nicole Brenez


« Le véritable travail du documentariste est de témoigner de la place de l’homme dans le système, celui qu’il s’impose comme celui qu’il invente. J’ai toujours été préoccupé par ceux qui, mus par la volonté de changer les relations humaines, s’investissent dans la sphère sociale et politique. Je ne cède pas à l’aigreur des fins de partie, mais questionne encore les initiatives nouvelles, les différentes façons de vivre avec l’autre, de construire la collectivité et de bâtir un avenir différent. L’expérience de la collectivité se fait sur tous les plans. Mes films sont construits avec les acteurs de ces aventures et autour des initiatives qu’ils tentent de mettre en place ; que ce soit dans le domaine de l’éducation, de la mondialisation ou bien encore de la maladie mentale. Le film lui-même devient alors une expérience collective humaine. »

Jean-Michel Carré