Fiche Structure
BlonBa
Entreprise malienne de production artistique et d’action culturelle.
Adresse : Faladié, Avenue de l’OUA Place BLONBA Bamako
Pays concerné : Mali
Téléphone(s) : + 223 66 73 65 49

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BlonBa, structure malienne de création artistique et d’action culturelle, est créée à Bamako en 1998. Il s’agit, conjoncturellement, de capitaliser le succès recueilli par l’Antigone du Mandéka Théâtre (adaptation de Jean-Louis Sagot-Duvauroux avec Habib Dembélé, mise en scène de Sotigui Kouyaté) et de lui donner un ancrage malien durable.

Dirigée par Alioune Ifra Ndiaye, réalisateur de télévision alors âgé de 27 ans, BlonBa se donne pour visée l’autonomie de création et de production. Ses protagonistes veulent ouvrir une issue à une vie artistique malienne partagée entre un secteur classique toujours vivant, mais sclérosé par sa coupure d’avec le reste du monde, un secteur « international » profondément excentré dans ses financements comme dans ses critères artistiques, l’emprise de plus en plus forte des standards marchands dans l’unique secteur guigné par les industries culturelles : la musique.

Le projet doit en outre encaisser les effets culturels du découragement et de la dépression éthique qui accompagnent le sentiment que toute perspective collective est bouchée, une maladie planétaire particulièrement aiguë en Afrique.


Trois principes guident l’action de BlonBa.

D’abord, BlonBa s’efforce de construire l’autonomie de production, indispensable à la mise en place d’une force de proposition artistique libre de ses choix. La structure choisit de se financer en priorité sur le « marché » du théâtre : billetterie au Mali, réseau des salles et institutions en Europe. Son premier spectacle, « Le Retour de Bougouniéré » (130 représentations, dont une quarantaine au Mali), ne bénéficie, pour financer sa création, que d’un pré-achat du Forum culturel du Blanc-Mesnil et du Centre culturel français de Bamako,, ainsi que de billets d’avion pour les comédiens (Agence de la francophonie). La multiplicité des partenaires, des relations fondées sur l’économie normale du spectacle ouvrent la perspective de créations régulières.

Deuxième priorité, s’inscrire vraiment dans les lignées artistiques du Mali. « Le Retour de Bougouniéré » reprend les personnages d’une pièce qui a marqué le renouveau du kotèba dans les années 1980 et réunit des comédiens très populaires de la scène bamakoise. Le spectacle inaugure un travail de jonction entre une forme classique malienne de représentation et le théâtre « international », travail qui va se poursuivre avec la création de « Ségou fassa », inspiré du maana, la grande récitation publique des griots ou des chasseurs-donsow, puis avec « Bougouniéré invite à dîner », qui tente un nouveau pas dans le travail sur le kotèba. Cette volonté s’accompagne d’une large ouverture à l’échange avec les autres lignées artistiques. Elle s’enrichit du concours de créateurs venus d’ailleurs, qui choisissent de s’inscrire dans ces perspectives.

Enfin, BlonBa se construit comme une entreprise culturelle durable et travaille à l’élargissement des activités, donc des revenus et des compétences, sur d’autres secteurs comme l’audiovisuel, l’action culturelle et même la communication. Dans la dernière période, les concepts proposés par Alioune Ifra Ndiaye et BlonBa ont marqué l’actualité audiovisuelle malienne, avec notamment la série de sensibilisation à la vie civique Fatobougou et « Le Blon du court-métrage », concours d’initiation à la réalisation de fictions audiovisuelles. BlonBa assure la logistique d’événements internationaux se déroulant au Mali (Ruche Soni Labou Tamsi, Contours des rencontres photographiques de Bamako, environnement culturel de la Coupe d’Afrique des Nations…) Une quinzaine de professionnels vivent de ces différentes activités.

Une salle de spectacle et un centre de création

L’ouverture prochaine par BlonBa d’une salle de spectacle et d’un centre de création dans la capitale malienne, ainsi que la mise en place d’une équipe technique de qualité constituent une nouvelle étape de cette aventure.

Kotèba : Le kotèba est une mise en représentation ritualisée des tares de la société et de ceux qui la constituent. Les kotèden, qui joue cette représentation, travaillent sur l’adresse au public, le burlesque et la critique sociale.Dans les années 1980, des artistes bamakois ont adapté le kotèba de village à la scène et aux réalités de la grande ville. Plusieurs des comédiens de BlonBa comptent parmi les initiateurs de cette évolution.

Maana : Le maana est la grande récitation publique telle que la pratiquent les griots ou les chasseurs-donsow. Epopées, contes, leçons de sagesse en sont les différents genres. Le maana se développe dans une stylistique, un rapport au public et une implication du récitant que BlonBa souhaite enrichir et prolonger.