Thiaroye

D'El Hadj N'diaye

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La voix inspirée, la guitare fiévreuse, El Hadj enchaîne les strophes déchirantes d’une ballade alerte dédiée aux jeunes de Thiaroye, que la débrouille au quotidien pousse au désespoir ou au départ vers l’inconnu : c’est le pays de l’homme blanc, pays rêvé, pays lointain, où ses frères endurent sous des cieux brumeux les errances douloureuses des sans papiers et sans domicile. Ailleurs, des arpèges délicats nous introduisent aux tons plaintifs de la mélopée : bourrée d’accents nostalgiques, la chanson (Li Yëngu) célèbre sur un tempo vif la fierté et la dignité anciennes du Ceddo. Dans Siggi (Relève la tête, en wolof), ce sont « les cris étouffés emmurés de silence » des petits vendeurs à la sauvette qui se joignent à l’anathème contre les abus de la Banque Mondiale… Les textes puisent dans l’actualité aussi bien que dans la littérature orale sénégalaise et, si la musique n’est pas dans la plus pure tradition, ce jeune auteur compositeur de Dakar nous livre un chant pétri de poésie où les mots et les mélodies, issues de son ventre, sont d’une authenticité vibrante.

Thiaroye, d’El Hadj N’diaye (Siggi Musique. Night & Day)///Article N° : 310

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