2 Fast 2 Furious de John Singleton et Biker Boyz de Reggie Rock Bythewood (USA)

Vroum Vroum

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Pour ceux qui croyaient que le « biker movie » était mort dans les années 50, 2003 leur réserve des surprises. Cette année semble bien partie pour être celle des grosses mécaniques. Biker Boyz fait un petit tour du côté des clubs de motos californiens et de toute la culture qui l’accompagne. Le père de Kid est le meilleur ami de Smoke, champion de Californie et président des « Black Knights ». A la mort de son père percuté par un motard qui tentait de battre Smoke, Kid décide de créer son propre club, les « Biker Boyz ». Ils sont plus jeunes, plus audacieux et plus multi-ethniques que leurs aînés qui les traitent de « club Benetton ». En comparaison, 2 Fast 2 Furious est certainement plus speed et plus violent. Le film reprend la formule de Rob Cohen, The Fast and the Furious (2001), mais sans Vin Diesel ni Michelle Rodriguez. Le numéro 1 manquait sérieusement de scénario et se rattrapait tant bien que mal sur les scènes de courses automobiles. Le numéro 2 offre une suite particulièrement improbable au niveau du scénario, ce qui n’a plus aucune importance puisqu’il s’agit essentiellement d’un enchaînement d’acrobaties à 200 à l’heure. Aux sièges sur ressorts près, on se croirait en pleine foire du trône, la musique et les filles en maillot de bain en plus. C’est un aspect que Biker Boyz avait à peu près évité : on ne va pas s’offenser de ce que la seule femme membre des « Black Knights » s’appelle Half-and-Half, moitié homme moitié femme puisqu’elle est lesbienne – au moins elle est là, superbe et compétente ; quant aux autres femmes du film, elles ne se laissent pas trop marcher sur les pieds. En revanche, 2 Fast 2 Furious est digne des meilleurs clips vidéos des rappeurs en vogue, et à l’image du reste du film les femmes ne sont là que pour faire baver les ados, accessoires nécessaires à ces voitures qui ont elles aussi fait l’objet de sérieuses modifications esthétiques.
Alors finalement, quel rapport entre Biker Boyz et 2 Fast 2 Furious ? Peu, à part les moteurs. Le premier n’a pas rapporté la moitié de son budget, le deuxième l’a déjà doublé en 15 jours. Les fans de gros calibres peuvent aller voir les deux, les autres peuvent sans doute s’en passer, même si Biker Boyz a bien plus à offrir que ses scènes de cascades à grande vitesse. Laurence Fishburne en cowboy moderne a trouvé un rôle que, de toute évidence, il adore. On peut prédire aussi sans prendre de grand risque que Derek Luke (Antwone Fisher) va devenir un très grand acteur et c’est toujours sympa de voir Djimoun Hounsou (Amistad) que le cinéma français continue de délaisser complètement.
Il reste un point commun à ces deux films : ils sont réalisés par des Afro-américains. Reggie Rock Bythewood a fait un film dont la plupart des personnages principaux sont noirs et ont une vie multidimensionnelle, des parents, des amis, des copines qu’ils ne traitent pas comme des pots de fleur. Le film a été écrit, produit et réalisé par une équipe composée essentiellement d’Afro-américains et de Latinos, y compris plusieurs femmes. 2 Fast 2 Furious, qui est pour le coup une véritable pub pour Benetton à l’écran ne l’est pas de l’autre côté de la caméra, et il semble bien que comme pour Matrix, sa réussite tienne en partie de l’attribution du rôle principal au petit blanc qui a la plus belle gueule. Il rentre néanmoins dans l’histoire du cinéma comme le film afro-américain ayant généré le plus de dollars lors de sa sortie. Malheureusement, il pourrait également concourir pour le prix du film le plus insipide. Comme le clame les pubs pour le film aux US : « c’est le film de l’été – une heure et demi de divertissement total dont vous aurez tout oublié un quart d’heure après avoir quitté le cinéma. » Sans doute cela vaut-il mieux, surtout s’ils espèrent faire aussi bien avec le numéro 3.

Biker Boyz (2003). Réalisé par Reggie Rock Bythewood. Avec Laurence Fishburne (Smoke), Derek Luke (Kid), Orlando Jones (Soul Train), Djimon Hounsou (Motherland), Lisa Bonet (Queenie). Directeur de la photographie: Greg Gardiner. Une production 3 Art Entertainments pour Dreamworks.
2 Fast 2 Furious (2003). Réalisé par John Singleton. Avec Paul Walker (Brian O’Connor), Tyrese (Roman Pearce), Eva Mendes (Monica Fuentes), Cole Hauser (Carter Verone). Directeur de la photographie: Matthew F. Leonetti. Une production Universal Pictures.///Article N° : 2927

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