« À défaut de justice, il est nécessaire de donner un minimum de mémoire à une époque que beaucoup aimeraient oublier. »

Entretien de Marian Nur Goni avec Omar D

Juillet 2008
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Après s’être fait remarquer par ses photographies sur le quotidien de ses compatriotes, dont il a transmis la souffrance mais aussi l’espoir et la dignité, le photographe algérien Omar D, revient, dans un livre poignant (1), sur les violences qui ont secoué l’Algérie au début des années quatre-vingt-dix.

Pouvez-vous nous parler de l’origine de ce travail et surtout de la façon dont vous vous y êtes pris pour constituer cette… œuvre (mais peut-être que ce mot n’est pas tout à fait juste) bouleversante qu’est « Devoir de mémoire » / A biography of disappearance. Algérie 1992 (1) ?
J’ai, très tôt, pris conscience, vivant dans un pays en crise perpétuelle, d’être non pas un citoyen – puisque je ne participais jamais à aucune vie sociale, à un quelconque vote – mais un simple témoin, un observateur curieux face à un système de déculturation dans un pays nouvellement indépendant. J’étais un « border line ». J’avais appris l’importance des valeurs de liberté et de justice à la suite d’une arrestation au cours d’une manifestation d’étudiants, alors que je prenais des photos. La relation entre l’armée qui incarne l’État et celui qui se met à son service, c’est-à-dire le citoyen, est une relation de maître à esclave. Je découvrais le rôle et l’importance de la photographie face à cette situation, ainsi que toute la démagogie d’une dictature folklorique, sauf que la violence, elle, était réelle. Je décidais d’être un témoin de cette histoire, pour donner une image différente de celle du pouvoir et ainsi je me mettais en réalité, définitivement, en marge de la société : forme de thérapie proche de la schizophrénie, salutaire dans ce genre de dictature pour celui qui veut garder une intégrité intellectuelle et morale. Pendant la guerre civile des années 90, si on n’était pas affilié à la presse officielle, photographier devenait un geste suicidaire, et il serait indécent de croire à une quelconque liberté de presse. Tout était manipulé. On sait, avec le temps, qu’un service de presse militaire transmettait les instructions à certains journalistes qui devaient véhiculer l’information « officielle ». Nos journalistes ont été la honte de cette décennie et il serait temps de mettre au grand jour l’histoire réelle du journalisme algérien ainsi que les collaborateurs français qui ont relayé une information tronquée pour donner à cette histoire la version désirée, avec les conséquences que l’on connaît. Beaucoup de journalistes, d’éditeurs d’intellectuels et politiciens comme Bernard Henri Lévy, Glucksmann, Simone Veil et autres naïfs, ont marché dans cette combine. Force est de reconnaître le pouvoir de manipulation des assassins, formés assurément par des professionnels sans états d’âme, et qui ont été à la source de cette tragédie. Cependant il faudra rendre hommage à certains intellectuels français et algériens qui ont, très tôt, dénoncé ces manœuvres.
En réalité, ce livre est l’aboutissement d’une série de rencontres. C’est à la suite d’une entrevue avec l’éditeur Robert Delpire, qui mettait sous presse le livre de Von Graffienreld, Une guerre sans images, dont il était l’éditeur et à qui j’expliquais la manipulation dont a été victime le photographe (neveu de l’ambassadeur suisse à Alger), que j’avais décidé de répondre par un livre sur ma vision de cette guerre qui a fait 200 000 morts et plus de 10 000 disparus.
Von Graffenreld maintenant reconnaît la manipulation dont il a été l’objet, mais ne se gêne pas, comble de la perfidie, de continuer à préférer sa version complètement erronée, dictée par les généraux algériens, et à qui il doit sa notoriété.
Il est des jours où l’éthique, cédant le pas à la vulgarité, peut donner à réfléchir sur le sens, que lèguent certains esprits malhonnêtes à l’histoire de notre temps.
Ma décision de témoigner, à ma manière, c’est-à-dire sans images de violence, juste avec la puissance et l’éthique d’un visage, d’un intérieur ou d’un paysage, a été prise à la suite d’une rencontre avec un responsable de la ligue indépendante des droits de l’homme et la responsable de l’association des disparus en Algérie (CFDA) qui m’ouvrait les dossiers de disparus qu’elle avait pu réunir.
Quant à l’édition, j’ai préféré un éditeur autre que français pour éviter toute mauvaise interprétation et Autograph à Londres a pris ce risque. Le sujet, ne relevant pas du domaine de la photographie seule, ni d’un pays particulier – puisque le phénomène de la disparition forcée s’avère être une forme banale de défense pour tout état, même démocratique, désirant réprimer une opposition gênante -, nous est apparu intéressant pour dénoncer ces pratiques d’un autre âge.
En outre, il existe un vide esthétique face aux graves événements d’une telle importance, je me suis toujours posé la question de savoir quelles traces laisseront les artistes algériens et leur engagement. Ont-ils décidé de détourner leur regard de l’horreur ? Il est indéniable que l’absence dans le champ artistique de cette tragique réalité, que le pouvoir en place aimerait récupérer, m’a de suite interpellé pour m’exprimer sur une réalité impossible à ignorer.
Comment avez-vous travaillé avec les familles et sur les lieux où toutes ces personnes ont vécu ? Comment avez-vous fait face, photographiquement parlant, à cette expérience inouïe qu’est la disparition forcée de milliers de personnes en la touchant de près ?
En Algérie, il n’est pas question de demander une autorisation quelconque. J’ai toujours travaillé sans autorisation en sachant les risques que j’encourrais mais c’était ça ou rien. Je suis entré en contact avec l’association « SOS disparus » à Alger par un membre de la ligue des droits de l’homme. Je savais que les responsables de l’association étaient crédibles et qu’ils étaient très proches de cette ligue dont les membres fondateurs ont toujours été dans l’opposition démocratique. À partir de là, nous avons pu revoir tous les dossiers pour choisir les personnes qui présentaient une histoire intéressante et dont la famille serait d’accord pour la publication des photos dans le livre. Nous avons pris contact avec les premières familles et à mon grand étonnement ce sont elles qui m’ont encouragé à faire ce travail. Personne ne pensait qu’on irait jusqu’au bout. Plusieurs journalistes étaient passés mais cela finissait par un article qui passait souvent inaperçu et ne faisait réagir aucune autorité. Désabusées, toutes les familles pensaient que ce projet n’aboutirait pas. En fait, ce qui était différent, c’était de faire un livre édité par un éditeur anglais sérieux, en l’occurrence les éditions « Autograph », car tout le monde savait que la France cautionnait ce système ou du moins fermait les yeux sur les exactions des militaires et aucun éditeur en France n’aurait pris le risque de travailler sur un sujet pareil, du moins à l’heure actuelle. Pour les encourager à nous aider, nous leur montrions le travail antécédent que j’avais réalisé sur l’Irak ainsi que les articles concernant mes différentes expositions. Ils comprenaient que l’entreprise n’était pas sans danger mais qu’un livre qui servirait à immortaliser leur histoire que le pouvoir voulait effacer, serait la consécration de leur long et difficile combat pour la vérité. Ce combat était quotidien et chaque mercredi, cette association, à l’instar des femmes de la place de Mai au Chili, manifestait et continue à ce jour de manifester devant la ligue « officielle » des droits de l’homme, une ligue en somme à la solde du pouvoir, mise en place surtout pour donner une certaine image des droits de l’homme à l’opinion internationale.
Toutes les familles que j’ai rencontrées ont accepté de parler, sans exception. J’ai pu ainsi avoir accès à leur maison et à leurs intimes confidences, terribles témoignages de ces nuits où des hommes arrachaient un être cher à sa maison, avec la violence qui caractérise ces actions, pour l’emmener vers des lieux à jamais inconnus. Gravées pour toujours dans ma mémoire, ces histoires qui continuent de hanter certaines de mes nuits sans sommeil, ces témoignages m’ont fait découvrir la face cachée de l’Homme quand il se déguise, la nuit, en meurtrier et revêt au matin l’habit de la justice. J’ai eu accès aux rares photographies défraîchies où je découvrais des êtres de tous âges, souriants, pendant ces moments de rares bonheurs, immortalisés par un appareil photo de fortune et que seule la photographie a la faculté de conserver. Et il faut découvrir comment ces gens tiennent à leurs petites photos et la peur de les perdre, derniers témoignages d’un être à jamais perdu. De ces rencontres, de ces êtres, je garderai le souvenir de moments très émouvants qui m’ont permis de continuer mon chemin et ce, grâce à la photographie. Il me venait en mémoire alors un texte de Levinas sur l’éthique du visage et le sentiment de dénuement et son extrême vulnérabilité qui nous prend en otage, et dont nous nous sentons responsables. C’est à partir de là que j’ai décidé d’opter pour une photographie de style documentaire chère à Walker Evans, contrairement à une photographie conceptuelle très en vogue actuellement dans le milieu de l’art contemporain et qui, après quelques essais à la chambre photographique, donnait au sujet une forme surréaliste contraire au côté « humaniste » de cette histoire.
J’ai photographié, pendant trois années, avec l’obsession de m’exprimer sur le thème de la disparition. Je n’ai eu, pendant tout ce temps que la volonté de traduire en image l’émotion que suscitait chacune de mes rencontres avec un parent de disparu. À chaque voyage, je redoutais l’instant où j’allais être confronté, non pas à une rencontre avec les bourreaux de cette tragédie mais à la découverte des nouvelles photographies que je ramenais dans mes bagages. Seule l’évocation d’une émotion, d’une sensation, d’une impression visuelle en rapport avec cet événement grave m’importait à chacun de mes tirages que je faisais dans la solitude la plus absolue. Je travaillais ainsi à la recherche du détail pouvant évoquer la mémoire de la victime et réveiller en moi l’émotion.
J’avais donc commencé avec la chambre photographique. Mais au premier contact avec les parents de disparus, je lisais l’inquiétude dans les regards car ces gens se sentaient toujours sous la menace d’une descente de police, qu’ils avaient déjà subie avec tout son lot de violence et d’humiliation. Ces gens me faisaient comprendre qu’il ne fallait pas tarder, car je leur faisais courir de graves dangers et que la situation ne s’était pas améliorée pour eux. Le moindre bruit suspect de la rue, une voiture qui s’arrêtait devant la maison ou une porte qui s’ouvrait nous donnaient le sentiment d’être à la merci d’une descente de police avec sa part de violence. Je me rendais compte que je me mettais aussi en danger et que le mieux pour aller au bout de mon travail était de faire vite mais sans bâcler. Le matériel trop lourd devait, par mesure de précaution, céder la place au format carré de mon vieil Hasselblad ainsi qu’au 24×36, plus discret, plus léger, facile à cacher au cas où…
Nous avons sillonné des milliers de kilomètres de routes, de jour comme de nuit, pour rencontrer, dans toutes les régions du pays, ces familles isolées à qui on ne donnait aucun renseignement sur le disparu, ces hommes et ces femmes ni morts ni vivants que le secret a engloutis, laissant dans une détresse que vous imaginez, de pauvres gens, le plus souvent sans ressources. De ces milliers de familles dans l’attente d’un être cher, je voulais marquer, par l’image, le témoignage traumatisant avant que le temps n’en efface – comme le souhaite le pouvoir en les abandonnant dans un ostracisme inhumain – toute trace compromettante pour écrire, comme il en a l’habitude, une histoire propre dans tous les sens du terme. Ainsi, à défaut de justice, il était nécessaire de donner un minimum de mémoire à une époque que beaucoup aimeraient oublier.
Avec les photographies d’identité et celles issues des albums de familles des personnes disparues, il y a aussi dans le livre vos propres photographies : pourquoi certaines photographies sont-elles en couleur et d’autres en noir et blanc ? Ce choix s’est-il fait de manière instinctive ou bien s’est-il construit avec la narration ? Les paysages, les intérieurs des maisons, les chambres vides, là où il n’y a pas de présence humaine, sont, le plus souvent, en noir et blanc, comme pour souligner un vide, un manque, de façon plus distanciée. En revanche l’utilisation de la couleur est plus récurrente (même si cela n’est pas systématique) lorsque des personnes se trouvent dans la composition…
La puissance de la photographie en noir et blanc reste inégalée pour des sujets « lourds » où l’émotion doit être mise en avant, devant toute superficialité et diversion que provoque la couleur. J’ai laissé libre cours aux émotions devant les lieux de mémoire où ont vécu les acteurs de cette tragédie ou des paysages dans la région avec tout ce qui peut donner un sens symbolique au sujet traité, toujours en gardant en mémoire toute l’autorité du processus historique propre au territoire de vie. Il s’agissait surtout de marquer symboliquement par un détail la marque qui rappelle l’historicité du lieu. Ainsi, il était important de dépasser l’expérience esthétique pour laisser transparaître toute l’expérience historique du document.
Quant à la couleur, elle a été réservée comme des instants de respiration, de vie, dans l’histoire photographique de ce livre afin que le lecteur ne soit pas pris dans une surcharge émotionnelle pouvant entraîner une lassitude certaine.
J’avais en tête les différentes formes esthétiques qui ont traité de la disparition comme objet central ou comme évènement contaminé par la disparition. Mais la question essentielle était celle du mode d’apparaître de l’évènement de la disparition grâce à ceux qui y ont survécu : les derniers témoins. Ainsi, photographies d’identité, photographies des lieux de mémoire et lettres des parents, servent à redonner vie, dans le milieu géographique et familial, à l’histoire d’une personnalité, qui, le plus souvent, était loin des réalités et des conséquences tragiques.
Parmi tous les visages émergeant de cette compilation déchirante de photographies d’identité qui ouvre le livre (et qui, page après page, donne toute l’étendue de cette tragédie), celui d’une seule femme apparaît. La dictature se montrait-elle plus clémente envers les femmes ?
Le grand dilemme dans les pays musulmans reste la place de la femme, considérée comme quantité négligeable pour une grande partie de la société civile. Bien sûr que personne n’a été épargné mais nous n’avons pas réussi, et c’est dommage, à obtenir des témoignages des parents de femmes disparues. Ceci étant, la liste n’est pas exhaustive et beaucoup de travail reste à faire car nombre de parents de disparus ignorent l’existence de cette association ou ne veulent pas se manifester par peur des représailles. Néanmoins je tiens à souligner que cette association est tenue essentiellement par des femmes et que ce sont uniquement des femmes, avec les photos de leur parent disparu, qui se réunissent chaque mercredi à Alger pour demander Vérité et Justice au pouvoir actuel. Vous me demandez si la dictature se montrait plus clémente avec les femmes, je vous répondrais, après avoir discuté avec beaucoup de parentes de disparus, que celles-ci ne le seront pas vis-à-vis des coupables et qu’elles sont à la recherche de leur parent quel que soit l’endroit où se trouve le disparu. Ces femmes mais aussi ces hommes font parfois des milliers de kilomètres quand une rumeur ou un témoin leur donnent le moindre espoir. Mais, souvent, les portes leur restent fermées ou alors, le cynisme et l’ironie sont au bout du chemin, comme le jour où le « président » Bouteflika n’a eu comme seule réponse à leur question : « mais où voulez qu’ils soient ? Ils ne sont pas dans ma poche ».
Quelle a été la réception de ce livre ? Est-il disponible en Algérie ? Il semblerait qu’il ait eu peu d’écho en France. Y a-t-il à votre avis des raisons à cela ?
En fait, depuis février 2007 il existe une loi qui condamne à une peine d’emprisonnement de trois à cinq années et 25000 à 50000 euros quiconque qui, par ses déclarations, ses écrits ou tout autre acte, utilise cette tragédie pour nuire à l’État, au risque de le « fragiliser ». Cette disposition prive les familles et les victimes du droit de protester ou de faire des commentaires critiques sur la conduite des forces étatiques. C’est pour cela qu’il serait vain de provoquer le pouvoir en distribuant le livre en Algérie. Par contre, la situation de sa non-distribution en France reste incompréhensible pour l’éditeur anglais qui a fait toutes les démarches nécessaires.
Étant donné la charge émotionnelle et politique de ce travail, comment en sort-on et sur quoi travaillez-vous actuellement ?
On en sort désabusé, vidé, démuni face à l’injustice. Transformé par certaines réactions de personnes que l’on croyait intègres, ainsi, ce rédacteur en chef d’un grand journal, qui, face aux photos des disparus, n’a rien trouvé de mieux à dire qu’il aurait voulu voir un autre genre de photos de la « belle » Algérie, des cartes postales, en quelque sorte. Ce genre de réaction est, il me semble, dicté par les nouvelles directives de la nouvelle politique française face à un pays qui échappe aux normes d’un pays normal, fourbu aux coups tordus, excellente réplique de l’ancien maître-colonisateur.
On se retrouve isolé, en perpétuel danger, à la limite de la paranoïa, face à un système terrible formaté aux régimes les plus répressifs.
Quelles ont été les incidences de cette expérience si sensible – centrée sur une question douloureuse, taboue même, sur votre écriture et votre démarche photographique ?
Depuis la parution du livre, je n’ai plus fait de photographies, ni d’expositions.
Peut-être est-il préférable de se taire lorsque l’on n’a plus rien à dire. Du moins c’est ce que je pense sérieusement. Ma dernière commande sur le 20ème arrondissement de Paris, où j’avais carte blanche s’est très mal passée. J’étais sur une autre dynamique que celle qu’on attendait. J’ai photographié les fleurs du cimetière du Père Lachaise sur le thème de la Vanité dans « L’Ecclésiaste ». Un échec.
J’ai eu la même réaction après mon livre sur l’Irak, il faut attendre que tout cela passe. Le temps fera le reste.
Il est, cependant, sûr que je ne regrette pas d’avoir donné la parole à ces familles qui continuent à se battre pour connaître la Vérité.
Concernant la justice, ceci est une autre question.
La sortie de ce livre a-t-elle eu des conséquences pour les familles des disparus, pour vous, pour la société algérienne ? A t’elle suscité un débat, permis de faire bouger les choses ?
Ces familles continuent, quotidiennement, leur remarquable travail de recherche et le livre est, pour eux, une forme plus évidente d’expression, devant les institutions internationales. Tout le mérite leur revient. Il s’agit, en fait, d’un livre qui restera comme le témoignage d’une époque que beaucoup voudraient oublier.
Des débats ont été organisés à Paris, au théâtre du Lucernaire avec le Monde Diplomatique en présence de sociologues et de philosophes.
À Londres, Autograph et la LSE (London School of Economics and Political science) ont organisé un débat, filmé et disponible sur Internet.
Nous sommes en train de réfléchir à des propositions d’expositions dans certains musées.
En outre, j’ai produit avec un ami chilien qui a vécu les mêmes événements dans son pays, un film avec les photos et le témoignage de Mme Dutour, responsable de l’association des disparus.
De mon côté, il m’est toujours pénible de revoir ce livre et je sais qu’il aura été un des moments les plus douloureux de ma vie de photographe. Il est évident que ce livre n’a aucune prétention esthétique mais c’est simplement un devoir de mémoire.

1.Devoir de mémoire / A biography of disappearance.Algérie 1992 -, Londres, Autograph ABP, 2007.///Article N° : 8109

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Les images de l'article
Balcons © Omar D/ Autograph ABP, 2007
Cover of book ­ © Benazouz Redouane
Inside book ­ Photos d'identité des disparus © Omar D




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