A quoi sert la poésie ?

Printemps des poètes

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J’ignore ce que peut la poésie même si je ne peux me passer d’en produire et d’en consommer. Production et consommation si singulières, différentes de celles, marchandes, qui caractérisent le monde au XXIe siècle. Le pouvoir de la poésie est un non-pouvoir, qui ne soumet pas, ne violente pas, ne peut rien sauf me laisser libre d’être moi, avec mon histoire singulière, en bute à d’autres histoires toutes aussi singulières portées par mes contemporains ou celles et ceux qui ne sont plus de ce monde ou celles et ceux qui viendront plus tard. Et il n’y a pas ce non-pouvoir de la poésie sans la transmission et sans l’empire du temps. On n’est jamais seul(e) en poésie, on participe, sans le vouloir, sans le savoir peut-être, en sa propre langue, à ce grand chambardement qui nous touche de si près, qui pourrait s’appeler vie.
Oui, la poésie a partie liée avec la vie, elle la protège, elle écoute la musique de la vie, même dans les pires situations.
Je n’ai rien à dire, rien à savoir. Je ne viens pas non plus distraire la galerie. La poésie m’éloigne de la guerre sous toutes ses formes. Cette sempiternelle « lutte des places », qui caractérise notre époque. Sa présence dit que nous sommes si vulnérables. C’est à partir de là que nous tissons nos propres forces, puisons nos ressources : en partages, en constructions de passerelles, en rapprochement s bien plus qu’en guerres inutiles. Oui, ce non-pouvoir, celui d’apaiser les cœurs…

Retrouvez le manifeste poétique Y a t il une vie avant la mort ? A lire [ici ]

///Article N° : 12872

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