Bailleurs de fonds et organismes de coopération

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Outre la Banque mondiale, qui fournit plus des trois quarts des appels d’offres concernant le scolaire, et la Banque africaine de développement, les principaux bailleurs de fonds sont le Fonds européen de développement, l’Agence intergouvernementale de la francophonie et le ministère français des Affaires Étrangères.
Mais d’autres organismes interviennent sur les questions touchant à l’édition scolaire. L’Association pour le développement de l’éducation en Afrique (ADEA) a été créée par la Banque mondiale en 1988 pour renforcer la collaboration et la coordination entre les agences de développement pour l’éducation en Afrique. Elle ne finance aucun projet directement. Un groupe de travail sur les livres et le matériel éducatif a été mis en place en 1989 pour aider à l’émergence d’une véritable édition africaine. Il encourage les États à mettre en place des politiques du livre, à pratiquer des allègements fiscaux (suppression de la TVA sur le papier par exemple), à favoriser la circulation des marchandises au sein de vastes aires géographiques, et les sensibilise à la question de l’enseignement en langues nationales. Mais le travail est long : selon Hamidou Boukary, responsable du programme concernant les livres scolaires,  » l’industrie de l’édition est une industrie naissante, qui ne peut émerger à l’heure actuelle du fait des conditions économiques et fiscales, de la dépendance des pays d’Afrique francophone envers l’aide internationale, et de la concurrence du Nord.  »
Le ministère français des Affaires Étrangères, qui a récupéré en 1999 les fonctions de l’ex-ministère de la Coopération, a lui aussi initié plusieurs programmes. On peut citer le soutien aux bibliothèques avec l’association pour la littérature de jeunesse La Joie par les livres et l’Association pour la diffusion de la pensée française (ADPF), l’aide à l’édition avec le Programme PLUS avec le Centre d’exportation du livre français (voir l’encadré), l’aide au transport des livres avec la Centrale de l’édition, ou encore la formation de libraires. Au final, si le ministère des Affaires Étrangères promeut quelque chose en Afrique, c’est plus la lecture au sens large, de livres français de préférence, que l’édition africaine.
L’Agence intergouvernementale de la francophonie a pour sa part créé en 1998 un Fonds d’aide à l’édition et un Fonds de soutien aux livres scolaires. Celui-ci a permis de produire plus de quatre millions de manuels en cinq ans, imprimés le plus souvent hors des pays concernés. Mais il n’a pas véritablement réussi à faire émerger une capacité éditoriale dans ces pays. L’Agence de la francophonie a donc tenté de modifier son approche au Cameroun, en Centrafrique et en Guinée, en misant cette fois sur les ateliers d’écriture, la formation de techniciens, la modernisation des imprimeries locales et la mise en place de circuits de distribution. Elle a également participé à la rencontre à Dakar en mai 2003 entre acheteurs et vendeurs de livres scolaires. Cette rencontre avait comme objectifs d’inverser la tendance à la forte importation de livres, et d’intégrer les pays francophones en développement à l’économie mondiale. L’USAID (Agence des Etats-Unis pour le développement international) au Bénin, l’UNESCO au Gabon et l’UNICEF en République Démocratique du Congo ont mené des actions ponctuelles, achats de livres fabriqués par des éditeurs locaux ou dons de manuels édités à l’étranger.

///Article N° : 3182

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