Baobab

De Laurence Attali

Après « Même le vent », Laurence Attali poursuit son exploration de sa relation intime à l’Afrique, et plus particulièrement au Sénégal. Après la langue et la rencontre des gens, c’est une dimension plus intérieure qu’elle aborde ici : celle de la Parole, de la résonance de la Parole. « Ose » car cela demande du courage : en allant plus à fond, elle prend tout simplement le risque de se planter par outrecuidance ou superficialité. Ce n’est nullement le cas et la cinéaste affirme ici la sensibilité et la retenue poétique qui fait la valeur de tous ses films. Au contraire, Baobab étonne de bout en bout. En inscrivant son film dans l’année du Sopi (le changement qui a amené Abdoulaye Wade à la présidence du Sénégal), elle relie mythologie et actualité. Alors qu’elle pensait autrefois ne pas devoir percer un mystère qui ne se révèle pas, la prégnance de l’actualité l’encourage à mieux comprendre le pays, à travers son emblème, le baobab. Il lui faut pour cela « perdre pertinence et impertinence ». C’est ainsi par une caméra subjective qu’elle peut s’initier à ce pays, essayer de le comprendre pour finalement dégager pour elle-même un sens au réel, un sens à la vie.

///Article N° : 2348

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