BaZara’Pagne, son wax cartonne sur le Net

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Les snoods (les écharpes-tube) sont devenus les accessoires indispensables de nos froides saisons. Made in Togo et doublés de wax, ils ont enthousiasmé la blogosphère et les réseaux sociaux. L’auteure de ce buzz : Lodia Kpzodro. Elle mélange les tissus du monde et crée des vêtements résolument urbains. Entretien avec cette créatrice de 24 ans, fondatrice de la marque BaZara’Pagne.

Comment vous est venue l’idée de créer BaZara’Pagne ?
Je vis à Fontenay-sous-Bois (93) mais je vais souvent au Togo, où j’ai grandi et où réside ma famille. En rentrant du Togo fin 2011, j’avais envie d’amener quelque chose d’original à mes amis. J’ai fait faire un snood et ça a plu. Tout le monde me demandait si je faisais aussi des vêtements ! Je me suis dit « pourquoi pas me lancer ? ».

Vous êtes donc devenue créatrice par hasard ?
J’ai une formation de plasticienne, mais j’ai toujours voulu faire du prêt-à-porter. J’ai baigné dans le chiffon ! Le wax est très répandu au Togo, notamment grâce à ma famille. Ma grand-mère est une Nana Benz, ces entrepreneuses ayant réussi dans le commerce du wax. On les appelle ainsi car, grâce à leurs revenus, elles conduisent toutes des Mercedes ! Ma grand-mère a créé sa propre marque de pagne. Mon père a repris le flambeau. A présent, je suis leurs traces ! Ma famille m’a aidé pour que je me lance et à présent, j’ai le statut d’auto-entrepreneuse.

Mélanger du wax et d’autres tissus n’est pas nouveau. Qu’est-ce que Bazara’pagne apporte de plus ?
De grands créateurs utilisent le wax. Il est à la mode. Mais pour durer, je privilégie la qualité et l’éthique. Je vais donc chercher le savoir-faire où il se trouve, en faisant tout réaliser en Afrique, au Togo mais aussi au Ghana. Je ne suis pas nationaliste (rires). Les Européens craignent encore de porter des couleurs vives et des motifs. Mon credo : faire du wax un basique pour toutes les garde-robes. Je veux le rendre accessible, le démocratiser.

Qui soutient et achète Bazara’pagne ?
Il y a un réseau actif sur Facebook et le bouche à oreille fonctionne bien. La marque est encore jeune. Je fais deux collections par an, avec des accessoires, des blouses que je dessine et une gamme pour les hommes. J’ai développé deux collections : Lomnova, plutôt haut-de-gamme et Alova, aux prix plus abordables. Au pays, je ne vends pas au même prix qu’en Europe, je fais du commerce équitable, afin de bien payer les artisans.

Le Wax est d’origine hollandaise. Est-ce vraiment un tissu africain ?
S’il a été importé de Hollande, le wax est à la base issu du batik, qu’on trouvait en Indonésie. Après les Pays-Bas, il a été exporté au Ghana. Il n’est ni typiquement africain, ni européen. Le wax répond à ce que je suis : profondément métisse, à la fois africaine et urbaine. Je vis en banlieue, j’ai grandi en Afrique. Je touche beaucoup de jeunes avec ce que je fais. Je le mélange avec d’autres matières : soie, cuir, popeline. Il est comme moi : au carrefour de différentes cultures.

Comment sont perçues vos créations au Togo ?
Avant, le wax était porté pour aller à l’Église ou pour les fêtes. Grâce à Internet, la plupart des jeunes filles portent volontiers des robes en wax pour aller en soirée : on est loin des coupes old school avec les épaulettes.

Quels sont vos projets ?
Je continue à relever des défis. Rendez-vous cet hiver pour ma nouvelle collection de pièces uniques !

En savoir plus :

Afrique des textiles d’Anne Grosfilley, éditions Edisud

www.bazarapagne.com///Article N° : 12613

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