Combien de solitudes…

(extrait)

Cette nuit est descendue avec un sac d’étoiles sur son dos, un sac rempli à ras bord. Cling, cliiing. Ça a fait des cling et des cliiing en tombant à terre. Des cling et des cliiing qui se sont posés en Oh-oui sur les petites lèvres des femmes J’ai pris, aussi, ma part de cliiing, toute seule. Au moment de la passation de pouvoir entre le noir et le blanc, dans une étrange chorégraphie, nous étions quatre cent mille à nous baisser en même temps, à ramasser dans un même geste la dernière étoile. Je crois que j’ai rêvé. Les rêves sont des hommes au sexe fendu. Les rêves sont des docteurs qui disent : Tiens, bois. Les rêves sont des lettres jaunes. Ils déteignent sur les corps. Tout le monde a des jaunes accrochés à un porte-manteau. Jaune-ciel, jaune-brut, jaune-serré. Tout le monde est fait d’un corps jaune. Corps à constellations. Corps qui brille longtemps après que les mondes se sont écroulés, renversés. Corps qui crie jaune et accompagne les hommes au-delà du seuil, jusqu’au grand dehors. Héler les rêves, les appeler, les râler, les marrer, ne pas les laisser sortir de la maison. Il y avait une vieille femme, plutôt très vieille. Elle marchait avec un souffle au coeur qui la faisait marcher tout bas. Elle avait une peau fripée toute fripée sur elle et un jeune homme solaire dans sa tête. Elle mettait du rouge fripé sur ses lèvres, du rose fripé sur ses joues et du violet écaillé sur ses paupières et elle allait dehors, dans la rue, sur le marché… avec son jeune homme au bras. Les gens ricanaient en lui disant : Man Né ! Comment vas-tu ? C’est dangereux de ma...

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