Corps et truculence dramaturgique de Sony Labou Tansi à Koffi Kwahulé

Notion ambivalente et mouvante, la truculence prend effet dans ces écritures de corps en chantier où farce et carnaval mettent à l’honneur le « bas corporel ». Dépassées par ces corps aux débordements incontrôlables, les écritures de Sony et Kwahulé laissent apparaître la béance du manque, l’abîme de l’Absent.

Sony Labou Tansi est l’aîné de Koffi Kwahulé. Le premier a vécu et créé au Congo juste après l’Indépendance, alors que le second, originaire de Côte d’Ivoire, développe la majorité de sa pratique artistique en France, commençant à être reconnu environ trois ans avant la mort de Sony. Entre ces deux auteurs, il y a plus qu’un héritage ou une filiation ; leurs écritures se font écho dans le traitement des corps qui devient le centre de leur dramaturgie. Koffi Kwahulé l’exprime dans une interview à France 24 : « J’essaie de proposer une écriture qui ne soit pas uniquement cérébrale, qui essaie de toucher les êtres (…) ailleurs que dans leurs têtes. Je pense que la tête est facile à atteindre, ce qui est le plus difficile à atteindre, c’est le ventre. » (1). Ce développement essentiel autour des corps dans le théâtre pousse à un rapprochement avec le concept de truculence, assez méconnu malgré les rapprochements judicieux avec l’écriture rabelaisienne. En voilà sa définition historique : « 1853 : Caractère de ce qui est haut en couleur, excessif, violent, du latin truculentus « Qui exprime les choses avec crudit&e...

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