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Hommage à Henri Duparc
dans le cadre du festival « Caressez le potager », projection de « Bal poussière », « Une couleur café » et « Rue Princesse ».

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Les vrais héros sont éternels
Henri Duparc s’est éteint l’an dernier à Paris. Pour sa quatrième édition, le festival Caressez le potager a voulu lui rendre hommage. Trois de ses plus beaux films, sans doute les plus emblématiques Bal Poussière (1988), Rue Princesse (1993) et Une couleur café (1997) seront projetés en sa mémoire.
Le célèbre cinéaste franco-guinéen, âgé de 64 ans, laisse derrière lui une production cinématographique dense et de qualité. Le réalisateur, qui s’est formé au septième art à l’Institut de la cinématographie de Belgrade et à l’Institut des hautes études cinématographiques de Paris, a développé la comédie pour aborder des sujets de société plus ou moins graves. Il est retourné en Afrique fin 1967, en Côte d’Ivoire, qui deviendra sa patrie d’adoption. Il y a exercé, de 1967 à 1982, comme réalisateur pour la Société ivoirienne de cinéma.
Henri Duparc, rompu à l’exercice du court, du long métrages et du documentaire, a remporté de nombreux prix. Son premier long métrage Abusuan (1972) a glané le prix Ocam (Organisation commune africaine et malgache) et une mention spéciale de l’office catholique international du cinéma lors du Fespaco (Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou) de 1973. Bal Poussière s’est vu gratifié de trois récompenses : le prix de la meilleure réalisation au Festival du film francophone de Fort de France (Martinique), le Grand prix et Prix de la critique du film d’humour de Chamrousse en 89 (France) et le Prix de la critique au Festival du film francophone de Namur (Belgique). Avec Rue princesse, Henri Duparc a décroché le Grand prix au festival international du film de Bari (Italie) et, pour Une couleur café, le Prix du public à Montréal (Canada) ainsi que le Prix du public à Los Angeles (Etats-Unis).
Henri Duparc était un bon vivant, comme le rapporte dans son article Michel Koffi du quotidien ivoirien Fraternité Matin, qui semble avoir bien connu le disparu.
« A quoi vais-je consacrer le peu de temps que je vais passer sur terre ? A vivre ! Vivre pleinement de toutes ces choses que la vie nous donne : l’amour, l’esprit, l’humour…
Je comprends pourquoi j’aime tant la vie, l’amour, la bouffe, tout ce qui fait que je suis heureux de la vie… Je suis sûr que sans amour, sans sexualité, sans amitié, sans fraternité, sans rire, sans générosité, il n’y a de place pour aucune vie. Je n’ai pas vécu avec elles, mais je suis persuadé que les fourmis savent rire et savent faire l’amour ».
Et Michel Koffi de conclure : « Il nous laisse une production importante, mais une chose est sûre, il laissera à sa famille, à ses amis, à ses parents et au monde des arts et de la culture d’ici et d’ailleurs qu’il a habité puissamment, un grand vide. […] Voilà, les notes et images du… Bal se sont arrêtées. La bobine du film s’est cassée. L’écran est noir. Ne reste plus que le souvenir et les lettres de ta dernière lettre : tu voulais que j’actualise ma photothèque de tes récentes photos. J’avais pensé que c’était pour illustrer une autre création. Erreur. C’était une manière de me/nous dire… « A plus tard ! ».
Aujourd’hui, c’est donc fait. Je livre aux lecteurs tes dernières photos. Qui nous donnera encore le goût du rire à l’écran ? » Au cours de sa carrière, Henri Duparc a achevé une quinzaine d’oeuvre entre 1969 et 2 005. Son dernier long métrage, Caramel, sorti en avril 2 005, et son dernier documentaire, La force du destin, était consacré au Président ivoirien.

Sur grand écran, à la nuit noire…

Mercredi 25 Juillet 22H15 : « Bal poussière »
91 min Fiction 1988
Demi-dieu est l’homme le plus important de son village. D’ailleurs il épouse une sixième femme. Oui mais Binta, la sixième, la délurée en blue jeans qui est allée à l’école mettra une belle pagaille dans une vie bien nombriliste.

Jeudi 26 juillet 22H00 : « Une couleur café »
105 min Fiction 1997
« Docteur » fait le ménage dans une clinique parisienne. A l’occasion de vacances au pays, il décide de ramener une deuxième épouse dans ses bagages, en la déclarant comme sa fille, pour avoir les papiers. Tout va bien mais lorsque Kada est enfin enceinte, comblant son orgueil de mari alors qu’elle est officiellement sa fille, lycéenne, les embrouilles commencent.

Vendredi 27 juillet 22H00 : « Rue Princesse »
87 min Fiction 1993
La rue où les hommes de la ville viennent se libérer de leurs peurs et de leurs pulsions avant de retourner pérorer chacun pour soi. Oui mais, là aussi, la vie est en embuscade…


Et aussi mercredi 25 Juillet 22H00 « Le Truc de Konaté », film de Fanta Régina Nacro
Fiction 3 min – Burkina Faso
Diénéba quitte la ville où elle a passé quelques jours. Son cousin, Salif, lui fait ses adieux et lui donne des cadeaux pour la famille au village : des noix de cola, des pagnes et des préservatifs. Arrivée au village, Diénéba distribue les cadeaux et promet à son mari un beau cadeau pour la nuit… Le soir, elle lui offre son cadeau: un préservatif…
« En tant qu’Africaine, je me sens particulièrement concernée par le sida, mentionne Fanta Régina Nacro. J’ai voulu mettre le formidable moyen de communication dont je dispose, le cinéma, au service de la prévention. J’ai choisi l’humour pour parler d’un sujet aussi angoissant. Par le rire, on combat plus efficacement les préjugés ».