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Représentation Crabe rouge
Un devoir de mémoire sur les disparus du Beach de Brazzaville. Un épisode sur la guerre au Congo Brazzaville présenté dans le cadre du festival « Arrêtons le gaspillage »

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Résumé : Dans le « Crabe Rouge », bar le plus chaud de Diata-ville, une foule se précipite pour suivre le procès national diffusé en direct à la télé. (L’affaire des disparus du Beach) Pendant ce temps, une loi pendue dans un verre de bière par un agent de la sécurité, déclenche la colère d’un enfant soldat qui ouvre le feu. La loi dit : « Interdiction formelle de vendre la bière sur toute l’étendue du pays pendant le procès national » A la télé, une mascarade se prépare car les accusés ne veulent pas se débarrasser de leurs revolvers cachés sous les culottes. Heureusement un rescapé, témoin du massacre, se présente. Mais ce dernier est sourd, donc muet. Dans le bar une fille, hurle l’absence de ses deux enfants perdus lors du retour des réfugiés au port fluvial du Beach. Elle accouche d’un enfant qui refuse de naître a cause d’une coupure d’électricité…c’est le chaos. En attendant le verdict du procès à la télé, le bar est dans le noir….
Il ne s’agit pas d’expliquer l’affaire des disparus. L’intérêt de cette création ne concerne pas de trouver la vérité ou d’apporter la vraie version sur l’affaire.
D’une part, l’importance pour nous c’est d’exprimer à travers les costumes, la lumière, les émotions, le jeu et autres éléments de la scénographie, tout le ressenti d’un peuple par rapport à l’ « affaire », avant pendant et après. Les influences ou les polémiques que cela a du suscitées.
D’autre part, comment raconter ce que nous avons vécu, l’horreur sans pathos ? On dit que « la guerre anesthésie les consciences », comment faire notre propre devoir de mémoire, rendre justice à nos disparus tout en gardant l’élan vital de notre jeunesse, l’insouciance et la joie qu’on confère à nos âges ? C’est ce que notre travail tente de faire : une mise en scène axée sur la liberté du jeu des comédiens, l’éclatement de la narration comme celui des repères de temps et d’espace. L’humour.
Au début du spectacle, les codes du spectacle sont celui du théâtre amateur, jeu outré, acteur manquant, spectacle pas prêt lors de l’entrée des spectateurs, fausses coupures d’électricité, technicien qui traverse le plateau pour les derniers réglages, textes qui traînent sur le plateau, tout le « bordel » d’une représentation d’enfants de cinq ans. C’est ce que nous appelons : un théâtre portatif avec un décor simple, une lumière composée des lampes allogènes, conçu pour être joué quelque soit le lieu.


Julien Mabiala Bissila – Compagnie Nguiri-Nguiri théâtre – Congo Brazzaville