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Africolor, 5ème semaine
4 rdvs cette semaine : jeudi 9 ciné-concert et txalaparta ; vendredi 10 Ethiopique ; samedi 11 Kabylie ; et dimanche 12 Bal musette aux accents réunionnais

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Africolor, 5ème semaine : CONSECRATION

Petit retour en arrière avec des concerts qui méritent le commentaire. Si « SERENDOU », la rencontre menée par YACOUBA MOUMOUNI et JEAN-LUC THOMAS a mis les flûtes au diapason, si NËGGUS a prouvé que son slam peut aujourd’hui rivaliser avec celui des cadors du genre et si LES ESPOIRS DE CORONTHIE peuvent devenir un groupe phare pour l’Afrique quand ils auront compris qu’il ne faut pas seulement se ressourcer à l’esprit de quartier, il faut revenir sur le concert « Maloya ! » de dimanche dernier.
Ce concert fera date. En sport, on parle de match référence et ce concert peut servir d’étalon pour le maloya.

On savait que les musiciens de GROOVE LELE, en dignes héritiers de Granmoun Lélé, savent porter l’énergie du maloya jusqu’à l’incandescence. On savait aussi que c’est avec Lindigo, le meilleur groupe réunionnais pour faire éclater une rythmique de feu. Ce qu’on ne savait pas encore, c’est que ce groupe, mené de main de fer par Willy et Urbain Phileas, peut se mettre au diapason en acceptant d’être à l’écoute des propositions imprévues du violoncelliste ERNST REIJSEGER et de suivre les inflexions prodigieuses de la voix de MOLA SYLLA.

Ce « Zembrocal », ce mélange d’épices et de saveurs musicales explosif et raffiné, ouvrait la voie à l’un des meilleurs concerts de DANYEL WARO que j’ai pu entendre. Transcendé par cette première partie inouïe, son maloya lyrique tournant autour de ses textes ciselés qui font résonner la langue créole comme lui seul sait le faire, Danyel Waro apportait le point d’orgue à ce concert mémorable. Il y a vingt ans, seuls quelques rares artistes réunionnais portaient le flambeau de ce rythme puissant et aujourd’hui, le maloya explose grâce à la ténacité sans faille de la famille Phileas ou de Danyel Waro. Les voir porter ensemble cette musique au sommet dégageait une émotion que la salle comble de la MC93 (près de 800 spectateurs) recevait avec ferveur.

Les photos parlent mieux que les mots. Allez voir les photos des concerts des semaines passées sur le blog d’africolor (http://mondomix.com/blogs/africolor.php)


Après un tel concert, comment va-t-on pouvoir voler aussi haut cette semaine? Pas de problème, on change de style et chacun des groupes programmés saura porter la fièvre.

On pourra, dès JEUDI 9 DÉCEMBRE A L’ESPACE 1789 DE SAINT-OUEN, découvrir la txalaparta, l’instrument emblématique du peuple basque, une percussion en madrier de bois, avec le groupe OREKA TX qui part à la rencontre des musiciens nomades.


VENDREDI 10, on fait un crochet par l’Ethiopie via le TGP de Saint-Denis, et si Mahmoud Ahmed est toujours en train d’attendre sa carte verte à Washington après avoir annulé sans état d’âme toute sa tournée prévue de longue date, on va très vite l’oublier avec ALEMAYEHU ESHETE et SELAMNESH qui seront accompagnés par le BADUME’S BAND, le meilleur groupe du « swinging Addis » du moment. Avec en ouverture de cette soirée, à 18h, une projection du documentaire de GREGOIRE MERCADE sur la rencontre de l’ensemble baroque XVIII-21 et des musiciens et danseurs azmari (création africolor 2009), « Le Baroque Nomade à la rencontre des Azmari ».

SAMEDI 11 SOIR, pour l’hommage à Slimane Azem, c’est COMPLET et seuls les spectateurs déjà munis de leur billet pourront entrer. Dommage pour tous les curieux qui auraient voulus entendre la voix de TAKFARINAS chanter le poète de l’exil, mais sacrée satisfaction pour nous de voir les salles du festival combles.


DIMANCHE 12 APRES-MIDI, A LA MAISON POPULAIRE DE MONTREUIL, changement de décor et retour à la Réunion avec un orchestre de cuivres (LORKES EN KUIV KAROUSEL) pour mener le bal sous l’œil attentif et complice de LA MUSE A ZEZETTE et de JEANNE ADDED qui viendront glisser leurs improvisations improbables entre les mailles du séga.

Ni le blizzard, ni la neige, ni les pisse froid consulaires n’auront raison d’africolor, qui sait profiter des courants d’air chaud pour voler vers l’ivresse!