Événements

Je suis pas mort, je suis là
Photographies et textes de Laetitia Tura/le bar Floréal.photographie et Hélène Crouzillat

Français

Pour traverser les frontières, murs réels et lignes imaginaires, on apprend sur le tas.
Un savoir caché se transmet de rencontres en rencontres. Comme une initiation, on franchit les étapes une à une.
Dans cette entreprise identifiée à une guerre, chacun devient soldat pour sa propre survie. Aventuriers.

Abandonner provisoirement son identité, traverser le territoire à la marge des villes, se camoufler, avec ses propres pieds comme arme et le corps pour unique rempart.
La durée, l’effort, l’incertitude : loin des regards, le mouvement des migrants est souvent peu spectaculaire, dans des lieux isolés où rien ne se passe.
Arrivés au front.

Oujda et ses forêts abritant des tranquilos.
Une plage et la promesse d’un départ.
Melilla et sa barrière, seule frontière terrestre de l’Europe sur le continent africain.
Tijuana et ses murs, monstres déployés dans la ville mexicaine.
Se préparer pour l’offensive. Disparaître des radars.

Plus tard, les fantômes refont surface.
Ceux restés dans la mer ; ceux que les courants n’ont pas déposé sur les plages. Ceux dont les corps ont été perdus dans le désert.
Quelles histoires nous racontent-ils ?

Les photographies et les extraits d’entretiens sont issus d’un travail mené depuis 2007 par Laetitia Tura et Hélène Crouzillat au Maroc, à Melilla (enclave espagnole située sur le territoire marocain) ainsi qu’au Mexique.

Ce travail donnera également naissance à un film documentaire, Les Messagers, dont la sortie est prévue début 2013.