Événements

Paroles d’Hiver – festival de contes
16e édition -Sont programmés Alakabon Théâtre, du Guinée, Wakeu Fogaing, Cameroun, Abaye > Abakar du Tchad, et René Lacaille, dans une rencontre avec André Minvielle.

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Voici quelques histoires et aventures contemporaines, pour tenter une chronique des temps qui courent, par quelques-unes et uns qui les parcourent, vaille que vaille, quelques fois difficilement, d’autres fois avec légèreté, ici dans la colère, là dans une recherche hésitante des clefs qu’il manque encore pour faire de la vie une expérience collective autant qu’une prise de conscience.
Ou une fête sans foi ni loi.
Ou une occasion de plus de trouver que cette planète est décidément bien particulière, pour rester poli, et qu’il est temps de s’occuper ensemble de son avenir. Ou pour parler de ce que l’on ne parle jamais : stoppons une fois pour toutes l’Amnésie ! Bref, un festival de Paroles pourquoi pas en opposition aux langues de bois ? Dire ! Et comment le dire ? Sans doute le premier fil rouge de cette édition.
Quelles esthétiques, elles si souvent décortiquées, passées au moule des « professionnels des professions », qui évaluent l’oeuvre ou l’artiste comme une production. Satanées productions de produits en tous genres et de marchandises sacrées ! Principe 1 : entendre l’autre là où il dit et non là où nous aimerions qu’il soit.
Second fil rouge : faire se croiser et débaptiser le théâtre, le conte, la littérature, les chroniques, la parlure, le slam, la conférence, le meeting, le mythe, le chant, la poésie, la harangue, le discours… Troisième fil rouge : travailler à privilégier les types de relations intimes et conniventes (la rencontre) avec le plus grand monde possible, en invitant les oeuvres et les artistes à dire simplement dans un tas de « lieux de vie », d’espaces ruraux ou urbains, de scènes et de non-scènes.
Quatrième fil rouge : qu’est ce que le récit du monde ? Cinquième fil rouge : tout ça, c’est (de la) politique ! Sixième fil rouge : inviter des points de vue, des partis pris, pour les comparer avec nous, les publics, et : soit découvrir, soit débattre, soit être bouleversé, soit s’engueuler ! Essayer ensemble en tous cas.
Septième fil rouge : virer les télévisions et croiser les vraies fictions et les vraies réalités, nourrir un débat permanent dans la cité, reconsidérer le monde tel qu’il est régit, dresser les bilans, mettre à jour les modifications souhaitables, souhaitées, renouer avec les changements et les transformations les plus utiles au nom du bien public, du service publique, imprivatisables, construire collectivement, par le jeu de la participation, un langage critique.
Dire ! Ces Paroles d’Hiver seront celles de nombreuses femmes. Il n’y a toujours pas d’égalité sur une planète au pouvoir majoritairement masculin castrateur et destructeur. Ça n’a donc pas changé ? Heu… Non ! Alors des femmes (et des hommes) seront là avec des voix affirmées. Libératrices. Qui racontent.
Ces Paroles d’Hiver seront également celles de la Mémoire. Plusieurs mémoires terribles, indispensables, parce que l’on oublie si facilement. On masque. On tait ! Alors, en majuscule la Mémoire. En chair et en os.
Mettre les compteurs à zéro.
Elles sont enfin, ces paroles, livrées par des artistes qui, presque tous, sont les témoins et les traducteurs, les avants coureurs et les hauts parleurs, de ceux, leurs contemporains, qu’ils sont allés entendre, collecter, découvrir. Ainsi, ne sont-ils pas seuls, dans des tours d’Ivoire, mais porteurs d’une multitude, de destins, d’histoires individuelles, de gens rencontrés : voilà ce qui fait notre récit à tous.
Et si ce festival, fin 2005, devait rendre hommage à quelqu’une, ce serait, indiscutablement sous la forme d’un grand salut, fraternel, solidaire et ému, à Louise Michel. En l’assurant que, malgré tout, le combat continu.
Bienvenu à tous !

Ma mère l’Algérie
Cie du Temps de Vivre (France – Kabylie Algérie)
Rachid Akbal (récit), Ali Merghache (musique)

Durée : 1h 20 Tout public à partir de 12 ans

jeudi 1er déc. Plouër sur Rance
Salon d’honneur de la Mairie
En partenariat avec la bibliothèque municipale

vendredi 2 déc. Saint Lormel
Salle polyvalente
En partenariat avec la CDC Plancoët Val d’Arguenon

samedi 3 déc. Peumerit Quitin
Salle des fêtes
Partenariat dans le cadre de DAW 2005/2006 – la saison nomade du centre Bretagne –

lundi 5 déc. Saint Brieuc
Centre social de la Croix St Lambert

mardi 6 déc. Lamballe
Bibliothèque municipale
En partenariat avec le Quai des Rêves

Les histoires de Monsieur Nimportequi
Wakeu Fogaing (Cameroun)

Durée : 1h 15
Tout Public à partir de 14 ans

jeudi 1er déc. Plouisy
Lycée agricole de Kernilien
En partenariat avec l’association des élèves,
stagiaires et apprentis du lycée

vendredi 2 et samedi 3 déc.
Le Vieux Marché
La Quincaillerie

dimanche 4 déc. Trégastel
Café Toucouleur

mardi 6 déc. Merdrignac
Lycée agricole du Mené

Sans Mentir
Abakar Adam Abaye (Tchad – France)

Abakar Adam Abaye : récits
Mathieu Sourisseau : compositions et guitare
Pascal Portejoie : percussions
Benoît Bonnemaison-Fitte : scénographie et lumières

« C’est la pure vérité. »
Voilà ce qu’affirme Abakar Adam Abaye, tchadien planétaire vivant au Burkina Faso et naviguant entre le Niger, le Mali, la France, la Belgique, le Canada. Acteur, musicien, collecteur et nomade, il est Homme de Paroles, raconteur, tribun, qui se laisse emporter par une jubilation féroce et communicative, incontrôlée, rageuse. Un zest de transes incantatoires, soudaines et imprévisibles et il part entre ses Suds et les Nords, entre quelque chose d’un blues naturel et des fresques bavardes qui palabrent à tous vents des récits patchwork. Il a la personnalité prolixe, les yeux dans les yeux, sans jamais retenir les énergies qui le traversent. Il se fout des frontières, des clans et des parkings humains, mélange les genres et marche inlassablement. Cet homme est au carrefour des carrefours, des cultures et des hommes, qu’il aborde sans cesse en demandant « qui es tu ? ».
Il s’agit ici d’histoires de métissages entre noirs américains et marins bretons, de taxis new-yorkais, d’une déesse d’Harlem manichéenne, de mariages impossibles, de l’Afrique du Sud, de rédemptions par l’imaginaire, de déserts, et puis un chouïa de chroniques actuelles tirées de ses voyages d’un pays à l’autre, d’une tentative de comprendre ce qui perd et sauve le Monde.
Il y a une impasse, quelque part au fin fond de N’Djaména, que deux vieillards moqueurs et sages, assis au sommet d’une dune, racontent, en plissant les yeux au soleil montant.
Concert oratoire, aux influences d’Iggy Pop, de Nelson Mandela, des groupes de punk traditionnel tchadien des années 80 du Danguéléa, ou du rock’n roll gersois des années 90, à partir d’une composition musicale originale et ciselée de Mathieu Sourisseau à réentendre en boucle pour le plaisir. Sons et voix, soliloques soul, ring de boxe en pénombre … Le cuir d’Abaye polyphonique accroche les lumières tamisées dans une nuit d’encre.

Durée : 1h
Tout Public à partir de 12 ans

mardi 6 déc. Langueux
Terrasse du Point Virgule

L’Afrique en Morceaux
Cie Alakabon Théâtre (Guinée)

D’après l’Afrique en Morceaux de William Sassine
Mise en scène : Ansoumane Condé
Interprétation : Ibrahima Bah (Ibro)
Musiciens : Talibé Traoré, Ousmane Kouyaté
Composition : Momo Wandel


L’Afrique en Morceaux est une pièce qui bouscule par l’actualité de son sujet : Une critique des plus dures réalités de l’Afrique où se télescopent les guerres civiles, la pauvreté, le parasitisme social, les pouvoirs, les errances, l’abandon… Cette vision, écrite par l’un des plus grands auteurs africains de la fin du siècle dernier, est une vision sombre, certes, mais vécue de l’intérieur, disséquée, caustique, bien plus juste que les descriptions catastrophiques des médias ou des pouvoirs occidentaux, observateurs passifs et complices des déchirures du continent africain.
L’Afrique en Morceaux est un donc un drame qui mêle plusieurs langages : la musique d’un duo virtuose (composée par Momo Wandel) et un ensemble de récits courts et indépendants que le comédien Ibrahima Bah porte dans un rythme enlevé, habité.
Dans les tableaux et lieux de vie qui nous assaillent, le comédien est celui par qui tous les personnages (s’) expriment, capable de se transformer en animal, objet, percussion, lumière, nuit, violence ou philosophe dérisoire pour atteindre ses buts. Nous sommes dans les maquis, les rues et les habitations, nous y sommes livrés à la démesure des tranches de vies humaines qui sont hissées au rang de mythe contemporain. Avec une écriture rasante, piquante, serrée, nerveuse, et d’une poésie rare, toutes les émotions se chevauchent : drôles, tragiques, crues, tendres, désespérées, énergiques.
Les artistes d’Alakabon rendent ainsi leur hommage à William Sassine (l’année où l’on commémore Sony Labou Tansi, autre grand auteur africain), mort dans l’abandon et la misère, surgit de l’ombre de ses mots, comme l’immense poète dramaturge qu’il n’a jamais cessé d’être, au rang des grands écrivains de ce monde.
Trop tôt parti.

Durée : 1h 30
Tout public à partir de 12 ans

samedi 10 déc. Pordic
Centre Culturel de la Ville Robert
Compagnie en résidence

Grand Bal Général Final
André Minvielle, (chant, batterie, vocalchimiste), Lionel Suarez (accordéon) (France) et René Lacaille (accordéon, guitare, percussions) (Ile de la Réunion)
Durée : Longue
Publics n°1 : Danseurs musettes swing valseuses javanaises, de toutes natures, religions, origines, âges, statuts, professions, activités, en couples, en familles ou seuls, de passage ou sédentaires Publics n°2 : Tous les spectateurs des 10 jours de Paroles d’Hiver
Publics n°3 : Tous les autres non-cités

Terminer Paroles d’Hiver avec les accents de Minvielle s’imposait : après les 1000 chuintements, humeurs, rumeurs, légendes, révoltes et réhabilitations de nos mémoires confisquées ou masquées, occultées ou avilies, portées et offertes par tous les artistes et leurs démons sans papiers, émigrés, immigrés, et oeuvriers de cette édition.
Cela s’imposait parce que Minvielle est un rime-ailleurs qui assemble les majoritaires et les minoritaires, marche entre deux langues, fait de la musique qu’y s’y frotte, civique, jongle accordéon, distille du mémorable et de l’immémorial. Le Griot du Béarn est un vocalchimiste qui bravache aux quatre points cardinaux du rayonnement d’une langue et des autres, Lui et Lionel Suarez glanent la vie en mémoire locale, urbaine ou rurale, au passage des générations, pour que swinguent les rencontres, l’art de jouer-de déjouer-de-résister-d’échanger ! Interjecter partout où la vie au quotidien vient prendre des airs de canailles et pousse le musette à faire une bringue générale, à trinquer avec Mozart ou Bach, Tony Murena ou Joseph Colombo, Oum Kalsoum ou Monk, Nougaro ou Kid Ory, Mac Orlan ou la Bande à Bonnot.
« Chanteur lyrique, poète excessif, rappeur béarnais, skatteur » gascon, acrobate de la syllabe, génie involontaire du son, lettriste après la lettre, amant des langues, en tous sens et dans toutes les directions … » Francis Marmande, Le Monde, avril 1998


René Lacaille
L’Ile de la Réunion. Le jour se lève, l’océan Indien nargue la lave du Piton de la Fournaise, pendant que du lointain monte une rengaine entrainante qui petit à petit emplit l’espace, fait danser la roche, les papayers, les champs de vanille et le monde encore ensommeillé des villes et des hauts de l’Ile : René Lacaille, l’homme-jubilatoire, accordéonne avec ses frères de musique. Ainsi commence le jour selon l’homme-vivace. René Lacaille est celui qui relie les Iles aux continents en sautant par dessus les océans et les frontières à la rencontre des musiques du monde. Amoureux de l’accordéon, il joue des percussions, de la guitare, du saxophone et de l’entrain fougeux. Fondateur du légendaire Caméleon, premier groupe à mêler les sons traditionnels réunionnais aux rythmes modernes occidentaux, il se saisit ensuite de toutes les occasions pour jouer, de boîtes de jazz en cabarets métropolitains, d’orchestres de bal endiabliés en jam cessions improvisés, dès lors qu’il y a un espace de 20 m2 pour se regrouper serré.
Si Danyèl Waro et le guitariste américain Bob Brozman restent ses acolytes favoris, il aime chasser le swing sur les terres de Manu Dibango, Ray Lema, l’ONB et bien d’autres. Séga, blues, maloya, samba, savent nicher sous ses doigts et dans sa joie de vivre. Virtuose sans en avoir l’air, savant sans esbrouffe, il touche toutes les sensibilités, des plus populaires aux plus pointues. Ravageur de morosité, il sème dans les duretés du temps et des vies une énergie vivace, motrice, que l’on écoute avec la tête, le coeur…
et les hanches.
Minvielle et Lacaille se croisaient depuis longtemps déjà, avec l’envie de s’encanailler un jour ou l’autre, de mêler leurs accents, de poser leurs cabans sur un bout de plateau.
Oui, mais quand, et où ? Voilà chose faite à Paroles d’Hiver. Pour ce Grand Bal Final d’un festival qui a souhaité plus que jamais mettre la rencontre au coeur de tout ! Que la fête commence. Et que les consciences viennent s’y aiguiser, s’y aguérir, avant les aubes à venir.
Saluts.
dimanche 11 déc. Trégueux
Bleu Pluri
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