Fest’Africa, résolument littéraire

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Une Ivoirienne et un Tchadien s’ennuyaient en terre nordique : aucune présence artistique africaine en cette bonne ville de Lille. Ils décident de réagir. Sous la houlette de Maïmouna Coulibaly et de Nocky Djedanoum naît en 1993 une première rencontre dénommée Lettres d’Afrique. Ahmadou Kouroum, Sony Labou Tansi, Tierno Monénembo et Jean-Jacques N’Kollo se retrouvent autour du thème Ecriture : africanité et/ou universalité..
En 94, Fest’Africa pousse son premier cri, avec pour thème la Négritude. La voix divine d’Amy Koïta en concert d’ouverture, une rencontre à l’université de Lille entre Jacques Rabémananjara, l’un des pionniers de la Négritude et ses  » héritiers « , des peintres en résidence, le Tchadien Abdelkader Badaouï et l’Ivoirien Théodore Koudougnon, un concert de Lokua Kanza… Il fallait poursuivre.
La cuvée 95 est dédiée à Sony Labou Tansi qui vient de disparaître. Thème : la diaspora noire. Une dizaine d’écrivains pour échanger sur leur  » séparation  » causée par la traite. Une ouverture avec Ray Lema et Francis Bebey, une monumentale exposition de photographies africaines, des hommages à Sylvain Bemba et Alioune Diop, du cinéma et une clôture avec Oumou Sangaré.
En 96, le festival se retrouve, toujours en novembre autour de Voix/voies féminines. Se rencontrent ainsi Aminata Sow Fall, Calixthe Beyala, Gisèle Pineau, Monique Ilboudo, Véronique Tadjo, Odile Cazenave, auxquels se joignent Henri Lopès, Paul Dakeyo et Alain Mabanckou. En concert, le groupe tchadien Tibesti et Papa Wemba. Au théâtre, Koulsy Lamko.
97. Fest’Africa dure trois semaines et réunit sur Frontières et création Moussa Konaté, Boubacar Boris Diop, Monique Agénor, Ernest Pépin, Thérèse Kuoh Moukoury, Jean-Roger Essomba, Tahar Bekri, Jean-Luc Raharimanana, Daniel Biyaoula, Maïmouna Harouna et Alain Lorraine. Au théâtre, L’Aubade des corps de Nocky Djedanoum ainsi que la Cie Feeren du Burkina Faso. Expositions photos d’Emmanuel Goulliart, Tiémoko Touré et Bernard Descamps (Kayes-Lille-Kayes et images du Mali), de Philippe Dupuich sur des textes d’Alain Lorraine (L’île de la Réunion sous l’œil du volcan), de Thomas Dorn (Houn-Noukoun, tambours et visages) et du cinéma. Avec en ouverture Donny Elwood, Marc Vella et Adama Dramé et en clôture Ngaari Laaw, Tibesti et Touré-Touré.
Cette année, Fest’Africa se devait d’offrir aux écrivains un lieu de débat et de rencontre autour du thème dominant : Traite négrière et marronnage. Le deuxième terme donne heureusement le ton. On en trouvera ci-après le programme. Africultures est heureux d’être à cette occasion l’outil que nous cherchons à être pour les cultures africaines en publiant les contributions d’écrivains invités.

///Article N° : 335

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