Fifi et Patou : des histoires multilingues

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Initiative d’un père préoccupépar la transmission de sa langue natale, le lingala, à sa fille, la série d’albums jeunesse Fifi et Patou est construite en langues africaines et française.

«  Je suis africain, non pas parce que je suis né en Afrique, mais parce que l’Afrique est née en moi ! » disait Kwame Nkrumah(1). C’est en le citant que s’ouvre le premier ouvrage de Fifi et Patou créé par Sylvain Kyungu Kabulo, qui lance ainsi « une série d’histoires et d’activités pour apprendre aux enfants différentes langues africaines ». Arrivé en France à 13 ans, il a été coupé de sa langue natale, le lingala, par ses parents qui « dans un souci d’intégration », lui interdisaient de le parler. Lorsqu’il annonce à ses amis qu’il parlera lingala à sa fille, ils lui rient au nez et affirment qu’il finira par lui parler exclusivement en français. Pourtant, à 4 ans, sa fille parle et comprend la langue. Dès lors « mes amis m’ont demandé de raconter des histoires bilingues aux enfants« . Ainsi lui vient l’idée de Fifi et Patou en 2012. Une auteure de littérature jeunesse canadienne Sylvie Lavoie accepte de le mener avec lui. Mais faute de trouver une maison d’édition qui veuille de cette idée de livres bilingues en langues africaines, il crée la sienne : les Editions Jeannette Kibangu, du nom de sa tante décédée.
L’association belge Mabiki, spécialisée dans la littérature jeunesse, assure la traduction. Au début du mois d’août 2016 qu’est publié le premier livre en swahili et en lingala. Une version en kikongo et tsihiluba est en impression. Pour Noël, Sylvain espère ajouter une dizaine de langues à son répertoire.
« J’aimerai créer des supports pour tout l’univers enfant en proposant des livres personnalisés, des comptines, des vidéos et des quizz, pour travailler dès le plus jeune âge sur l’acceptation de soi et des autres« .

1.Premier président du Ghana (1960-1966), premier pays indépendant d’Afrique. Un des instigateurs de la pensée panafricaine.///Article N° : 13754

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