Gare au gorille

Les Négropolitains chantent Brassens

Mise en scène : Ferdinand Batsimba
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Les Négropolitains dynamitent Brassens
Les jeunes d’aujourd’hui ont plutôt une vision « plan-plan » de Brassens avec sa guitare, sa pipe et sa grosse moustache. Chanteur grivois parfois, anarchiste à ses heures, contestataire toujours, on pourrait croire qu’il n’est plus dans le coup en ces temps où le look prime sur le génie. Mais celui du spectacle des Négropolitains, c’est de ne pas chanter Brassens comme Brassens. Ils décapent à l’acide le bonhomme, ravalent son image, pulvérisent la guitare, la moustache et la pipe pour un spectacle « jazzy » avec piano, contrebasse, clowns et belles pépés. Et les chansons en sortent revitalisées, détonnantes. Voilà qu’on entend les textes du compositeur sétois et qu’on n’en goûte toute la provocation et la drôlerie.
Qui aurait dit qu’il fallût attendre des Africains, pour faire ressortir toute la saveur et l’énergie que recèlent ces chansons qui font le patrimoine français ! Ferdinand Batsimba, Basile Siékoua, et leurs partenaires Penda Niang et Martine Demaret, ainsi que l’équipe des musiciens ne reculent devant rien : pantalonnades, sensualité, parodies… ils jouent les chansons, les bringuebalent dans tous les sens, les décalottent, les débrident, les décoincent et c’est l’explosion, le chaos ! Le public est littéralement transporté de plaisir et applaudit debout.
Les Négropolitains ont cassé la statue, mais c’est le nerf à vif qui apparaît, la substantifique moelle d’un chanteur décidément immortel qui n’a pas fini ses facéties et qui de là-haut doit bien s’amuser à entendre ses textes « chant-ouillées » de la sorte, et ce n’est sans doute pas lui qui renierait cette douche régénérante de rires et de rythmes, d’ailleurs il ne doit pas manquer non plus d’en pincer, depuis le ciel, pour la belle Penda Niang qui a la trempe d’une meneuse de revue ; elle joue les vamps comme les James Bond girls, danse tout, du music-hall au mapuka en passant par la danse traditionnelle sénégalaise : de la dynamite !
Merci à Ferdinand Batsimba et Daniel Lemahieu d’avoir plastiqué Brassens, une bombe souveraine pour la vitalité de la culture française.

Collège de La Salle
texte : Ferdinand Batsimba et Daniel Lemahieu
décors : Meriem Bouderbala
production : Compagnie AICRAM/Les Négropolitains
avec Penda Niang, Martine Demaret, Basile Siekoua, Ferdinand Batsimba
et les musiciens : Claude Valdivia (piano), Sylvain Bernert (contrebasse, lukulélé, violoncelle), Pierre Bernert (guitare, percussions)///Article N° : 1907

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