Gérard Quenum : brûlures sacrées

Artiste béninois à la renommée croissante, Gérard Quenum nous présente, le temps d’une rencontre, un univers plastique singulier.

Corps de poupées épars, toiles aux couleurs criardes, immenses planches de bois courbes récupérées de pirogues à l’abandon : nous voici plongés dans l’atelier d’un artiste surprenant à bien des égards. Gérard Quenum crée des sculptures et installations à partir de corps et têtes de poupées trouvés dans les rues de Porto-Novo. Son travail de récupération se concentre presque essentiellement sur ces objets, pourtant rares au Bénin où peu d’enfants ont une poupée. C’est cette même difficulté qui semble pousser l’artiste à continuer ses recherches dans la capitale. Gérard Quenum tente de retrouver par ces jouets la vie, le caractère de son propriétaire. ” Ces poupées-là représentent pour moi une vie qui est abandonnée, quand je les récupère, je leur en donne une nouvelle “. Cheveux tressés et yeux arrachés nous donnent l’aperçu d’un univers enfantin, onirique et violent. Ici, la création passe par la destruction. L’expression artistique de ce plasticien charme et choque : les têtes de poupées méticuleusement brûlées au chalumeau donnent un charme inquiétant aux œuvres, renforcé par l’éclat bleu des yeux, qui ne brille que plus au creux de cette peau calcinée. Ces déformations ne sont pas sans rappeler les masques-bidons d’un autre artiste béninois, Romuald Hazoumé. Au pa...

Connectez-vous pour lire la suite de l'article...
Si vous avez déjà un compte client sur Africultures vous pouvez saisir vos paramètres d'identification :

Si vous n'êtes pas encore abonné à la revue AFRICULTURES, vous pouvez le faire en cliquant sur Adhérer.
Partager :

Laisser un commentaire