Hommage à Présence africaine

L'exposition Présence Africaine, une tribune, un mouvement, un réseau au Musée du Quai Branly

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Jamais une exposition de cette envergure n’avait été consacrée à Présence Africaine. Et pourtant l’on sait le rôle crucial qu’ont joué cette revue et cette maison d’édition dans l’affirmation des identités culturelles des peuples noirs. L’exposition que nous propose le musée du quai Branly fait donc date. Un événement à ne pas manquer pour mesurer l’héritage de cette structure et de son fondateur, Alioune Diop.

« Présence Africaine, une tribune, un mouvement, un réseau » : le titre de l’exposition conçue par Sarah Frioux-Salgas (1) résume bien ce qu’ont été durant une vingtaine d’années la revue et la maison d’édition fondées à Paris par Alioune Diop, respectivement en 1947 et 1949. Présence Africaine : acteur majeur non seulement dans l’affirmation moderne des identités culturelles et historiques des peuples noirs mais aussi dans les processus de décolonisation. Faut-il rappeler le contexte de l’époque ? Colonisation, Guerre Froide, apartheid, ségrégation raciale aux Etats-Unis… les cultures noires sont alors largement niées ou dévalorisées.
En s’entourant de nombreuses personnalités sensibles à son engagement (Jean-Paul Sartre, Albert Camus, André Gide, Théodore Monod…), l’intellectuel Alioune Diop crée un outil exceptionnel de réflexion, de diffusion et de revendication des mondes noirs.
Un rôle de catalyseur
Pour rendre compte de l’importance historique de Présence Africaine, l’exposition explore et analyse le rôle de catalyseur qu’a joué cette revue. Se souvient-on que c’est à Présence Africaine que l’on doit l’organisation des deux Congrès d’écrivains et d’artistes noirs en 1956 et 1959 ? Le premier réunit entres autres Césaire, Senghor, Wright, Fanon, Cheikh Anta Diop, Hampaté Bâ, Baldwin, Depestre, Glissant, Levy-Strauss, Sartre, Picasso… Revendications culturelles et politiques s’y affirment avec une force nouvelle nourrie par la diversité des acteurs qu’elles mobilisent. Ces congrès joueront un rôle indéniable dans les processus de décolonisation.
À travers quatre sections qui nous donnent à voir et à comprendre l’émergence et l’influence de Présence Africaine, l’exposition nous fait revivre l’engagement, les enjeux et l’effervescence intellectuelle qu’a su porter cette structure. Ouvrages, documents d’archives, photographies, objets issus des collections du musée, enregistrements sonores et audiovisuels ponctuent le parcours. On ne peut que se réjouir d’un tel hommage… qui nous rappelle que les revendications d’aujourd’hui se font au nom des victoires passées.

1. Sarah Frioux-Salgas, commissaire de l’exposition, est responsable des archives et de la documentation des collections à la médiathèque du musée du quai Branly.Présence Africaine, une tribune, un mouvement, un réseau.
Au musée du quai Branly à Paris.
Du 10 novembre 2009 au 31 janvier 2010.
Plus d’info : www.quaibranly.fr///Article N° : 9011

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Les images de l'article
Premier numéro de Présence Africaine, novembre - décembre 1947. © DR, Présence Africaine




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