Connaissez-vous l’art royal d’Abomey ?

L'exposition Artistes d'Abomey au Musée du Quai Branly

Print Friendly, PDF & Email

Entre le 17ème et le 19ème siècle, se développa dans l’actuel Bénin, l’un des royaumes les plus renommés du Golfe de Guinée : celui du Danhomè. Sa capitale, Abomey, qui abrite encore aujourd’hui le site des palais royaux, a vu se développer un art de cour d’une grande richesse. L’exposition Artistes d’Abomey, actuellement au musée du Quai Branly à Paris, nous plonge au cœur de cette histoire et de cette culture, qu’il est indispensable de continuer à préserver.

L’identification des artistes et leur place au sein du royaume d’Abomey sont au cœur de cette exposition qui relève le défi de relier les œuvres présentes dans les collections du musée à leurs créateurs. En étroite collaboration avec les conseillers scientifiques Joseph Adandé et Léonard Ahonon (1) – d’où le sous-titre Dialogue sur un royaume africain -, la commissaire Gaëlle Beaujean a mené un long travail de recherches auprès des descendants des familles des artistes de cour. Leurs témoignages lui ont permis de recueillir de précieuses informations sur la biographie de certains d’entre eux et leur savoir faire, perpétué par leurs descendants.
Un souffle d’inspiration toujours présent
Répartie autour de cinq séquences, l’exposition (2) met en lumière, à travers 82 objets, dont des pièces majeures comme la statue du dieu Gou d’Ekplékendo Akati, le statut ambivalent des artistes au sein de la société dahoméenne. Ceux-ci en effet appartenaient à l’élite tout en devant allégeance aux rois qui faisaient vivre leur famille.
En écho à leur héritage, est présenté le travail de l’artiste contemporain béninois Cyprien Tokoudagba, qui a collaboré à la restauration des bas-reliefs des palais d’Abomey. Ses acryliques sur toile sont inspirées des œuvres des anciens ateliers royaux.
À travers cette ouverture contemporaine, Gaëlle Beaujean souhaite communiquer le « souffle d’inspiration qui n’a jamais quitté la ville où la possibilité de s’épanouir en tant qu’artiste est presque naturelle car ancrée dans les mentalités ».

1. Joseph Adande est Docteur en Histoire de l’art de l’Université de Paris I et enseigne à Abomey-Calavi. Léonard Ahonon est conservateur et gestionnaire du site des Palais royaux d’Abomey. Il est également secrétaire général du comité béninois du conseil International des monuments et sites.

2. Réalisée avec le soutien des Fondations Total et Zinsou.Artistes d’Abomey, dialogue sur un royaume africain.
Musée du Quai Branly, Paris.
Du 10 novembre 2009 au 31 janvier 2010.

Plus d’info : www.quaibranly.fr///Article N° : 9010

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
Les images de l'article
Tunique de guerre, fin 19e siècle © musée du quai Branly, photo Thierry Ollivier, Michel Urtado
Statue royale anthropo-zoomorphe, de Sossa Dede, entre 1858 et 1889 © musée du quai Branly, photo Patrick Gries
Sculpture dédiée à Gou, de Akati Ekplékendo, avant 1858 © musée du quai Branly, photo Hughes Dubois




Laisser un commentaire