Internet, un tremplin pour émigrer vers l’Europe

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Depuis quelques mois, des jeunes Camerounaises ont la tête dans les nuages. De jour comme de nuit, elles sont à la conquête des maris en Europe, grâce à l’internet.
« Nous sommes littéralement envahis ici par des jeunes filles, toutes mues par la volonté acharnée de trouver des maris en Europe, et de les y rejoindre. » Ce témoignage d’une gérante d’un cyberespace de Douala traduit l’ampleur des bouleversements entraînés par l’internet dans le quotidien des petites Camerounaises. Issues, pour la plupart, de familles très pauvres, ces filles parviennent quand même à trouver de l’argent pour surfer pendant des heures sur le web. C’est dire que leur sacrifice n’a d’égal que la grandeur de leur ambition. « En réalité, le rêve de ces jeunes filles, c’est de se rendre en Europe, d’y travailler et de subvenir aux besoins de leurs familles restées dans la misère au Cameroun », indique un sociologue.
Pour réaliser ce rêve, elles se prostituent dans les principales métropoles du pays. Objectif : trouver de l’argent pour pouvoir aller naviguer tous les jours sur le web. Avec le sacré espoir de trouver les « hommes de leur vie« . « Dès qu’elles ont la chance d’avoir des correspondants qui leur promettent le mariage, ces filles, munies des photos de leurs futurs maris, vont consulter les charlatans« , déclare une femme, avant de préciser : « l’objet de cette visite chez les charlatans, c’est d’obtenir une potion magique propre à leur permettre d’envoûter leurs correspondants« . Certaines réussissent leur coup. « Elles nous ont présenté, il y a quelques semaines, leurs Blancs venus les chercher au Cameroun pour les emmener eu Europe« , affirme le responsable d’un cybercafé de Yaoundé. D’autres sont poisseuses. « Leurs correspondants blancs leur promettent de venir les chercher, et ils ne viennent jamais« , raconte une gérante d’un cyberespace. Et de noter : « On a l’impression que ces Blancs-là se moquent de ces jeunes filles et veulent les amener à utiliser l’internet« .
En clair, la compétition pour aller en Europe grâce à l’internet est très serrée au Cameroun. Il y a beaucoup de candidates à l’émigration, et très peu de correspondants sérieux. Compte tenu de ce déséquilibre, des « filles d’internet » se font des coups bas. « Elles se volent des adresses« , témoigne une employée d’un cyberespace de Douala. D’où le climat de méfiance qui règne parmi les filles qui se connaissent toutes, se fréquentent et se contrôlent mutuellement.
Mais de plus en plus, elles réalisent que le mariage par internet est une question de chance. « Je sais que le c’est le tiercé ; mais je ne peux pas cesser d’envoyer des courriers électroniques à mes correspondants, car un jour, la chance pourra me sourire », avoue une « fille d’interne « . Tant qu’il y a la vie, il y a de l’espoir…

///Article N° : 1110

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