Kamacuka : la culture comme moteur

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D’ici 2014, les expressions culturelles et artistiques de Caraïbe et d’Amazonie auront leur plate-forme numérique. Base de données sur les artistes, articles de fond, forum de partage d’expérience. Tout sera sur Kamacuka.org.

Kamacuka sonne tel un drôle de petit mot. Mais il renvoie à de grandes et nobles ambitions : la valorisation des expressions culturelles et artistiques de la zone Caraïbe/Amazonie et la mise en relation des professionnels de la culture. Ce projet, longuement mûri, a vu le jour au mois d’août 2013. Porté par la structure Gens de la Caraïbe, il réunit les réseaux CaribNet, Magmat (Guyane) et le Collectif 2004 images (Haïti), couvrant ainsi la Caraïbe francophone et anglophone : Guadeloupe, Haïti, Martinique, Guyane, Barbade, Suriname, Sainte Lucie, Antigua, Grenada, Aruba et Trinité-et-Tobago. Autant de territoires, de langues et de cultures qui pourront être fédérés grâce aux technologies de l’information.
Une plate-forme
Le projet se matérialisera à terme à travers une plate-forme numérique, www.kamacuka.org. Les internautes y trouveront d’ici fin 2014, en plus de la lettre d’information envoyée trois à quatre fois par an, des articles de fond et un guide culturel de la Caraïbe. Cet ouvrage qui recense les professionnels de la culture avait déjà été édité dans une version papier en 2010 par Gens de la Caraïbe. Il réunissait à l’époque uniquement les artistes et acteurs culturels de la Caraïbe francophone. Une mise à jour ainsi que de nouvelles notices sur les territoires anglophones et l’Amazonie ont été mises en ligne et constituent ainsi la base de données de cette plateforme en devenir. « En plus de sa fonction « ressource », cet outil permettra la circulation des savoir-faire et la mise en relation afin de faire émerger de nouveaux projets culturels « , estime Axelle Beniey, coordinatrice. Si une version Beta du site se trouve déjà sur la toile, elle ne sera finalisée qu’après une réflexion avec l’ensemble des partenaires afin de répondre au mieux aux besoins de chacun.
Faire circuler des œuvres
Les acteurs culturels de ces zones devraient également se rencontrer en face à face. « Dans le cadre du projet Kamacuka, nous organiserons un séminaire en septembre 2014 sur les difficultés des professionnels de la culture « , affirme Axelle Beniey. Les barrières juridiques et logistiques à la circulation des œuvres, les bonnes pratiques, les opportunités offertes par l’économie numérique, seront autant de thématiques abordées. « Nous sommes des structures culturelles mais notre objectif est de chercher un modèle économique pour la culture. De trouver des solutions, parler d’une même voix dans des ensembles culturels très différents « , explique Karole Gizolme, fondatrice de Gens de la Caraïbe. L’enjeu est de faire entendre aux décideurs que la culture n’est pas uniquement festive mais qu’elle est le moteur d’une société. Trop souvent les artistes de la Caraïbe quittent ces territoires, faute de moyens. Et si kamacuka atteint son objectif, la Caraïbe pourrait bien émerger comme un nouveau pôle sur le marché culturel. Axelle Beniey regrette : « Dans la Caraïbe francophone nous sommes encore trop tournés vers la France et l’Europe, considérées comme les gros centres culturels. Nous ne profitons pas assez de la richesse culturelle de notre environnement « .

Gens de la Caraïbe : www.gensdelacaraibe.org / Kamacuka : www.kamacuka.org///Article N° : 12364

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